PATRIMOINE RELIGIEUX BRETON
Paroles, traductions et partitions :
cinq chants pour prier, se souvenir et transmettre.
Dans bien des familles bretonnes, les premiers jours de novembre restent associés aux tombes fleuries, au souvenir des disparus et aux chants que l’on connaissait autrefois par cœur.
La Toussaint, célébrée le 1er novembre, honore tous les saints. Le lendemain, l’Église prie pour les fidèles défunts. Ces deux journées sont distinctes, mais unies par l’espérance chrétienne de la vie éternelle.
Nous avions déjà évoqué le répertoire musical pour la Toussaint et la Fête des Morts, article que vous pouvez retrouver ici. Voici cinq cantiques qui donnent à cette espérance des mots et des mélodies bretonnes. Leurs textes et les ressources musicales, ainsi que bien d’autres propositions, sont à retrouver sur Kan Iliz. Et vous, quels cantiques vous marquent pour ces occasions ?
LES CINQ CANTIQUES
01
Kantik ar Baradoz
02
Gwerz ar Purgator
03
Baradoz dudius
04
D’an anaon, roit va Doue
05
Gouel en holl sent
01 / L’ESPÉRANCE DU CIEL
Kantik ar Baradoz
Le Cantique du Paradis
Difficile d’évoquer les chants bretons pour les défunts sans commencer par Kantik ar Baradoz, également connu par ses premiers mots : Jezuz, pegen braz ‘ve.
La tradition l’associe à saint Hervé, sans que cette attribution puisse être tenue pour historiquement certaine. Le cantique exprime le désir de l’âme de rejoindre Dieu. Le ciel y devient sa véritable patrie.
Pa sellan en Neñvoù,
Etrezek va gwir vro…
« Quand je regarde aux cieux, vers mon vrai pays… »
Cette image du Paradis explique la place que le chant peut trouver lors des obsèques, particulièrement au moment de l’absoute.
Pour quel moment ?
Chant d’envoi, obsèques, prière d’espérance.
02 / LA PRIÈRE POUR LES ÂMES
Gwerz ar Purgator
La complainte du Purgatoire
Avec Gwerz ar Purgator, le ton devient plus grave. Cette complainte donne voix aux âmes du Purgatoire, qui implorent les vivants de ne pas les oublier dans leurs prières.
Allaz ! Ne oufe dén kompren
Pegen estlamm eo on añken !
Une plainte évoquant une souffrance que nul ne saurait pleinement comprendre.
La gwerz, forme traditionnelle de complainte bretonne, se prête à cette expression de la douleur. Ici, elle devient une invitation à la prière pour les défunts.
Le cantique rappelle une dimension ancienne de la piété catholique en Bretagne : la conviction que les vivants peuvent accompagner les morts par leurs prières.
Pour quel moment ?
Commémoration du 2 novembre, veillée de prière pour les défunts.
03 / LA JOIE PROMISE
Baradoz dudius
Paradis merveilleux
Baradoz dudius appartient à ces cantiques qui évoquent le Paradis comme le lieu de la joie retrouvée. Le chant exprime le désir de rejoindre le Christ et la communion des saints.
Baradoz dudius !
Bro ar Sent eo va bro…
« Paradis merveilleux ! Le pays des saints est mon pays… »
Les paroles sont attribuées à Job Seité. Le chant figure dans le répertoire transmis notamment par le recueil Cantiques bretons du père Roger Abjean, publié en 1983.
Il peut accompagner les funérailles et particulièrement les moments où l’assemblée est invitée à regarder au-delà de la séparation et du deuil.
Pour quel moment ?
Entrée des obsèques ou dernier adieu.
04 / LE REPOS ÉTERNEL
D’an anaon, roit va Doue
Donne à nos morts, mon Dieu
Cette adaptation bretonne du Requiem aeternam reprend une prière essentielle de la liturgie des défunts : demander à Dieu d’accorder aux morts le repos éternel et la lumière sans fin.
D’an anaon, roit va Doue,
Peoc’h ha diskuiz ‘vid atao…
« Donne à nos morts, mon Dieu, paix et repos pour toujours… »
Ce chant est une supplication simple et directe. Son dépouillement convient à une célébration où l’essentiel est de confier les défunts à la miséricorde divine.
Pour quel moment ?
Entrée des obsèques, célébration du 2 novembre.
05 / LA FÊTE DE TOUS LES SAINTS
Gouel en holl sent
La fête de tous les saints
Pour la messe du 1er novembre, Gouel en holl sent mérite une place particulière. Ce cantique en breton vannetais célèbre les saints du Ciel et rappelle le sens de la Toussaint.
Également connu sous le titre Sent ag an neañv, le chant est dû au père Jacques Larboulette (1806-1892), jésuite de Vannes. Il fut révisé en 1922 par le chanoine Mathurin Le Priellec.
Sa place est naturellement celle de la fête de tous les saints, dont il souligne la dimension joyeuse. Il permet aussi de faire entendre le breton vannetais dans le cadre de la liturgie.
Pour quel moment ?
Entrée ou sortie de la messe de la Toussaint.
POUR PRÉPARER UNE CÉLÉBRATION
Quel cantique choisir ?
Obsèques, chant d’envoi.
Prière pour les défunts, 2 novembre.
Entrée ou dernier adieu.
Entrée des obsèques, 2 novembre.
Messe de la Toussaint.
Ces propositions sont à adapter aux indications liturgiques de la paroisse.
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