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Et si j’optais pour mettre du breton à la messe ?

Nous le disons régulièrement, il est essentiel d’enraciner l’annonce de l’Evangile dans la culture locale. Le Cardinal Daniélou, rappelant que « si l’unification de l’humanité consistait à créer une uniformité, elle serait la destruction d’une des choses les plus précieuses de l’humanité et qui est la richesses des différentes cultures » précisait qu’un « humanisme intégral est celui où l’Afrique, la Chine, l’Amérique et les anciens pays d’Europe apportent chacun et leur langue propre et leur culture propre et leur génie propre. ». Evidemment, la Bretagne aussi  a sa langue et sa culture propres et un humanisme intégral nécessite donc de ne pas participer à l’éradication de la langue et de cette culture, mais d’en faire la promotion à la lumière de l’Evangile, comme le précise toujours le décret Ad Gentes (III, 22) : «  …la vie chrétienne sera ajustée au génie et au caractère de chaque culture, les traditions particulières avec les qualités propres, éclairées de la lumière de l’Evangile, de chaque famille des peuples… ».

Mais comment, au niveau pratique, avancer en ce sens ? Suivant la note publiée en 2001 par la commission Langue & Culture Bretonne du Diocèse de Quimper et Léon, voici quelques pistes pour aider à vivre une foi enracinée dans notre culture propre. Il est ainsi proposé de :

– Introduire dans chaque assemblée, au minimum, une mélodie bretonne, accompagnée ou non d’un cantique breton. Dans un premier temps, cela serait souhaitable dans toutes les paroisses de Bretagne.

– Ajouter le Kyrie, le Sanctus et un refrain de prière universelle en breton. Pas compliqué à mettre en oeuvre, car il existe de nombreux airs simples en breton, aisés à reprendre par l’assemblée. Par ailleurs, il y a aussi la possibilité d’utiliser des airs connus en français, traduits en breton.

– Prévoir que l’ensemble des chants seront en breton, accompagnés de leur traduction. Ce qui revient souvent est que les gens ne comprennent pas ce qu’ils chantent. En fournissant la traduction, vous les aidez dans leur compréhension, tout en désamorçant cette excuse. Par ailleurs, ils apprennent ainsi la langue.

– Prévoir une lecture en breton, avec son résumé en français ; prévoir également des intentions de prière bilingues, ainsi que l’homélie. Il existe des ouvrages avec ces lectures en breton. N’hésitez pas à nous demander si vous avez du mal à les trouver.

– Célébrer toute la messe en breton, tout en tenant compte qu’il faut permettre à un non bretonnant de participer (et donc de s’ouvrir à cette culture bretonne et de la vie de foi e brezhoneg). Certaines paroisses proposent des livrets de messe rédigés de manière bilingue (avec la totalité des monitions, prières, etc… traduites). Une messe totalement en breton ne pose donc plus de problème de compréhension. Nous pouvons vous aider en ce sens.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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3 Commentaires

  1. Groupement celto-breton du nord ouest de la France (L’Anneau Celtique) nous fêtons la Saint Yves chaque année dans l’une ou l’autre des paroisses (celle qui veut bien nous recevoir).
    Plusieurs années de suite nous avons cherché à faire dire la messe par un prêtre bretonnant mais impossible, tous les prêtres bretonnants que nous connaissons sont super bookés !
    Je n’ai pas contacté le diocèse mais je crains que dans la région de St Omer il n’y ai pas de curé bretonnant.
    Si qq’un avait une idée, et l’oreille du diocèse pour organiser une messe en breton dans le chnord, nous serions heureux d’y participer, en costume SVP !

  2. Un grand merci pour cet article sur l’annonce de l’évangile enracinée dans la culture locale. En Irlande l’église catholique semble avoir oublié sa langue d’origine qui est la langue des manuscrits qui transmettaient l’évangile au quatre coins du monde!
    L’usage des langues celtes n’exclut personne. Au contraire, cela permet aux croyants de rendre grace a Dieu avec la musique qui ne résonne pas faux! Les gens de tous les pays apprécient et participent.
    Mais…qui nous écoute parmi les éveques? Nos communautés se disloquent!
    Beannacht Dé!
    Que Dieu vous bénisse!

  3. Louis-Marie SALAÜN

    La volonté d’utiliser la langue bretonne dans le cadre de la messe est une bonne chose et un bon moyen pour que les bretons n’oublient pas leur langue. L’idéal étant de permettre aux Bretons et aux non-Bretons qui ne parlent pas la langue de pouvoir saisir le sens des paroles: pour cela si ce n’est déjà fait il faudrait des livres de chant avec les textes de la messe (notamment la prière eucharistique) en français et breton comme cela se fait pour le latin dans certains missel. Ainsi la langue bretonne ne pourra pas être invoquée comme obstacle et mise au rencart comme on a pu le faire avec le latin et le chant qui lui correspond au motif que les fidèles ne comprennent et ne connaissent plus ou pas le latin.

    Que l’on mette un maximum de cantiques bretons aux messes c’est aussi une bonne chose surtout lorsque leurs textes sont adaptés et directement liés au rite ou à l’action liturgique (il y a des cantiques bretons pour la communion, pour l’offertoire).

    En revanche je suis plus réticent voir opposé à ce que le commun de la messe (aujourd’hui on dit l’ordinaire à savoir kyrié, sanctus, Agnus) ainsi que le Credo et l’hymne du Gloria soit chantés en breton. Ceci pour deux raisons liés aux règles du chant liturgique et aux textes de l’Eglise sur le chant liturgique et la musique sacrée:

    -d’abord les règles du chant liturgiques nous disent qu’il revient à l’assemblée le chant de certaines parties à savoir justement l’ordinaire de la messe (Musicam Sacram chap3 points 32 à 36). Or tous les bretons ne parlent pas la langue et s’il y a des non-bretons dans l’assemblée ils ne pourront pas chanter, ne sachant pas la prononcer correctement.

    -ensuite parce que l’Eglise rappelle par le biais de deux documents importants : Motu proprio de St Pie X “Tra le sollicitudini” (point 2 “genres de musique sacrée”) et “Musicam Sacram” (chap VI point 50 a) que le chant grégorien est le chant propre de l’église catholique (c’est donc valable pour la Bretagne) et qu’il doit occuper la première place dans les rite latins. Or c’est précisément et particulièrement dans l’ordinaire de messe que le grégorien doit être utilisé. Qui dit chant grégorien dit latin donc cela exclu l’usage du breton pour ces chants.

    Ainsi, le soucis légitime de l’utilisation de la langue bretonne dans la liturgie de la messe (et dans toute liturgie en général) ne doit pas contredire les règles prescrites par l’Eglise et par la tradition de l’Eglise (confirmée au fil des siècles) en matière de chant liturgique.

    Un petit rappel qui me semblait nécessaire afin qu’en Bretagne au moins (puisque ce n’est que très rarement respecté ailleurs depuis 50 ans) on puisse utiliser la langue bretonne tout en respectant les directives de l’Eglise en matière de langue et de chant liturgique.

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