Le 1er août occupe une place particulière dans la mémoire historique et culturelle de la Bretagne. Bien avant l’histoire médiévale, les pourtours de cette date marquaient dans la tradition celtique la fête de Lugnasad, une grande célébration druidique en l’honneur du dieu Lug, symbole de prospérité et d’unité des peuples. Cette racine païenne confère déjà à ce jour une dimension de rassemblement et de renouveau.
Plusieurs siècles plus tard, la Bretagne traverse une période sombre entre 908 et 939. Le royaume breton, affaibli par des décennies de raids vikings, est occupé et divisé. Les clans scandinaves se partagent ses terres, tandis que Guillaume Longue-Épée, jarl de Normandie, impose sa domination et se proclame duc de Bretagne après avoir écrasé en 931 une première tentative de révolte menée par Alan II Barbetorte (dit aussi Alan al Louarn) et Yuzhael Bérenger, comte de Roazhon. La Bretagne perd alors son unité, ses souverains et même une partie de ses territoires historiques, comme le Cotentin et l’Avranchin.
C’est en 936 qu’Alan II, héritier des anciens rois, revient d’exil et engage une nouvelle campagne militaire pour libérer sa patrie. Nantes est reprise en 937, le titre de duc de Bretagne est restauré en 938, et, le 1er août 939, la victoire décisive a lieu à Treant-Felger (aujourd’hui Trans-la-Forêt). Alan II bat les Normands, unifie la Bretagne dans les frontières qui resteront les siennes pendant des siècles et proclame Nantes capitale du duché. Pour marquer ce moment, il institue le 1er août comme fête nationale du duché de Bretagne, associant cette date à la libération et à l’unité retrouvée. Ce même duc est aussi connu pour avoir aboli le servage, un geste audacieux et inédit pour son époque.
Plus tard, au XVIᵉ siècle, le 1er août sera également lié à un autre épisode majeur mais plus funeste pour l’avenir de la Bretagne : en 1532, ce jour-là, les États de Bretagne, réunis à Vannes, votent l’union avec le royaume de France. Ce vote sera suivi quelques jours plus tard, le 13 août, par la signature officielle de l’édit d’Union à Nantes par François Iᵉʳ. Cet acte met fin à la souveraineté politique de la Bretagne, mais reste encore aujourd’hui une date importante pour comprendre la relation complexe entre la Bretagne et la France.
Ainsi, le 1er août concentre trois héritages : celui de la Bretagne celtique et de Lugnasad, celui de la reconquête et de l’unité restaurée en 939, et celui, plus tardif, du basculement de 1532. Pour beaucoup de Bretons, ce jour demeure un moment de mémoire et de résistance, symbole d’une identité qui refuse de s’effacer face à un rouleau compresseur centralisateur.
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne
Il convient également de préciser que le 1er août possède une dimension chrétienne : la fête de Saint Pierre-aux-Liens, célébrée ce jour-là, est probablement une christianisation d’une fête ou d’un symbolisme païen plus ancien, comme cela a été le cas pour de nombreuses autres dates (Noël, Toussaint, etc.). Cette fête semble bien réinterpréter un ancien thème celtique de libération ou de puissance spirituelle (Lugnasad), mais dans un contexte chrétien. L’Église a souvent procédé à des substitutions symboliques : à la place des cultes impériaux ou agraires, elle a placé des fêtes chrétiennes soulignant la libération spirituelle ou la supériorité divine sur les pouvoirs terrestres.
Dans ce cas précis, la libération miraculeuse de saint Pierre de sa prison (relatée dans les Actes des Apôtres) vient supplanter ou redéfinir une symbolique de libération déjà présente dans certaines fêtes antiques. Le 1er août, dans le monde romain païen, correspondait à la fête de l’empereur, un équivalent de la Lugnasad des anciens Celtes. Avant sa christianisation, le 1er août était marqué, dans tout l’Empire, par une fête importante : les Calendes d’août, liées à l’Empereur Auguste, dont c’était le mois éponyme. On y célébrait la paix impériale ainsi que des rites agraires ou de protection.
De plus, le mois d’août était également marqué par des rites de purification et de libération, ce qui résonne avec le thème de la délivrance de saint Pierre.
Cette date du 1er août a donc tout pour plaire. Elle concentre en elle une charge symbolique très forte, à la fois spirituelle (païenne et chrétienne), historique et politique, propre à réveiller les Bretons si besoin était. Ne serait-il pas opportun d’en faire la nouvelle fête officielle d’une Bretagne enfin capable de renouer avec son passé ?
Quelques remarques au sujet du traité d’union de 1532 : Le traité d’union de 1532, qui relie la Bretagne au royaume de France,fonctionne un peu comme un mélange de compromis et de préservation des spécificités bretonnes. En effet, bien que la Bretagne devienne officiellement une province française, le traité précise qu’elle garde ses propres « lois et privilèges », ce qui veut dire qu’elle conserve ses traditions juridiques et politiques, comme son propre parlement à Rennes et ses coutumes locales. Ce n’est pas anodin, car cela montre bien qu’on ne veut pas effacer l’histoire et l’identité bretonnes, même après l’union.
Le traité évoque aussi l’idée que la Bretagne reste un « pays d’État », ce qui, en gros, veut dire qu’elle bénéficie d’un statut particulier, un peu à part dans le royaume. C’est une sorte de garantie que la Bretagne ne va pas être complètement fondue dans la culture et les lois françaises, même si, bien sûr, l’unification était un pas important vers une plus grande centralisation. Du coup, les Bretons peuvent garder leurs coutumes, et dans le fond, c’est une forme de « reconnaissance », même si bien sur la langue bretonne n’est pas directement mentionnée.
En résumé, ce traité, même s’il officialise l’union avec la France, reconnaît que la Bretagne n’est pas une province comme les autres. Elle conserve son identité, son histoire et ses particularités, ce qui est un point important dans cette période de transition. Ce compromis entre centralisation et respect des particularités régionales fait de ce traité un document qui non seulement marque une étape dans l’histoire politique de la Bretagne, mais aussi paradoxalement, dans la reconnaissance de son identité propre au sein du royaume ! Cet aspect du traité semble être oublié par les Bretons eux-mêmes !
Notre république bien-aimée serait-elle capable d’en faire autant ? On peut toujours rêver.
Célébrée le 1er août, la fête de Saint Pierre aux Liens (ou Saint Pierre-ès-Liens) commémore la libération miraculeuse de l’apôtre Pierre, enchaîné dans une prison à Jérusalem sur ordre d’Hérode. Selon les Actes des Apôtres, un ange le délivra, brisant ses chaînes. Cette fête, d’origine romaine, est à l’origine liée à la dévotion envers les chaînes conservées à la basilique San Pietro in Vincoli (Saint-Pierre-aux-Liens) à Rome. Mais la date du 1er août n’est pas anodine. Elle coïncide avec Lugnasad, l’une des quatre grandes fêtes celtiques. Lugnasad (ou Lughnasadh), dédiée au dieu Lug, marque le début des moissons et rend hommage à la Terre nourricière. C’est une fête de transition, de lumière décroissante, de récolte et parfois de libération symbolique.
Un lien symbolique peut être établi entre les deux célébrations : dans l’une, on célèbre la libération d’un homme par la puissance divine, dans l’autre, on marque la fin d’un cycle naturel, la libération de la terre de ses fruits. Dans les deux cas, la notion de chaînes brisées – physiques ou cycliques – est présente, mêlant spiritualité chrétienne et mémoire des anciens rites saisonniers.
Les conditions dans lesquels le « traité » de 1532 ne satisfont pas les conditions légales du fonctionnement de la nation Bretonne. En effet, c’est par la force que François 1er obtint cette signature, effectuée par quelques notables. Par conséquent, le seul document valable est le traité entre Anne de Bretagne et Llouis XII, garantissant l’existence de 2 nations souveraines sous une même couronne. La Bretagne, en droit international, est une nation souveraine et indépendante, même si cela ne l’est pas dans les faits.
La France d’aujourd’hui, qui donne des leçons de démocratie à la terre entière, n’a jamais respecté le droit à l’existence du peuple Breton. Ce peuple a pourtant tout donné à la France, au point qu’aujourd’hui, il n’en reste presque plus rien. Allez dans la rue et écoutez: entendez-vous en plus du Français le Breton? Non, sauf par chance éventuelle. Des langues venues d’ailleurs, oui. Le Breton, non…. Mais que la France prenne garde car elle prend le même chemin, en pire, que celui pris par la Bretagne. Aucune nation, aucun pays n’est éternel.
Entièrement d’accord avec ce dernier commentaire. Malheureusement, cher Erminig, je crois que la réalité est encore pire que ce que vous décrivez. En effet, la France, malgré son nationalisme historique, est aujourd’hui victime du mondialisme, nouvelle idéologie dominante. Après avoir longtemps défendu une certaine idée d’elle-même, ce pays se trouve aujourd’hui confronté à un processus où son identité et sa souveraineté sont à leur tour menacées. Le mondialisme, qui prône la dissolution des frontières et des nations, accélère ce phénomène, spéculant même sur la disparition des États-nations. En voulant jouer le rôle de leader sur la scène internationale, la France se voit progressivement submergée par cette logique, perdant ainsi son indépendance et sa capacité à se gouverner librement. Après avoir contribué à façonner le monde selon ses principes (parfois vrais, mais le plus souvent cplt faux), la France risque désormais de « passer à la casserole », victime à son tour d’une idéologie qui prône sa disparition en tant que nation souveraine !
Conclusion : La France n’est donc pas tout à fait son nationalisme, encore moins sa révolution. Il s’agit bien de deux entités distinctes. En revanche, le nationalisme moderne, tout comme le mondialisme anti-nation, sont des sous-produits dérivés de la philosophie des Lumières. Or, les Français de France, tout comme les Bretons, font partie de cette humanité réelle que les idéologues finiront par détruire par tous les moyens.