À l’occasion de la journée des bénévoles de la Troménie de Sainte-Anne qui avait lieu samedi dernier, une messe d’action de grâce a été célébrée par Mgr Centène, évêque de Vannes, après qu’ait été entonné le Te Deum. Avant les retrouvailles, Mgr Raymond Centène, par la voix de son vicaire général le Père Antoine de Roëck, a annoncé la relance de la Confrérie de Sainte-Anne. Héritière d’une tradition séculaire instituée par Anne d’Autriche. Cette initiative veut répondre aux besoins spirituels et missionnaires d’aujourd’hui. Après avoir suscité un formidable maillage territorial et un élan populaire à travers la Troménie, il ne s’agit pas d’en rester là, mais de prolonger cette dynamique dans la durée.
Aux sources d’une dévotion royale

L’histoire de la Confrérie de Sainte-Anne plonge ses racines au XVIIᵉ siècle, lorsque le culte rendu à la mère de la Vierge prit un essor considérable en Bretagne. À la suite des apparitions de Sainte Anne à Yvon Nicolazic, près d’Auray, en 1625, le sanctuaire devint rapidement un haut lieu de pèlerinage.
C’est alors qu’Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII et future mère de Louis XIV, fit ériger, avec l’accord du pape Urbain VIII, une Confrérie royale de Sainte-Anne attachée au sanctuaire. Les statuts, publiés en 1657 puis réimprimés en 1723, organisaient la vie spirituelle de cette confrérie : prière régulière, participation aux fêtes et processions, entraide fraternelle, diffusion de la dévotion à Sainte-Anne, protectrice des familles et des générations.
Cette confrérie avait une double portée : spirituelle -en enracinant la piété des fidèles dans l’intercession de la grand-mère du Christ- et symbolique, en marquant le lien entre la foi du peuple et la monarchie chrétienne, représentée par la protection d’Anne d’Autriche.
Comme beaucoup de confréries de l’Ancien Régime, elle s’éteignit peu à peu au fil des bouleversements de l’histoire. Mais sa mémoire est restée vivante dans la tradition bretonne et dans les archives du sanctuaire de Sainte Anne d’Auray.
Une annonce pour aujourd’hui
Lors de la journée consacrée aux bénévoles de la Troménie de Sainte-Anne, le vicaire général du diocèse de Vannes, le Père Antoine de Roëck, a transmis une annonce importante de la part de Mgr Raymond Centène : la Confrérie de Sainte-Anne va être relancée. Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre du 400ᵉ anniversaire des apparitions, ne vise pas à ressusciter à l’identique la confrérie du XVIIᵉ siècle. Comme l’a rappelé l’évêque de Vannes, il s’agit de proposer une démarche adaptée à notre époque, pour permettre aux fidèles de s’unir spirituellement autour de Sainte Anne, de soutenir la vie de l’Église par la prière et de renforcer le témoignage chrétien au cœur de la société.
Le fruit d’un maillage territorial inédit
La Troménie de Sainte-Anne, organisée en 2025, a permis de traverser de très nombreuses paroisses, suscitant un véritable maillage territorial de fidèles motivés, de bénévoles engagés et de communautés locales rassemblées. Cet élan spirituel et populaire dans l’élan du Jubilé de Sainte Anne, vécu intensément tout au long du passage de la statue de Sainte Anne, ne doit pas retomber. C’est pourquoi la relance de la confrérie s’inscrit donc comme une suite logique : prolonger cette dynamique, offrir un cadre stable et durable à ceux qui se sont engagés, et maintenir vivant ce souffle missionnaire en faisant connaître et rendre proche la figure de sainte Anne, tout en demandant son intercession.
Les membres de la confrérie s’engageront donc à venir au sanctuaire (ou de grandes grâces sont reçues) une fois par an, à participer à un pèlerinage paroissial ou diocésain à Sainte Anne d’Auray, et à agir localement avec les recteurs pour favoriser les pèlerinages vers Sainte Anne d’Auray ou encore de chapelle à chapelle dans les paroisses. Plus d’informations seront bientôt données, et nous vous en parlerons donc sur Ar Gedour.
Une étape nouvelle pour la Bretagne
Cette annonce, faite dans le climat fervent de la Troménie, suscite un réel enthousiasme. Elle marque une étape nouvelle pour la vie spirituelle du sanctuaire de Sainte-Anne d’Auray et pour l’ensemble du diocèse de Vannes.
La Confrérie de Sainte-Anne, hier royale, demain missionnaire, entend rassembler largement, autour de la prière, de la foi et de la transmission, dans une vraie dimension intergénérationnelle. Plus que jamais, Sainte Anne continue de tenir sa place de mamm-gozh ar Vretoned, grand-mère spirituelle des Bretons, accompagnant le peuple fidèle dans sa marche à travers les siècles.
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne

L’exemple des confréries corses bien vivant aujourd’hui, ancré dans la charité et le service à la suite du Christ – un élan populaire sain -, est une source d’inspiration précieuse.
Mat-tre ! C’est génial !
C’est même formidable, une heureuse suite donné à cette belle troménie dont nous avons profités