Fondé en 1973 à Brest, les Bleizi Ruz (Les Loups Rouges, en breton) écument alors les festoù-noz. Pendant plus de quatre décennies, le groupe a su fusionner les sonorités traditionnelles de la Bretagne avec des influences modernes, créant un répertoire riche et dynamique, devenant ainsi valeur sûre des événements organisés dans un monde culturel bretonnant en pleine effervescence. Devenu un véritable ambassadeur de la culture bretonne, Bleizi Ruz a traversé l’Europe, les États-Unis, et bien au-delà, en apportant la Bretagne dans les cœurs du monde entier.
Les origines du groupe : une formation pionnière
Comme les Diaouled ar Menez, le groupe naît au début des années 70 à Brest, dans un contexte où la musique bretonne subit une transformation importante. Les Bleizi Ruz s’inscrivent dans un mouvement de renouveau culturel, porté par les « kevrennoù » (groupes de musique traditionnelle) qui se multiplient à Brest et à Rennes. Il est fondé par plusieurs musiciens issus de la Kevrenn Brest Sant Mark, dont Éric Liorzou à la guitare, Gérard Couppé à l’accordéon, Raymond Saliou et René Martin aux bombardes, et Christian Desbordes au violon.
Dès sa création, le groupe se distingue par son approche innovante du fest-noz. En 1973, Bleizi Ruz remporte le Kan ar Bobl, et se fait connaître sur la scène locale et nationale. Leur répertoire, couvrant toute la Bretagne, fait la part belle à la fois aux danses traditionnelles et aux compositions originales, un mélange unique qui séduira rapidement un large public.
Les années 1980 : le groupe prend son envol
Le groupe évolue au fil des années. Gérard Couppé est remplacé par Loïc Le Borgne à l’accordéon, et le groupe se réorganise pour devenir un véritable quartet avec Loïc Le Borgne, Ben Creac’h à la basse, René Martin aux bombardes et cornemuses, et Éric Liorzou aux guitares. Ils deviennent professionnels en 1980, et partent dès lors en tournée, tant en Bretagne qu’à travers l’Europe. Leur première grande aventure internationale est le Celtic Tour en Allemagne, en 1979 et 1980, suivie par de nombreuses autres performances, comme au Festival d’Ortigueira en Galice en 1982, aux Tombées de la Nuit à Rennes, et au Festival de Cornouaille à Quimper.
Ces tournées européennes marquent le début de la renommée de Bleizi Ruz en dehors de la Bretagne, faisant découvrir la musique bretonne au reste de l’Europe et aux États-Unis. Le groupe entreprend même une tournée de six semaines aux États-Unis en 1986, avant de repartir régulièrement pour de nouvelles aventures musicales à l’étranger.
Les années 1990 : un groupe en plein essor
Pour célébrer ses 20 ans, Bleizi Ruz crée en 1993 un spectacle ambitieux, Hent Sant Jakez, qui raconte l’histoire du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le spectacle, salué pour sa richesse culturelle et musicale, reçoit le prix du meilleur spectacle traditionnel en 1993. Il réunit des artistes venus de différents horizons, comme Laurent Jouin (chant), Xesus Carballido (acteur), et le groupe galicien Leilia. Ce spectacle montre la capacité du groupe à intégrer des influences extérieures tout en restant fidèle à ses racines bretonnes.
En 1998, pour ses 25 ans, Bleizi Ruz organise un événement monumental réunissant plus de 200 artistes et plus de 5000 spectateurs. Ce grand rassemblement illustre l’ampleur de leur influence et de leur popularité, tant en Bretagne qu’à l’international.
Les années 2000 : l’évolution et la séparation temporaires
Les années 2000 marquent un tournant pour Bleizi Ruz, avec la sortie de leur album An Teuz (fantôme) en 2001. À cette époque, de nouveaux membres rejoignent le groupe, tels que Christian Sarrau au saxophone, Mickaël Seznec à la basse, et Herri Locquet aux percussions. Cependant, après une carrière de plus de 30 ans, le groupe se sépare en 2003. Cette séparation est néanmoins de courte durée, et en 2007, Bleizi Ruz revient à sa formule originelle, avec Ben Creac’h à la basse, pour poursuivre sa mission de faire danser la Bretagne et le monde.
La dernière étape : un héritage musical inaltérable
En 2021, la musique bretonne perd l’un de ses grands représentants avec le décès de Loïc Le Borgne, le talentueux accordéoniste du groupe. Ce départ marque un tournant, mais l’héritage de Bleizi Ruz perdure. Le groupe, aujourd’hui composé de figures historiques et de nouveaux musiciens, continue de perpétuer la tradition du fest-noz et de la musique bretonne. Ils sont toujours aussi actifs sur les scènes bretonnes, avec leur répertoire qui mêle la musique traditionnelle, des compositions originales, et des influences diverses de la scène celtique et internationale.
Un groupe qui a marqué la Bretagne et au-delà
En plus de ses nombreuses tournées et concerts, Bleizi Ruz a été un des groupes phare de la scène musicale bretonne. Ils ont joué un rôle important dans la diffusion et la modernisation de la musique bretonne, tout en préservant la richesse des traditions celtiques. Le groupe a traversé les décennies sans jamais trahir son esprit originel, celui de la fête, de la danse, et de la transmission de la culture bretonne à travers la musique. Aujourd’hui, Bleizi Ruz reste un symbole de l’union entre tradition et modernité, et continue de faire danser les générations, tout en étant un des plus grands ambassadeurs de la culture bretonne à l’échelle mondiale. Leur influence est telle que leur musique fait partie intégrante du patrimoine vivant de la Bretagne, et leur héritage perdure à travers chaque note jouée sur les scènes du monde entier.
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