Saints bretons à découvrir

REQUIEM POUR UN PARDON ? (1)

Amzer-lenn / Temps de lecture : 2 min

Rediffusion d’un article du 14/07/2012

Nous avons rencontré il y a quelques jours une famille qui nous faisait part d’un constat, suite à l’arrêt d’un pardon des Côtes d’Armor (encore un) depuis deux ans : si la population agée, qui se donnait pour les pardons, tend à disparaître, l’organisation des pardons retombe sur les quelques personnes qui restent sur le village, ne pouvant plus s’appuyer sur personne. Lorsque cette famille, sur qui seule reposait désormais la mise en place de ce pardon, a annoncé qu’elle arrêtait et que l’événement n’aurait plus lieu, il s’est révélé de nombreuses personnes pour dire que cela était dommage, et particulièrement des personnes qui ne venaient pas à la messe.

Or, qu’avons-nous ici (et bien ailleurs en Bretagne) comme problème ?

– une populapardons, bretagnetion vieillissante, remplacée peu à peu par une population plus jeune mais non pratiquante.

– des gens attachés à une culture propre, mais qui ne se sentent pas concernés par l’événement local.

Quelle est donc la solution ? Garder les pardons et proposer un service minimum jusqu’à ce que mort s’ensuive ?

Ou au contraire se dire que c’est à partir de ces pardons que nous pourrons rebooster nos paroisses, en se donnant chacun dans son secteur pour faire vivre les pardons et la communauté ?

Nombreux sommes-nous en Bretagne à apprécier les cantiques bretons, à entendre avec joie la bombarde sonner avec l’orgue et à participer à des cérémonies ancestrales… mais combien sommes-nous à réellement nous bouger pour vivifier ce que nous apprécions ? Sommes-nous consommateurs ou acteurs de la vie chrétienne locale ? Servons-nous la communauté locale avec les charismes qui nous ont été donnés ou les gardons-nous précieusement pour nous ?

C’est en prenant avant tout conscience de notre rôle de chrétien en mission, pleinement inculturé à la Bretagne, que nous sauverons les pardons, les chapelles qui les accueillent, et que nous en ferons un foyer d’évangélisation aux racines profondes qui, loin d’un simple folklore, revigorera nos communautés paroissiales.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est le fondateur du site et de l'association Ar Gedour et assure la fonction bénévole de directeur de publication. Il anime aussi le site Kan Iliz (promotion du cantique breton). Après avoir co-écrit dans le roman Havana Café, il a publié en 2022 son premier roman "CANNTAIREACHD".

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3 Commentaires

  1. Même constat pour “le Grand pardon de Rumengol” près du Faou (29) le dimanche de la Trinité. Il y a trente ans il y avait dix mille personnes. Cette année il n’y avait pas 150 personnes. La veille à la messe en breton le nombre baisse mais pas de manière aussi vertigineuse que pour la journée du Dimanche.

    C’est difficile de tomber plus bas, et si Rumengol “tombe” c’est un symbole pour tout le Finistère.

    Il faudrait réagir en proposant de sortir de l’épuisement de nos forces à maintenir des célébrations où la moyenne d’age augment d’un an chaque année, où les gens ne se confessent pas, où il n’y a pas d’enseignements, où la dévotion à la vierge Marie est peu mise en valeur faute d’énergies nouvelles.

    Il faudrait pour nos pardons proposer de revenir à un pardon sur deux jours et dès le samedi matin commencer par une marche, célébrer la messe du samedi à midi, enseignements et confessions tout l’après midi, veillée pour se confesser, et le lendemain Grand messe Chapelet médité procession salut du Saint Sacrement.

    Même si il y a peu de monde, il faut que ceux qui continuent à aller aux pardons y trouvent un vrai resourcement, pas seulement le renouvellement d’une habitude qui remonte à la nuit des temps.

  2. De même que la sauvegarde des chapelles est assurée pour une part par des associations à l’échelle de la Bretagne comme Breiz Zantel, de même il faut envisager l’animation des pardons à l’échelle de la Bretagne au travers d’associations sortant du cadre paroissial qui ne correspond plus – dans beaucoup de cas – à la façon de vivre qui est désormais éclatée géographiquement.
    Jean-Yves MORVAN

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