Saints bretons à découvrir

HIRIW : sant Vouga (saint Vougay)

Amzer-lenn / Temps de lecture : 2 min

vougay.jpgAujourd’hui, nous fêtons Saint Vougay, évêque d’Armagh venu en Bretagne (+ 585), connu comme Saint guérisseur des fièvres et maux de ventre.
Souvent assimilé à tort au Santig Du (le petit saint noir, St Jean Discalceat 13° siècle), originaire de la paroisse de Saint Vougay. Très peu connu, sauf du village breton qui porte son nom. C’est frère Albert Le Grand qui en parle le mieux dans son histoire des saints bretons (1636), bien que témoin indirect puisqu’il cite sa source, “un manuscrit écrit à la main que j’ay veu en l’Abbaye de Saint Matthieu en bas Léon…”.

En l’an 518, en Irlande, vivait un saint personnage nommé Vouga, lequel pour sa piété et bonne vie fut nommé chanoine de l’église d’Armacan, puis archevêque et primat d’Hybernie (Irlande). Comme il avait été élu contre son gré, il supplia le Seigneur de le délivrer de ses fardeaux pour se consacrer à Lui plus discrètement. Pour ce faire, il se rendit au port pour s’embarquer. Aucun vaisseau en partance. Alors il monta sur un rocher et se remémora les paroles des saints Matthieu et Luc: Celui qui a la foi… commandera aux montagnes de se transporter… Le rocher cingla vers le large et aborda la côte armoricaine à Tréoultré-Penmarc’h sur l’île d’Enez-Nonn. Devenu Saint Nonna, les habitants de Tréguennec l’invitèrent dans leur paroisse sur l’énoncé de son arrivée lapidaire. Un morceau du rocher est toujours sur place et guérira de la fièvre durant plusieurs siècles les pèlerins venus de tout le Léon (chapelle de Saint Vio).

Saint Vougay prêcha, amena des païens à Dieu, fit des miracles. Un jour qu’il quittait son ermitage, une femme l’insulta et se moqua de lui. Le saint passa outre, mais la méchante créature fut prise soudainement de colique et mourut sur place. Le saint demanda à Dieu de rendre l’âme à ce cadavre. Elle ressuscita et s’en alla conter ce mirage aux alentours. Mais cette fois encore, sa popularité l’ennuya, il partit vers le nord. Il s’établit près de Lesneven dans une épaisse forêt. Il y établit son ermitage et un oratoire autour desquels le village de Saint Vougay s’établira plus tard. Il s’associa quelques compagnons à sa recherche du Très-Haut. Il mourut le 15 juin 585. Les invasions normandes emportèrent une partie de ses ossements.
Son bréviaire, relique ayant opéré des guérisons après sa mort, fut précieusement gardé dans l’église de Saint Vougay. Après expertise moderne, il s’avéra être un manuscrit du XI° siècle donc ne lui ayant jamais appartenu. Cependant il a éclairé M de Kerdanet et dom Plaine, encore lisible à leur époque, sur la liturgie pratiquée avant le XI° siècle.

Source : Grand Terrier – Frère Albert le Grand (1636) Recherche HACHEREZ GF

Première diffusion le 15/06/2012

À propos du rédacteur GF Hacherez

Hagiographe reconnu, il met à la disposition d'Ar Gedour ses nombreux travaux sur les vies de saints, méconnues du grand public

Articles du même auteur

19 janvier : Saint Brévalaire de Kerlouan

Frère Albert le Grand s'est trompé en affirmant que l'intrépide Brendan de la Légende de St Malo, évangélisateur de l'Amérique du Sud (avant la découverte de Christophe Colomb) était le même que St Brévalaire de Bretagne. D'autres religieux ont repris, par la suite, cette erreur comme étant vérité établie

saint gerbold

Saint Gerbold, Evêque de Bayeux

Amzer-lenn / Temps de lecture : 2 min Son culte est très présent en Normandie, …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *