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QUAND LE FUMIER DES IDEOLOGIES MENE AU COMPOSTAGE HUMAIN

compost humain

Dans leurs délires, les idéologues nous étonneront toujours. Ils n’ont plus de limites et font désormais dans l’abject.  Ouest-France, dans son édition du 30 avril 2019, nous fait part d’une nouvelle mode  à venir concernant  le « traitement » des morts qui, une fois de plus, nous vient des Etats-Unis : « Le compostage humain ». Ce compostage humain consiste à faire retourner, directement si l’on peut dire, le mort à la terre. Une façon, nous explique-t-on en guise de justification, et avec le plus grand sérieux des dévots écolos-mondialistes : faire entrer dans la réalité l’allégorie du Mercredi des Cendres : « N’oublie pas que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ».

Nous pensions qu’avec la mode de plus en plus répandue de la crémation, question poussières (les cendres du défunt) l’allégorie citée avait trouvé son entrée dans les faits, sans parler des corps inhumés de façon classique qui retournaient, tôt ou tard, eux aussi en poussières ; il faut croire que ce n’était pas encore assez.  Des cerveaux dérangés se sont avisés que le défunt devait rentabiliser sa mort, payer son tribut au devenir de la planète, au réchauffement climatique, à la transition énergétique durable.

Nous nous en serions doutés, le titre de l’article d’Ouest-France renvoie directement à l’obsession écologique : « Le compostage humain, bon pour la planète ? » Le point d’interrogation permet de ne pas prendre parti, de seulement informer, mais surtout de ne pas dénoncer cette atteinte au respect dû aux morts. Pour un quotidien qui s’affiche chrétien-démocrate, humaniste, moralisateur, donneurs de leçons, il y avait sur le sujet de quoi dénoncer ce scandale ; ce ne fut pas le cas, car il faut être « ouvert au progrès ». A chacun, suivant ses croyances, d’apprécier cette option nouvelle dans le traitement du corps du défunt, décidément bien encombrant pour nos sociétés déchristianisées et nihilistes. On s’étonnera ensuite des profanations qui se multiplient,  ce qui est un phénomène de société normal puisque si peu de cas est fait du respect dû à la dépouille mortelle. La dérive est inexorablement en route, et on aura beau dire qu’il “s’agit de valoriser nos défunts en compost“, il ne s’agit plus ici que de traitement de ce qu’on ne considère désormais que comme un déchet.

Même si cela ne concerne pas que les chrétiens, il est question d’une étape supplémentaire dans la déchristianisation et dans le rejet du sacré. Il fut des temps où, quelle que soit la civilisation ou la religion, le corps du défunt était entouré d’un infini respect marqué par tout un rituel en osmose avec la foi et la culture. La magnifique liturgie catholique des défunts, du moins celle préconciliaire, et nos cantiques bretons des Trépassés dont on fait si peu cas aujourd’hui en leur préférant d’indigestes ritournelles, en témoignent.  Avec ce nouveau « service » funéraire, ce n’est plus le cas : le mort qui était de son vivant, comme nous l’apprenions au catéchisme, un « Temple de l’Esprit Saint », n’est plus qu’un produit de consommation, un déchet recyclable. Les adeptes de la réincarnation n’ont sans doute pas imaginés qu’on en viendrait à leur proposer de se réincarner en compost…

 

Quand on lâche un morceau de tradition, c’est toute une tradition qui est lâchée.

Depuis 1963, l’Eglise catholique tolère la crémation, une tolérance lourde de conséquences dans la désacralisation de la mort.  Cette tolérance a ouvert la porte à préférer la crémation à l’inhumation classique, et ce pour plusieurs raisons :

  • le coût moindre (ce qui s’est avéré de n’être pas toujours le cas)
  • le souci que notre corps, avec la tombe, ne soit pas une charge à la famille, l’éloignement des proches favorisant la déshérence des tombes ;
  • le fait encore que les nouvelles générations ne soient plus « cimetières », préférant honorer la mémoire des défunts d’une autre manière,
  • et enfin la séduction au nom d’une  écologie idéologiquement instrumentalisée pour la crémation, car cela est plus propre, la dépouille mortelle du défunt ne polluant ainsi plus la terre.

A ce triste inventaire, ajoutons les innombrables profanations de cimetières, majoritairement chrétiens sans que cela n’émeuve les médias, on a même fini par s’y habituer, d’autant qu’une tombe chrétienne profanée n’est plus une profanation, mais une incivilité d’après-boire. Voilà donc bien des raisons de préférer la crémation si on est un tant soit peu soucieux du devenir de la planète, du réchauffement climatique et de la transition énergétique.

 Mais revenons à l’article en question :

« L’Etat de Washington espère voir voter par le Congrès de l’Etat, une loi qui autoriserait la transformation des corps en… compost. Technique appelée « humusation des corps ». Une telle technique limiterait l’impact environnemental de la mort, notamment l’émission de CO2, liée à l’inhumation ou à la crémation ».

Excusez le rapprochement un peu trivial, mais on accuse les vaches, pas les sacrées de l’Inde (pourquoi ?…), mais les autres et divers ruminants, de polluer la planète par leurs flatulences, mais pas celles des milliards d’humains. Voilà donc les morts, par leurs gaz d’outre-tombe, responsables des émissions de CO2 comme une vulgaire vache. Il fallait y penser. A ce niveau d’imbécilités, on balance entre le rire et la consternation, mais  nous sommes dans le sérieux.  C’est à la manière dont une civilisation traite ses morts, qu’elle mérite le nom de civilisation, et nous savons combien la nôtre, post-chrétienne, est bien malade, et vire à la folie mentale.

Add : au moment de la publication de cet article, nous apprenons que le gouverneur de l’Etat de Washington, Jay Inslee, a signé mardi 20 mai la loi « concernant les restes humains », qui légalise le compostage des morts. La loi a été votée à une très large majorité par les députés (80 contre 16) et par les sénateurs (38 contre 11).

“Ce n’est qu’une technique comme une autre…”

Pour l’instant,  c’est encore le stade de l’expérimentation, première étape vers un marché, un service funèbre comme un autre :

« Les travaux de Lynne Carpenter-Boggs, professeur(e) d’agriculture organique et durable (toujours ce fameux vocabulaire idéologiquement correct. ndlr), le prouvent. Si elle n’est autorisée nulle part, l’humusation a été expérimentée en Belgique. Dans l’Etat de Washington, la société RECOMPOSE, à Seattle, envisage déjà de construire un premier centre de compost humain. Le principe ? Pendant cinq à sept semaines, le corps du défunt est enfermé dans une capsule chauffée à 150 ° C. Des microbes, mais aussi de la luzerne, de la paille et des copeaux de bois, faciliteront la décomposition. Le coût de l’opération avoisinerait les 4900 €. C’est donc un peu moins cher qu’une inhumation, mais plus qu’une crémation. Libre à la famille du défunt de décider du devenir du mètre cube (sic) de matière produite par chaque corps à l’issue de l’humusation. Elle peut ramener les « restes » chez elle, les répandre dans la nature ou en faire don à des groupes écologistes. Avant d’entrer en vigueur, le texte de loi doit être validé par le gouverneur démocrate Jay Inslee. Dès le 1er mai 2020 ? LES Américains pourront alors composter leurs morts ».

Donc, déjà dépassés, les « Jardins du Souvenir » et autres « Espaces de dispersion des cendres ». Bienvenue au compostage de nos chers disparus. Sera-t-on autorisés à fertiliser notre potager avec le compost fourni par les corps de nos grands-parents, des beaux-parents, de l’époux,  de l’épouse ou d’un enfant ?  Ce serait après tout logique que le mort rende un dernier service à ses proches.

Et lors de repas de famille, la maîtresse de maison l’on pourra s’exclamer : « Regardez mes belles salades, mes beaux radis : c’est grand-mère et grand-père qui les ont engraissés par le compost de leur corps ! ».

Bon appétit !  Ecologie oblige, quelle satisfaction et quelle belle conscience que de faire également don du compost de nos proches,  à une association écologiste humanitaire de préférence, façon ONG mandatée, qui revendra en sac garanti «pur compost humain» ce qui fut un être humain. Dans la Chine communiste de Mao, les corps humains, comme leurs excréments, servaient déjà de compost, il y avait même des « tableaux d’honneur » pour les villages et villes qui en fournissaient les plus grandes quantités. Ainsi, les idéologues d’aujourd’hui n’inventent rien. Ils sont même dans la plus pure tradition du «communisme à visage humain», tendant à déshumaniser l’homme en lui supprimant sa dimension sacrée, en le chosifiant sur le marché de la consommation. L’être humain rejoint ainsi dans la mort l’animal envoyé à l’équarrissage, réduit en poudre, en farine ou en engrais.

 

Toujours plus de déchristianisation

Oui, c’est bien de déchristianisation de nos sociétés dont il faut parler. Nous nous demandons à raison où et quand cette déchristianisation qui va de pair  avec toutes les  désacralisations, va s’arrêter. Nous pensons avoir touché le fond, qu’on ne peut faire plus bas dans l’avilissement, mais c’est sans compter avec l’extraordinaire imagination perverse, voire satanique, des idéologues. Et comme par hasard, ce sont toujours les traditions chrétiennes qui sont visées, car il n’échappe pas à ces idéologues que les chrétiens abandonnent joyeusement toutes leurs traditions, et que celles-ci, au nom du « respect des croyances de l’autre »  vivent leurs derniers  temps. Quand on parle innovation pour le traitement des défunts et le devenir des cimetières traditionnels, il est toujours question, sans l’avouer, des chrétiens, car les Juifs et les musulmans, et c’est à leur honneur, n’ont rien abandonné de leurs traditions funéraires. C’est aussi pour cela que leurs cimetières profanés suscitent plus d’émois que la profanation des cimetières chrétiens.

Le fœtus n’étant aujourd’hui considéré que comme un amas de chair ou une tumeur bonne à extraire, bébé nié interdit de naître, la personne âgée ou le handicapé étant considéré comme un poids social invités à dégager au plus vite, il était dans la logique des choses que le défunt ne puisse prétendre reposer dans son intégralité d’un sommeil éternel dans la terre des Ancêtres. Arrivé à un certain stade, on n’est plus à une négation près de l’humain. Ainsi, encombrer l’espace avec une sépulture digne, cela sonnait comme un attachement identitaire douteux,  insultant le dogme d’une humanité nomade, cette « ubiquité nomade »  si chère au franc-maçon Jacques Attali qui prône qu’à partir de 85 ans on ne saurait prétendre aux soins médicaux, mais plutôt choisir son cercueil.

Les cimetières ne sont-ils pas à la base la marque culturelle et spirituelle d’un peuple ? Avec l’église, c’est l’âme d’une cité.  Et c’est bien pour cette raison  que les profanateurs aux multiples visages profanent avec prédilection les lieux chrétiens sacrés. Alors, quitte à profaner le « fruit des entrailles » d’une maman ou profaner les rides de la vieillesse, pourquoi ne pas profaner un corps devenu inutile et encombrant, pour peu qu’il soit au moins utile à la société et au devenir de la planète en devenant un produit écologique comme un autre. Nous en sommes là.

Certains s’étonneront : «Qui acceptera de voir ses morts ainsi réduit à l’état d’engrais ? » Mais, tout le monde, ou presque, pourra-t-on répondre. Peut-être même vous, chère Madame, cher Monsieur, qu’une telle idée scandalise aujourd’hui, mais que demain vous trouverez normale… au nom de la solidarité intergénérationnelle ou au nom de l’avenir du climat. Car comme pour l’avortement et l’euthanasie, comme pour toutes les folies idéologiques mises sur le marché de la décadence morale et spirituelle, il y aura un travail parallèle de formatage des esprits. On disait de l’avortement que c’était un crime, et aujourd’hui l’IVG est accepté, non plus comme un acte d’exception mais comme un droit pour la dignité de la femme. On a dit cela aussi de la fin de vie et “le droit à mourir dans la dignité”, terme pudique occultant le mot euthanasie -un autre crime- et pourtant, peu à peu le bon peuple en accepte l’idée, au nom de cette solidarité intergénérationnelle. Laisser la place pour ne pas être  une charge.

« Dis moi ce que tu manges, et je te dirai quelle qualité de compost tu feras ! »

Il en sera de même pour le « compostage humain ». Verra-t-on des émissions, des articles de jardinage nous expliquer comment devenir un « bon compost », en surveillant de notre vivant notre régime alimentaire ?  « Dis moi ce que tu manges, et je te dirai quelle qualité de compost tu feras ! » Nous exagérons ? Certainement pas ! Notre monde déchristianisé, où tout doit-être rentable, autorise avec sérieux un tel scénario. Il est courant d’entendre aujourd’hui de plus en plus de personnes dire, « Qu’après tout, dans la tombe il n’y a qu’un cadavre qui pourrit, que cela est sale, et affreux, alors que la crémation, c’est bien plus propre ». Bientôt le compostage le sera encore davantage et …utile.

« Le corps qui repose et retourne lentement à la terre  c’est sale ! ».

Tiens donc…  alors pourquoi notre société raffole-t-elle de monstres sortis des tombeaux, de zombies, de masques dégoulinants d’asticots, façon Halloween, de films genre « retour de momies égyptiennes ? ». Laissons là toutes ces considérations, et attendons de pouvoir emballer le compost de Mamie dans un beau sac de plastique… pardon… un sac recyclable, sur lequel sera imprimé en quadrichromie une belle scène champêtre, avec le label « pur compost de grand-mère, de grand-père, de belle-maman, beau-papa » … et pourquoi pas, le millésime et la date de péremption, et en prime le slogan publicitaire « La terre, les légumes, les fruits m’ont nourris, c’est moi maintenant qui les nourris ! Et Vous ? », forme  moderne et écologiquement correct du célèbre Hodie mihi, cras tibi (Aujourd’hui à moi, demain à toi). Le label bio attendra, au vu du parcours médicamenteux de chacun…

C’est ainsi qu’une civilisation se suicide, en s’attaquant à la vie dès sa conception, à la vieillesse, aux morts, une civilisation qui ne veux plus d’enfants, qui ne veux plus de vieillards, une civilisation qui ne veux  plus voir la mort, et cherche à la cacher de toutes les manières possibles. L’ennui, c’est que tous ces artifices n’empêcheront pas la mort de nous fixer le rendez-vous ultime, et qu’elle ne sera vaincu que le jour de la Résurrection des morts comme nous l’affirmons et le chantons tous les dimanches dans notre Credo, mais là, je parle d’une croyance de chrétien, c’est donc nul, ringard, hors-sujet. Un dicton populaire disait que « le mort mangeait les pissenlits par la racine », désormais, avec ce « concept du compostage », il ne les mangera plus, il engraissera leurs racines…

On n’arrête pas le « progrès »…

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À propos du rédacteur Yvon Abgrall

Publiant régulièrement des articles dans la presse bretonne, il propose pour Ar Gedour des articles documentés sur le thème "Feiz & Breizh" (foi et Bretagne), d'un intérêt culturel mais aussi ancrés dans les préoccupations actuelles.

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5 Commentaires

  1. Effectivement, rien de nouveau sous le soleil… La Chine maoïste n’est pas le seul exemple : Déjà en 1793-1794, les révolutionnaires se servaient des dépouilles des “brigands” vendéens exécutés à des fins utilitaires, en récupérant les cheveux, la graisse et la peau qui était tannée. Au moins là ils étaient utiles à quelque chose… Les Nazis firent de même avec les juifs dans les camps de la mort ( de nombreux SS se firent de confortables magots avec les dents en or arrachées)
    Toutes ces idéologies qui prétendent régénérer l’humanité sont un poison. Les hommes de Néanderthal qui inhumaient leurs défunts avec beaucoup de respect étaient infiniment plus civilisés que ces mabouls.

  2. Louis-Marie SALAÜN

    Suite ô combien honteuse et triste mais logique, d’un Monde devenu complètement taré parce qu’il a préféré le culte de l’Homme au culte de Dieu. Parce qu’il a préféré suivre la folie furieuse et destructrice de l’idéologie païenne et du “progrès”, plutôt que de suivre la voie salvatrice de la “folie” de la Croix.

    Comme le peuple Hébreu adorant le veau d’or, notre humanité devient monstrueuse parce en rejetant l’unique vraie Foi à l’unique vrai Dieu elle rejette le sens du Sacré et le respect dû au corps humain (même sans vie) comme création et propriété Divine.

  3. “L’humusation” ou comment faire mourir nos défunts une seconde fois !
    Avez-vous compris que grâce à “l’humusation”, le dieu ”progrès” va pouvoir se révéler une fois encore dans toute sa splendeur ? A la lecture de cet article, on ne pourra pas douter un seul instant que toutes ces lumineuses ”inventions” ne proviennent en ligne droite des enfers, car comme fait exprès elles s’arrangent toujours pour paraître au bon moment ! C’est à dire, les unes derrière les autres selon un plan bien réglé (la République (dite) française n’a t-elle pas pour nouvelle ambition de légaliser sans tarder le suicide assisté et l’euthanasie pour tous ?). Nouvelles follies d’autant plus faciles à réaliser que devant le constat désopilant, mais au combien réaliste de la”rantanplisation” générale des esprits, et de l’emprise croissantes de véritables folles-dingos sur nos sociétés en péril, on ne voit plus pourquoi les délires et monstruosités en tout genre ne cesseraient dès demain de croître et de déferler autour de nous ?

    Aussi je veux témoigner à mon tour du dégout et de la colère qui m’animent, face à la “légalisation” de pareilles pratiques dans la société civile. Aujourd’hui c’est l’Amérique, et demain chez nous.
    N’en déplaise à certain, tout homme à le droit au respect. Les vivants comme les morts. Et en désacralisant la mort on finit par déshumaniser définitivement une humanité déjà rendue largement servile comme du bétail, parce que redevenue l’esclave de ces propres passions. La consommation jouissive et le matérialisme athée ne contribuant jamais qu’à un but : l’avilissement des âmes avant la damnation éternelle. Pour le reste, les conséquences à court terme d’un pareil mépris des choses de la mort risque d’être incalculables au plan terrestre. Car n’en doutons pas un instant, le ravalement du genre humain au rang de “cheptel humain” (loin d’être un progrès) demeure bien le but ultime de l’opération, ou pire encore : la “solution finale” recherchée par tous nos ennemis. C’est aussi l’aboutissement d’un travail de sape, véritablement démoniaque, opéré à notre insu depuis deux siècles minimum, le tout appliqué patiemment à la société par des cerveaux pervers, détraqués ou malfaisants.

    Aussi pas besoin d’être Bac+15 pour vous annoncer la suite du programme. Les conséquences logiques et quasi-inéluctables de l’humusation sont faciles à prédire. Attendez-vous un jour prochain à ce qu’on applique à vos dépouilles et à celles de vos congénères ce qui se fait déjà depuis longtemps avec les carcasses d’animaux crevés : dépeçage et recyclage de charognes sous forme de croquettes bon marché à destination de la gent canine (Équarrissage pour tous en quelque sorte / Bonne appétit les copains !). Ainsi la boucle sera bouclée, et le prince de ce monde sera sans doute satisfait de vous voir vous entredévorer.
    A n’en pas douter ce sera là, l’étape final du processus de décadence puis de destruction totale de tout l’apport de toute la civilisation depuis des siècle dans les domaines de la morale et de la piété. Aujourd’hui les pires scénarios de science-fiction sont à craindre. Car ce que nous n’aurions jamais voulu voir est maintenant là sous nos yeux, terrifiant et bien réel ! Ce que nous vivons est de l’ordre d’une régression sans précédent, et ce, pour le plus grand malheur de nos sociétés en perdition, car déjà fortement ébranlées dans leurs fondements depuis + de deux cents ans, par les délires pseudo-“philosophiques” de véritables petits antéchrists. Aussi n’en doutons pas, le pire est devant nous, et notre avenir écrit d’avance : l’effondrement d’abord, avant le déferlement des barbares.
    Que les fous le sachent aussi : Ce sont les morts qui gouvernent les vivants, et lorsque les vivants cessent de les écouter, alors les morts se vengent !
    Que Dieu nous vienne en aide, avant qu’il ne soit trop tard !

  4. Tout ceci est vertigineux et terrifiant.

    Passons d’abord sur ce pieux mensonge et alibi: la crémation serait bonne pour l’écologie, le compost encore mieux! Eh bien non, la citation américaine insérée dans l’article est très claire:

    « Pendant cinq à sept semaines, le corps du défunt est enfermé dans une capsule chauffée à 150 ° C.»

    150°C pendant sept semaines ! Bonjour l’apport d’énergie! Difficile de faire plus anti-écologique. De même pour une crémation “classique”. Pourquoi réaliser en deux heures, au prix d’un gaspillage d’énergie scandaleux – bonjour les effets de serre – ce que la nature ferait doucement et gratuitement, en prenant le temps ?

    D’anciennes civilisations (méditerranéennes, par exemple) procédaient à deux enterrements successifs: d’abord une destruction naturelle des chairs, ce qui peut prendre deux ans paraît-il, puis récupération et stockages des os blanchis, rassemblés dans un ossuaire. C’est sans doute ainsi qu’il faut comprendre l’histoire du tombeau des Evangiles, taillé dans la pierre calcaire de Jérusalem. En Bretagne, certains ossuaires – pensons à celui, sans doute le plus beau de tous, de l’enclos paroissial de Sizun (29) – , nous rappellent qu’il en fut ainsi pendant longtemps.

    Continuons la citation américaine :

    « Le coût de l’opération avoisinerait les 4900 €. C’est donc un peu moins cher qu’une inhumation, mais plus qu’une crémation. »

    Opala ! La voilà la vraie, la bonne raison : business, business, business ! L’argent, toujours l’argent ! Or, « Nul ne peut servir deux maitres; car, ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre: vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (Mathieu, 6 :24).

    Question, combien coûte l’enterrement d’un défunt chez les moines de la Grande-Chartreuse (Isère), sachant qu’il se fait directement en terre, sans cercueil, ni même tissu ? Réponse : un peu d’huile de coude pour creuser un trou. Et c’est tout. Les Chartreux ont choisi. Et nous, et notre société ?

    Personnellement, j’ai dû assister à la crémation de ma défunte mère, voici dix ans. Chrétienne fervente, d’une foi très cultivée, elle avait choisi ce mode sans que j’aie jamais pu comprendre pourquoi… « Doue d’he pardono ». Peut-être, un terrible événement familial, survenu en 1944, a-t-il eu un rôle ? Je me pose la question. Il faut savoir que, d’un point de vue psychique, l’incinération peut-être extraordinairement violente pour ceux qui restent. Il m’a fallu de nombreuses années pour surmonter cette épreuve. Et je ne remercierai jamais assez deux tantes, décédées ultérieurement, et qui avaient choisi de se faire inhumer naturellement. Toujours en Bretagne. C’est presque avec soulagement que j’ai regardé leur cercueil descendre dans la terre du cimetière paroissial (« Ra vo skañv douar Breizh evite, evit an holl, ma mamm en o zouez ».

    Aussi et pour conclure, je me demande pourquoi l’Eglise, qui revendique d’être « experte en humanité » – n’est-ce-pas ? -, n’a quasiment jamais au minimum attiré l’attention sur la violence psychique – dans notre culture ou ce qu’il en reste – que constitue l’incinération (et je suppose, le compostage, dont il est question ici). En plus de l’ineptie écologique de tout celà, bien sûr.

    • Concernant le reportage de 4 minutes : pour éviter le dérèglement climatique je devrais plutôt choisir l’humusation si j’ai bien compris !? Question : D’où peut bien sortir une pareille foutaise? Même l’Ankou n’en demande pas tant, et doit se rire ou désespérer de nous quand il se retrouve en face de pareilles inepties. Sous les prétextes fallacieux d’écologie ou d’évolution des esprits, trop de nos contemporains sont prêts à accepter n’importe quoi du moment qu’on leur donne l’impression de réinventer le monde à pas cher. Pauvres imbéciles en vérité, se croyant libres et autonomes sur tout, mais plus que jamais profondément manipulés par des pervers aux intérêts douteux. Le reportage de 4 minutes est très significatif à cet égard : De vrais acteurs faussement sympathiques (dont on se gardera bien de dévoiler les vrais convictions philosophiques personnelles) vont se mettre en scène pour nous expliquer comment mourir “proprement” sans emmerder sa sainteté Dame Nature… Le leitmotiv du reportage : Mourir en accord avec les lois de la nature ! (Libre à notre ami ”Guy” bien sur, personnage central du reportage de se faire “humuser”, ou jeter aux requins après sa mort, pour peu que la loi belge le permette un jour). Mais la publicité faite autour d’une escroquerie pareille est-elle à ce point défendable ? Fallait-il vraiment en faire un reportage ? Car rien ne justifie en effet de mettre en concurrence un rite funéraire comme l’inhumation, pratique validée par des siècles de civilisation avec les fantaisies grotesques d’une poignée de farfelus.
      Que l’humusation soit 100% écologique ou pas n’y change rien. Le corps humain n’a pas d’abord vocation à servir d’engrais à un sylviculteur. Et l’âme humaine encore moins vocation à renaître dans un arbre, lequel serait par la suite prié de pomper prioritairement nos émissions polluantes de CO2 ! Offrez si vous voulez votre pauvre dépouille à la putréfaction par compostage, puis servez de pompe aspirante et récupératrice de gaz à effet de serre si cela vous chante. Mais tout ceci est à la fois grotesque et naïf : ce n’est pas en se faisant “humusé” par centaines de milliers que les hommes de notre temps sauveront la planète de la destruction qu’ils ont pourtant eux-mêmes programmé.
      Le début d’un commencement de solution consisterait plutôt en une rechristianisation profonde de notre société. Car l’idée saine d’une vraie sauvegarde de la création ne peut évidemment découler que des seules conceptions traditionnelles. Bien sur on n’en est loin. Et pour cause, le dieu Mammon et ses sectateurs n’y ont nullement intérêt. Le reportage fait l’impasse sur ces questions (forcément) pour privilégier (on s’en serait douté), le “combat” d’un gentil grand-père parti en guerre contre l’administration pour faire valoir son droit à la décomposition dans un tas de compost !?
      Autre foutage de gueule : le reportage qui commençait niaisement par nous venter les bienfaits de l’humusation telle que voulu par le “gentil grand-père” auprès de ses enfants, s’achève en nous faisant savoir que la chose n’est malheureusement pas possible en Belgique. Doit-on s’en plaindre ? NON.
      Sérieusement, quel est l’intérêt de ce soi-disant reportage ? Toujours le même : Influencer les esprits dans un sens bien déterminé. Quitte à mentir. Alors que la pratique est en réalité inconnu du grand public, en Belgique comme ailleurs, le reportage nous annonce que bienheureusement “les mentalités sont en train de changer”. Comment est-ce possible ? C’est que ce même reportage est d’abord conçu pour changer les fameuses mentalités qui ne changeraient pas. Comme toujours dans ces cas-là nos maîtres à penser sont tellement trop pressés d’avoir raison. Ailleurs on appellerai ça encore de la mauvaise foi soviétique. Chez d’autres, on dirait simplement mettre la charrue avant les bœufs. Chez moi on appelle ça prendre les gens pour des cons !

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