Parler de Sonerien Du, c’est évoquer l’un des groupes les plus emblématiques de la musique bretonne. Depuis leur création en 1972, ils n’ont cessé de faire danser la Bretagne et bien au-delà. Plus qu’un simple groupe de fest-noz, ils incarnent une institution : cinq décennies de musique, des milliers de concerts, une fidélité au public et au répertoire qui leur vaut aujourd’hui encore une place unique dans le paysage culturel breton.
À l’origine, Sonerien Du naît de l’élan du renouveau breton des années 1970, à une époque où la culture bretonne connaît une véritable renaissance. Leur nom, qui signifie « les sonneurs noirs » tiré de l’histoire du Pays Bigouden, annonce déjà une identité forte. Dès leurs premiers pas, ils s’illustrent par une volonté claire : proposer une musique vivante, populaire et dansante, tout en restant ancrés dans la tradition. La formule fonctionne. Rapidement, le groupe multiplie les festoù-noz et s’impose comme l’une des figures majeures du mouvement.
Au fil des années, de nombreux musiciens ont traversé l’aventure Sonerien Du, mais l’esprit est resté le même. Bombardes, binioù kozh et braz, accordéons, guitare, basse, percussions : un instrumentarium solide, où chaque génération de musiciens a apporté sa touche. C’est cette capacité à se renouveler sans se renier qui a permis au groupe de durer. À chaque époque, Sonerien Du a su rassembler danseurs chevronnés et néophytes, jeunes et anciens, autour d’une même énergie.
Certes, les tenants de la musique trad’ ont parfois fait la fine bouche, notamment quand la guitare électrique ou encore la batterie à la rythmique très rock ont rejoint l’ensemble, mais c’est justement cette direction qui a donné le son Sonerien Du sur lequel ils surferont ensuite, malgré les changements de musiciens au fil des décennies.
Leur discographie est à la mesure de leur longévité : plus d’une vingtaine d’albums, du premier 33 tours autoproduit en 1975 (Sonerien Du e fest-noz) jusqu’aux productions récentes comme Fest-noz Live (2017). Ces disques témoignent d’une constance remarquable : offrir aux danseurs des enregistrements qui captent l’ambiance du fest-noz, sans artifices, avec une authenticité qui fait la force du groupe. À cela s’ajoutent de nombreuses compilations et rééditions qui contribuent à transmettre leur musique à de nouvelles générations. Lorsque commencent à résonner les titres comme La légende de Connor, Steïr ou l’artilleur, on perçoit dans la ferveur du public que l’oeuvre des Du est entré dans le répertoire populaire.
Une discothèque idéale
Difficile de résumer cinquante ans de carrière, d’autant que leur production est foisonnante, mais certains enregistrements peuvent servir de portes d’entrée :
- Bal breton (1972), le premier vinyle, qui capture l’énergie brute des débuts et reste un témoignage précieux de l’époque où le groupe posait ses bases.
- Gwerz Penmarc’h (1978), qui met à l’honneur le chant de marins et les couleurs maritimes, en écho à l’identité bretonne tournée vers la mer. Avec une magnifique interprétation de la Gwerz Penmarc’h illustrant à merveille les écueils frappant la roche du Cap.
- Reder Noz (1996), devenu au fil des ans un classique. Le titre-phare, repris dans bien des festoù-noz, témoigne de leur capacité à écrire des morceaux mémorables.
- 45 ans de fiesta (2017), enregistré sur scène, qui condense tout ce qui fait la force des Sonerien Du : l’énergie, la complicité, le lien direct avec le public et la danse.
Un demi-siècle de festoù-noz
Mais Sonerien Du, ce n’est pas seulement une discographie impressionnante. C’est surtout une présence inlassable sur scène. Les chiffres donnent le vertige : plus de 6 000 festoù-noz animés depuis leurs débuts, un record inégalé. Dans chaque salle, chaque chapiteau, chaque place de village, ils ont su créer cette alchimie particulière qui transforme une soirée en fête mémorable. Ils incarnent l’esprit du fest-noz dans ce qu’il a de plus essentiel : la rencontre, la convivialité, le plaisir simple de danser ensemble.
En 2022, le groupe a célébré ses 50 ans de carrière. Cinquante ans d’aventures collectives, de routes parcourues, de nuits partagées. Cet anniversaire a été l’occasion de mesurer l’ampleur de leur héritage. Car Sonerien Du ne sont pas seulement des musiciens, ce sont aussi des passeurs. Ils ont inspiré des dizaines de formations plus jeunes, montré qu’il était possible de faire de la musique bretonne une carrière à part entière, prouvé que la tradition pouvait être synonyme de modernité et d’avenir.
Dans cette série « Mémoire des groupes bretons », évoquer Sonerien Du, c’est rendre hommage à une longévité rare, à une fidélité au fest-noz et à son esprit. Leur parcours est la démonstration qu’une culture vivante ne se fige pas : elle se danse, elle se chante, elle se joue, soir après soir, génération après génération. Les Sonerien Du ont été, et demeurent, les artisans infatigables de ce feu collectif qui anime toujours la Bretagne. En témoignent leurs dates qui font toujours le plein et emportant les foules.
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne

Dommage que l’illustration de l’article soit générée par l’IA, et n’ait finalement rien à voir avec les Du…
oui. Il s’agit d’une illustration pour notre série d’article, mais vous avez raison. Nous allons la modifier.