Sur la Pierre et par les matières

Amzer-lenn / Temps de lecture : 2 min

Entre mes doigts, ce matin, je tenais le « Salut du monde ! » Je l’ai brandi à la face du peuple : « Voici l’agneau de Dieu ! ». Admirable instant où, comme au début des temps, le Verbe parachève la création du Père d’où jaillit l’Esprit-Saint. Je l’ai brandi mais en fait c’est lui qui se servait de moi comme le prêtre use d’un ostensoir.

Ce matin, à la messe, comme à chaque eucharistie, par la liturgie j’ai vécu l’office éternel célébré pour toujours dans les cieux. Face au trône du Père l’autel, roc et soutien du peuple des croyants ; sur le plan une pierre y est insérée. Le prophète Jacob, la tête sur une pierre, dans un songe nocturne vit les anges descendre et monter vers le ciel gravissant une échelle. En souvenir, Jacob posa la pierre sur l’autel qu’il bâtit. Or Jésus « n’avait pas même une pierre où reposer la tête », car il est cette pierre « rejetée par les bâtisseurs » et qui devient la « pierre d’angle » : l’œuvre du Seigneur.

La pierre des autels est inscrite de cinq croix, rappel des plaies du Christ, c’est aussi le blason de Jérusalem et de la terre sainte. Et c’est sur un roc, appelé Golgotha, qu’on crucifia Jésus.

Sur l’autel, vertical, on voit un crucifix face au prêtre et au peuple. Tel l’agneau, conduit au sacrifice, sur une croix Jésus offrit sa vie. C’est ce qui se revit à chaque eucharistie où le même est le Roc, d’où Moïse au désert fit jaillir l’eau. De ce roc, pendu sur la croix, il en fait l’Autel de son sacrifice consenti. Et Parce qu’il décidât librement d’être comme un agneau sacrifié : Il est au même instant la victime et le prêtre.

La veille, au cours du repas qu’il partageait avec ses disciples, Jésus institua le rappel de ce mystère C’est par de banales matières : le pain et le vin, qu’il instituât pour toujours sa présence réelle : son Corps et son Sang.

Rite que nous faisons en mémoire de Lui, sur la pierre d’autel.

A l’envers cette pierre est sertie d’une relique d’un saint, un témoin (martyr), serviteur de Dieu. Cette pierre fut ointe d’huile, rappel du rite consacrant les prophètes et les rois. Car il était roi Melchisédech, grand prêtre pour l’éternité figure du Christ Roi.

 

À propos du rédacteur Tad Kristof

Tad Kristof a été ordonné prêtre en juin 2000. Il a exercé notamment en Afrique où il a créé "Tud a Vreizh" à Libreville. Passionné par la Bretagne, il contribuera à la dimension spirituelle d'Ar Gedour en répondant aux questions qui lui seront posées.

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Un commentaire

  1. balaninu/pontaven

    MERCI A TOUS POUR CES 2CRITS ET POEMES SAINTES FETES DE PAQUES !!!!

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