Saints bretons à découvrir

« Redonnons toute sa place à la langue bretonne dans la liturgie » (Mgr Moutel)

Amzer-lenn / Temps de lecture : 4 min

Mgr Moutel - Synode 2017Entre 4500 et 5000 personnes se sont retrouvées ce dimanche de Pentecôte à Brézillet, Saint-Brieuc, pour une messe solennelle qui concluait le synode diocésain enclenché par Mgr Denis Moutel en 2015 de manière à redéfinir les priorités pastorales dans les conditions actuelles. Deux années durant lesquelles les paroissiens, mais aussi d’autres personnes plus éloignées de l’Eglise catholique, ont donné leurs avis permettant de synthétiser 36 propositions et orientations.

Nous revenons ici sur cette journée qui logistiquement et spirituellement a été bien préparée. Dans les jours qui viennent, nous commenterons sur ce blog les orientations diocésaines.

La messe

Célébrer des messes dans des parcs d’exposition n’est jamais chose aisée car le sacré peut aisément se perdre dans un événementiel émotionnel n’ayant que peu à voir avec le Saint Sacrifice de la messe. Excepté un panneau multicolore frappé du slogan du synode (mais avait certainement vocation à combler un certain vide d’un si grand espace) et un autel qui aurait mérité de recevoir au minimum une croix et des chandeliers assortis, la liturgie a été soignée, même si certains ajustements seraient à faire.

Les chants étaient accompagnés par un orchestre d’harmonie et par la Maîtrise de Saint-Brieuc, dirigée par Goulven Airault. Une signature aisément reconnaissable dans ses compositions, et une direction tout aussi efficace sur d’autres répertoires. Les chants étaient en français (avec un très beau Gloria de Guillou en polyphonie), en latin (avec un Credo III et l’Incarnatus est de Josquin Des Prés, ce qui est plutôt rare sur ce type de rassemblement), mais aussi en breton avec un « Spered santel, spered a sklerijenn » en polyphonie ou encore un psaume dont le refrain était en français et la psalmodie en breton. Mgr Moutel, rappelant que « les pardons des moments importants pour l’évangélisation » et confirmant la nécessité de soutenir ceux qui s’investissent dans les pardons, a d’ailleurs souligné dans le document distribué en fin de journée reprenant les actes du synode, qu’il souhaitait « que l’on continue les efforts entrepris pour donner toute sa place à la langue bretonne dans la liturgie et l’expression de notre foi ». (p8)

Certainement, la liturgie de cette journée de Pentecôte n’aura pas manqué de porter l’assemblée dans une certaine ferveur.

Petit détail qui en aura peut-être étonné quelques-uns : la prière universelle a été dite par un diacre. La PGMR (Présentation Générale du Missel Romain) dit au paragraphe 71 que la prière universelle est lue par le diacre, un chantre, un lecteur ou un autre fidèle laïc. Il est aussi écrit au numéro 94 : « Après le prêtre, le diacre, en vertu de l’ordination sacrée, occupe la première place parmi ceux qui exerce un ministère dans la célébration eucharistique. Depuis le temps mémorable des Apôtres, en effet, l’Ordre sacré du diaconat a été un grand honneur dans l’Eglise. Dans la messe, le diacre a son rôle propre : il annonce l’Evangile et parfois il prêche la parole de Dieu, il dit les intentions de la prière universelle, il seconde le prêtre en préparant l’autel et en accomplissant son service dans la célébration du sacrifice, il distribue aux fidèles l’Eucharistie, surtout sous l’espèce du vin, et il indique parfois aux peuples les gestes et attitudes à adopter« . Il faut savoir que la prière universelle est souvent tenue comme le prototype de la prière diaconale. En effet, le diacre, chargé de « nouer ensemble la parole, la charité et la liturgie » et ayant connaissance des besoins de l’assemblée, exprime à Dieu et à l’assemblée les intentions de prière au nom même de cette assemblée. La prière universelle est le lieu liturgique le mieux adapté pour traduire cette prière.

L’après-midi

Après plusieurs intermèdes de différents groupes et communautés du diocèse, un jeu scénique de qualité a été assuré par de nombreuses personnes. Une expression à la mise en scène très contemporaine, portée par un bon texte et une très bonne bande musicale et qui, malgré la sobriété du décor a été capable de générer dans le public un sentiment d’émotion et de questionnement. De très beaux talents ont été révélés, comme cette petite soliste débutant le jeu scénique.

S’en est suivie la promulgation des lois synodales et des décrets par Mgr Moutel, en présence de 9 évêques, de Bretagne, de Normandie ou du Bénin. Ces actes synodaux comportent des éléments intéressants sur lesquels nous pourrons nous attarder, d’autant que plusieurs pistes indiquées sont récurrentes dans les publications d’Ar Gedour et dans les commentaires des lecteurs. Elles correspondent aussi aux intuitions de diocèses voisins ou encore de l’Oeuvre de St Joseph, très attentive à ces questions.

Le Diocèse de Saint-Brieuc & Tréguier a mis en ligne les vidéos des différents moments de cette journée, que vous pouvez retrouver via ce lien, avec les actes du synode, qui seront commentés sur Ar Gedour.

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