Quel choc de voir chaque année la précipitation autour de la fête de Noël – ce nom qui, dans la société, dans les médias, est en voie de disparition, au profit du plus consensuel «fête(s) de fin d’année».
Pourtant, pour nous chrétiens, Noël reste un mot précieux, un cri de joie ! Au moyen âge, quand le mot «bravo» n’existait pas encore dans notre langue, c’était celui-là qui servait (à tout moment de l’année curieusement !) à féliciter, à manifester un plaisir artistique ou sportif, à accueillir les princes… « Noël ! Noël ! »
« Il vous est né un Sauveur ! ». Dans notre monde bruyant et glouton, les références chrétiennes sont de plus en plus gommées… Le Père Noël sur son traîneau supplante le Nouveau-Né qui repose dans les bras de sa Mère sous le regard protecteur du Père. Le Père éternel et aussi l’homme simple et juste qu’Il a délégué pour exercer la fonction paternelle au cœur de cette Sainte-Famille. Scène devenue scandaleuse aujourd’hui ! Un mâle dominant qui protège une famille hétérosexuelle et féconde !
La déconstruction de notre culture va jusque dans ces détails.
Pire, l’imaginaire déchristianisé de Noël semble de plus en plus une évidence parmi le grand public car, dans le fatras luminescent des décorations urbaines et domestiques, s’il reste quand même une étoile, on l’expliquera par une référence cosmique au solstice d’hiver…. Paganisme, quand tu nous tiens !
Noël est l’un des grands rendez-vous consuméristes de l’année : festins, déluges de cadeaux… Et, dans la foulée, sa deuxième mi-temps, le « Nouvel an ». Ainsi va le calendrier de « l’Homo-consumator » qu’est devenu l’homme (oups ! pardon l’être humain – femme et homme !), au moins en Occident où demeure et explose l’abondance …ou son simulacre. Noël est devenu une fête de l’apparence, de l’artificialité et du gaspillage.
Le jugement paraîtra sévère, mais qui peut le contester ?
Nous y sommes venus progressivement, sans intention négative consciente. Et puis le Malin, le Maître du mensonge est entré dans le jeu, se faufilant parmi nos faiblesses, comme il le fait toujours. Et c’est ainsi que les plus belles intuitions, les plus jolis symboles se sont retournés contre eux-mêmes… et sont devenus fous, …« contre-nature » !
Ne désespérons pas. Il est encore possible de fêter Noël en chrétiens.
Voici quelques pistes :
- « Prendre le temps ». Vivre pleinement, sans précipitation, sans gourmandises, sans chocolats, ce sera pour plus tard, le temps liturgique de l’Avent, qui débute le dimanche après la fête du Christ Roi de l’Univers (cette année le 30 novembre) ;
- Nous référer aux textes qui racontent la Nativité ; ce sera une belle introduction à la fabrication des crèches, si possible en famille, avec les enfants, et qu’on laissera installées au cœur du foyer au moins jusqu’au samedi suivant l’Epiphanie (certains pousseront le zèle à ne pas l’enlever avant le 2 février, fête de la Présentation de Jésus au Temple !);
- Aimer en vérité. Et que les cadeaux soient les signes authentiques de cet amour. Tant de cadeaux sont des pis-aller, des seconds choix, des achats de dernière minute, stéréotypés, dépourvus de toute signification…
- Cultiver la douceur du moment présent, laisser poindre la connivence, ne pas craindre les silences ;
- Nous pacifier sérieusement et résolument, car vivre Noël, c’est mettre un terme aux rancœurs et aux conflits ;
Ce Noël-là est le vrai. Il est encore possible, malgré toutes ses caricatures, malgré le brouhaha de la fausse fête qui nous étouffe. Un Noël de calme et d’intériorité, qui, au plus intime de notre être, nous fera communier avec le Créateur de tous biens. Et avec son Fils qui s’est rendu solidaire de tout ce qui nous constitue, à l’exception du péché.
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne
