En ce dimanche de Pentecôte 2025, lors du grand rassemblement programmé en cette année jubilaire, Mgr Laurent Dognin, évêque de Quimper et Léon, a promulgué de nouvelles orientations diocésaines pour l’Église en Finistère.
Fidèle à l’élan missionnaire suscité par l’Esprit Saint, il invite les fidèles, les communautés paroissiales et tous les acteurs pastoraux à approfondir leur vie de foi et à renouveler leur engagement au service de l’Évangile. Ces orientations, nourries par les réalités locales et le discernement pastoral des dernières années, mettent notamment (mais pas seulement) l’accent sur la beauté et la dignité de la liturgie, ainsi que sur la richesse de la foi populaire et de la culture bretonne comme chemins d’évangélisation et de communion.
Nous nous penchons aujourd’hui sur deux aspects de ces orientations : la liturgie et l’expression de la foi populaire, incluant la place du breton dans la liturgie.
Dans la liturgie reçue de l’Église, Dieu est à l’œuvre et nous fait entrer dans sa présence et son mystère. Elle nous transforme, nous invite à rendre grâce et nous envoie en mission. Une belle liturgie nous fait grandir en sainteté. Toutes les expressions de la foi populaire sont une manière authentique de célébrer le Christ. Elles participent également à la transmission de la foi.
Une liturgie digne, belle et enracinée : un chemin de communion
La liturgie n’est pas d’abord une affaire d’organisation ou de goûts personnels : elle est le lieu de la rencontre entre Dieu et son peuple. Pourtant, force est de constater que nos assemblées dominicales peuvent parfois devenir source de tensions plutôt que d’unité. Mgr Dognin nous appelle à retrouver le sens profond de la liturgie : lieu de communion et de mission, école de sainteté et d’accueil.
Comment répondre concrètement à cet appel dans nos paroisses ?
- Former les équipes liturgiques : offrir des temps de formation réguliers pour relire les fondamentaux de la liturgie (Missel romain, sens des gestes, rôle de chacun, symbolique des rites), dans un esprit de service et de prière.
- Prendre soin des choix musicaux : varier les styles de chants pour répondre à la diversité des fidèles : grégorien, cantiques bretons, chants contemporains. L’essentiel est de soutenir la prière de l’assemblée dans la fidélité aux textes liturgiques.
- Favoriser une liturgie belle et simple : soigner les espaces (autel, ambon, fleurs), la manière de proclamer la Parole, la qualité du silence, le rythme des célébrations. Ce n’est pas le « spectacle » qui édifie, mais la beauté d’une célébration habitée.
- Multiplier les formes de prière communautaire : les liturgies de la Parole, veillées de louange, prières des malades, adorations, bénédictions… sont autant de portes d’entrée pour ceux qui ne fréquentent pas (ou plus) la messe. Ces formes souples sont souvent plus accessibles à des personnes en recherche ou blessées par la vie.
La foi populaire bretonne : un trésor vivant à transmettre
En Bretagne, le patrimoine religieux témoigne d’une terre évangélisée de génération en génération. Les églises, chapelles, sanctuaires mariaux, calvaires ou encore fontaines sacrées sont témoins de la foi de nos ancêtres. Ils nous parlent encore aujourd’hui, et nous relient à nos racines. De même, les Pardons, la langue bretonne, les chants, les musiques sont l’expression d’un peuple de croyants et de priants où l’Évangile est fécond.
Mgr Dognin nous appelle à ne pas laisser mourir ce trésor. La foi populaire n’est pas une foi naïve : elle est souvent plus profonde que nous l’imaginons. Elle touche les cœurs, rejoint les personnes éloignées de l’Église, transmet l’Évangile dans le langage du peuple.
Comment soutenir et faire vivre cette foi populaire aujourd’hui ?
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Encourager les Pardons : ces moments de pèlerinage local sont une occasion précieuse d’annonce. Les équipes paroissiales peuvent accompagner les comités de Pardon pour proposer :
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- une belle messe, dans le respect de la liturgie et avec des cantiques bretons,
- un temps de confession accessible,
- une procession priante et joyeuse,
- des gestes simples d’accueil (bénédiction des enfants, prière pour les malades…).
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Donner une vraie place au breton dans la liturgie : réécrire la charte diocésaine pour encourager l’usage des cantiques bretons, prévoir des messes en breton dans certains lieux identifiés (Tréflévénez, sanctuaires, grands rassemblements), apprendre à prier quelques refrains ou bénédictions simples dans cette langue.
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Valoriser le patrimoine religieux comme outil catéchétique : une statue de saint breton, un calvaire, un vitrail, une fontaine… peuvent devenir le point de départ d’une catéchèse vivante. Pourquoi ne pas organiser des parcours de découverte spirituelle dans les villages, pour enfants, catéchumènes ou familles ?
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Soutenir les lieux et initiatives bretonnants : Minihi Levenez, la commission Feiz ha Sevenadur, les animateurs de cantiques bretons sont des relais précieux. Il est essentiel de les soutenir financièrement, spirituellement et pastoralement.
Une Église bretonne en mission
Loin de se replier sur une nostalgie d’antan, l’appel de Mgr Dognin semble clair : s’enraciner pour mieux aller vers l’autre et vers Dieu. La liturgie et la foi populaire ne sont pas des fins en soi. Elles sont des chemins vers Dieu, des lieux de rencontre avec le Christ vivant. C’est pourquoi il est urgent de les soigner, de les transmettre et de les vivifier.
L’Esprit Saint souffle encore dans nos Pardons, dans nos chapelles, dans nos cantiques. À nous de lui faire de la place.
« Beleien ha kristenien, e-pad ar bloaz-mañ, ra vefomp tud a feiz ha tud a bedenn, da reiñ gloar da Zoue ha da zegemer an Aotrou Krist gant levenez e kalonoù ar Vretoned a hirie. »
Prêtres et fidèles, cette année, soyons des hommes et femmes de foi et de prière, pour rendre gloire à Dieu et accueillir le Christ avec joie dans le cœur des Bretons d’aujourd’hui.
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne



Très bien!!! Et bien on peut commencer déjà par du Breton à la cathédrale de Quimper pour donner l’exemple?
Mat eo ! Siwazh ez eo komzoù kaer hepken a-berzh an eskob pa n’en deus anvet beleg ebet e karg… Ha pa vez anv a gomisionoù em eus aon ne zeuio netra ebet diouto.