ARMORIQUE RELIGIEUSE : de Bénodet à Combrit

Amzer-lenn / Temps de lecture : 9 min

La chapelle de Perguet à Bénodet.

La chapelle dite de Bénodet est devenue l’église paroissiale de la commune de Perguet. C’est un monument très ancien, et qui fut fondé eu 1241 par Eudon de Fouesnant. Ses murs, de plus de quatre pieds d’épaisseur, flanqués de lourds contreforts, et percés de voûtes à plein-cintre, dénotent bien son origine. On vient en pèlerinage à cette église, en l’honneur de Notre-Dame-de-Bénodet.

L’église Saint-Thomas à Bénodet. L’édifice primitif, une chapelle construite en 1231, fut donné à l’évèque de Quimper par le Comte Eudon de Fouesnant et ses frères. L’évêque attribua la chapelle et toute la paroisse à l’abbaye de Daoulas, à condition que les moines prient pour leurs bienfaiteurs et assurent le service religieux. De l’édifice d’origine, ne subsiste que le chœur orné de personnages sculptés, précieux témoignage du gothique primitif conservé en Basse Bretagne.

La chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à Locronan. Locronan était autrefois opulente et florissante par la fabrication et le commerce de la toile à voile, dont elle alimentait Douarnenez et Brest. En descendons une petite-rue étroite nous arrivons à la chapelle de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle et à la fontaine dont elle partage le vocable avec Saint Eutrope qui avait autrefois aussi son église à Locronan.

L’église Saint-Ronan à Locronan. L’église de Locronan porte les traces de la décadence du gothique ; cependant ses proportions sont vastes et ses détails habilement travaillés. Une flèche hardie dominait autrefois l’édifice sacré ; mais il fut frappé de la foudre en 1808, et écrasé jusqu’aux galeries inférieures. Ainsi dépourvue de son clocher, l’église de Locronan offre actuellement un coup d’oeil singulier ; il y a dans ses formes lourdes et arrondies quelque chose du minaret oriental. Une de ses chapelles particulières renferme le tombeau de Saint-Ronan. C’est une table en kersanton, sur laquelle est couchée la statue de Saint-Ronan, en costume d’évêque. Il foule aux pieds un dragon monstrueux, symbole de l’idolâtrie qu’il détruisit en Bretagne.

La chapelle de la Tréminou et son calvaire à Plomeur. Le Code paysan aurait été arrêté et proclamé dans une assemblée de délégués de quatorze paroisses, tenue à la chapelle de La Tréminon, paroisse de Plomeur, cinq ou six kilomètres au sud-ouest de Pont-l’Abbé. Le titre de notre document est : « Copie du règlement fait par les nobles habitants des quatorze paroisses unies du pays Armorique, situé depuis Douarnenez jusqu’à Concarneau, pour être observé inviolablement entre eux jusqu’à la Saint-Michel prochain, sous peine de Torreben », et il est signé : « Torreben et les habitants ». Selon certains érudits, Torreben voudrait dire : « Casse tête ». Les paysans se déclaraient unis « pour la liberté de la province armorique » et supprimaient des droits seigneuriaux comme attentatoires à la « liberté armorique ». Ils décidairent d’envoyer six députés aux États provinciaux et de leur fournir à chacun un bonnet et une camisole rouge plus un haut-de-chausse bleu.

La chapelle de Languivoa à Ploneour. La date de la fondation de la chapelle ne nous est pas connue avec exactitude, mais on connais en revanche parfaitement ses fondateurs, qui sont les seigneurs de Lescoulouarn à cheval entre la fin du XIIIe siècle ou le commencement du XIVe siècle. En septembre 1675, en représailles à la Révolte paysanne dite des « Bonnets Rouges » ou du papier timbré, Louis XIV ordonne la décapitation, de la chapelle de Languivoa. Ce clocher fut donc découronné de sa flèche cette même année sous la responsabilité du Duc de Chaulnes à coup de canon.

Les ruines de la chapelle de Languidou à Plovan. Au détour d’un petit vallon apparaissent les vestiges de la chapelle de Languidou. La chapelle remonte au XIIe siècle. Bien qu’en état de ruine, elle présente une architecture admirable sous biens des égards. La rosace, très élaborée, vraisemblablement inspirée d’un style qu’on rencontre a Pont-Croix ne manque pas d’attirer le regard. L’église Paroissiale Saint Gorgon à Plovan. Plovan, est sous l’invocation de saint Gergon, martyr. C’est un petit bourg situé sur la côte de la baie d’Audierne, dans une position assez pittoresque. On prétend que jadis la mer, qui en est aujourd’hui éloignée de quelques centaines de mètres, baignait autrefois cette localité, et la tradition fait de Plovan un ancien port. On cite à cette occasion que l’on a trouvé dans une prairie qui touche le bourg des anciens pans de murs garnis d’organeaux. Cette circonstance, fût elle vraie, ne serait pas une preuve suffisante.

La chapelle de Trémalo à Pont Aven. De plan rectangulaire, la chapelle semble remonter au 15e siècle. Au début du 16e siècle, des fenêtres de type flamboyant, plus grandes que celles de l’édifice primitif, et encadrées de pignons, furent ouvertes sur la muraille sud. Un petit clocheton à jour s’élève sur le pignon occidental, surmonté par une flèche gothique. La nef, doublée de bas-côtés, est divisée en six travées par des arcades gothiques.

la chapelle Notre-Dame-de-Penhors à Pouldreuzic. Pouldrezic est situé sur une montagne à l’Ouest de Quimper, son évêché et son ressort. Cette paroisse relevait du Roi, et comptait 700 communiants. Notre-Dame-de-Penhors semble dater du XIIIe siècle ; cette chapelle a fait l’objet de plusieurs transformations au fil des siècles mais a conservé son caractère original. On peut y observer un retable ainsi que des statues anciennes.

Le calvaire de Saint-Jean Trolimon. L’usage de dresser la Croix sur les bords des chemins remonte aux premiers temps du christianisme. Conrad, archidiacre de Salisbury, écrit en 1167 : Drennalus, disciple de Joseph d’Arimathie, vint à Morlaix en 72, il évangélisa la ville et érigea sur l’une des avenues de la ville une colonne surmontée d’une croix. M. de la Borderie mentionne qu’au IXe siècle la Bretagne se couvrit de ces lourdes et massives croix de granit. En Bretagne, dit aussi l’abbé Abgrall, la plus humble croix du carrefour a son histoire, sa légende et son rôle dans la vie de la paroisse, mais une plus grande vénération s’attache au grand drame du Calvaire.

La chapelle Notre-Dame-de-Tronoën à Saint-Jean Trolimon. C’est un grand et bel édifice du style ogival. Il n’a qu’un seul bas côté et une nef fort élevée, voûtée en pierre, avec nervures, culs-de-lampe et pendentif. Tout auprès est un calvaire, dont le soubassement est couvert de bas-reliefs représentant l’histoire de Jésus-Christ.

L’église et le prieuré de Locmaria à Quimper. L’église de l’ancien prieuré est un des plus anciens édifices du Finistère. Fondée au commencement du onzième siècle par Alain Canhiart, comte de Cornouaille, cette église a conservé, en grande partie, sa physionomie première, et si quelques parties n’avaient pas été remaniées ou défigurées à différentes époques, nous aurions là un curieux spécimen du style roman. L’intérieur de l’église n’offre rien de remarquable ; seulement en y entrant, on éprouve, comme dans toutes les anciennes églises de nos campagnes, un sentiment de tristesse que le voisinage des tombeaux et la demi obscurité du lieu sont bien propres à inspirer.

Le cloître de Locmaria. L’ancienne abbaye de bénédictines présentait une église orientée, bordée au Sud par l’ancien cloître et les bâtiments conventuels. Seule l’église subsiste aujourd’hui avec quelques vestiges de l’ancien cloître ou ancienne salle capitulaire. Les bâtiments conventuels ont tous été reconstruits.

Le jardin du prieuré de Locmaria. Le jardin du prieuré de Locmaria est un jardin classé, aménagé en 1997 dans l’esprit du couvent de l’époque d’Anne de Bretagne. Il possède le label « Jardin Remarquable » par le ministère de la culture, labellisation dont sont très fiers les maîtres d’œuvre des lieux.

L’église Saint-Tugdual à Combrit. L’église Saint-Tugdual, qui fut en 1675 le point de départ de la Révolte des Bonnets Rouges, vit son clocher arasé sur ordre de Louis XIV en guise de représailles ; la chapelle de Languivoa, de la chapelle Saint-Philibert de Lanvern, de l’église tréviale Saint-Honoré de Lanvern, de l’église tréviale de Pont-l’Abbé et de l’église paroissiale de Tréguennec, furent les églises décapitées du Pays bigouden. Suite à l’autorisation du roi Louis XVI, les paroissiens firent reconstruire le clocher en 1774. Pourvu d’un dôme et d’un lanternon, le nouveau clocher est probablement plus modeste que la flèche gothique d’origine. L’église Saint-Tugdual de Combrit est en forme de croix latine, elle possède une nef avec bas-côtés de sept travées, la nef est séparée des bas-côtés par des piliers ronds ou octogonaux simples sans chapiteaux. Ses piliers soutiennent des arcades ogivales. Deux chapelles en aile forment faux transept.

La chapelle de la Clarté à Combrit. La chapelle de la Clarté de Combrit se composait primitivement d’un choeur à deux travées, avec bas-côté, puis d’une nef étroite et basse. Depuis deux ans, cette nef a été refaite et agrandie, de manière à offrir toute la largeur du choeur et de ses collatéraux. La date de la partie ancienne doit être le XVIe siècle.

La chapelle de Sainte-Marine à Combrit. Cette chapelle est située juste en face de Bénodet, au bord de la rivière. On y remarque des sablières sculptées, assez curieuses et un peu barbares. Sainte Marine y est représentée par une très jolie statue tenant un livre de la main gauche, et qui autrefois devait tenir une ancre ou une palme de la main droite.

La chapelle Saint-Vio à Treguennec. Saint Vio, un tout petit nom pour la plus petite des chapelles bigoudènes. Cinquante mètres carrés à peine, un charme fou pour la « chapellig », blottie dans un repli de dunes sur la palue de Tréguennec, si basse avec son petit escalier extérieur, son clocher couvert de lichen d’un jaune éclatant, et ses portes qui commandent de baisser la tête pour y pénétrer. Vous ne trouverez pas la chapelle miniature de Saint Vio dans les grands guides touristiques. Et pour cause, elle n’est pas classée.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est le fondateur du site et de l'association Ar Gedour et assure la fonction bénévole de directeur de publication. Il anime aussi le site Kan Iliz (promotion du cantique breton). Après avoir co-écrit dans le roman Havana Café, il a publié en 2022 son premier roman "CANNTAIREACHD".

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