De l’Armor à l’Argoat, au coeur des chapelles de granit et sous les voûtes chantantes de nos églises paroissiales, la langue bretonne a longtemps porté la prière du peuple. Aujourd’hui encore, alors que le français est la langue dominante du culte, célébrer les sacrements en breton n’est pas seulement un choix linguistique : c’est une manière profondément enracinée de parler à Dieu … et de L’écouter.
Une langue de l’âme et du cœur
La langue bretonne possède une capacité unique à dire l’intime, l’émotion et la foi vécue au quotidien. Là où le français peut sembler abstrait ou théologique à ceux qui vivent la langue au quotidien ou parfois à ceux qui en sont plus éloignés mais vibrent à cette langue de coeur, le breton entre dans la proximité.
C’est pourquoi, lorsque des personnes viennent demander de recevoir les sacrements de baptême, confirmation, eucharistie, mariage, sacrement des malades…, ces derniers prennent une coloration particulière lorsqu’ils sont vécus en breton. Car pour eux, le langage y est charnel, enraciné dans la terre et dans les gestes simples de la vie. Il ne parle pas sur Dieu : il parle avec Lui.
Une mémoire vivante de la foi
Même si nous avons de très grands auteurs bretons qui n’ont rien à envier à d’autres, le breton est une langue de tradition orale. Ce n’est pas anodin. Lorsque les fidèles disent le Pater en breton, ce n’est pas seulement une récitation, c’est une mémoire communautaire qui se transmet de génération en génération : “Hon Tad a zo en neañv…” Ce souffle ancestral qui traverse les siècles donne aux sacrements une dimension de continuité, comme si chaque geste sacramentel s’inscrivait dans une grande chaîne ininterrompue de prière. Une communion des saints en quelque sorte…
Il y a aussi, dans les cantiques bretons chantés lors des offices, lors des pardons qui ont par chance laissé pour beaucoup la place au répertoire traditionnel, une poésie qui touche au mystère même de la foi. Le breton ne cherche pas toujours à expliquer : il laisse place au silence, à la contemplation. Ce qui est sacré ne se domine pas ; il se vit, humblement.
Parler breton à Dieu : un acte de foi et de culture
Choisir de vivre les sacrements en breton aujourd’hui, c’est aussi poser un acte de résistance culturelle, mais pas dans un esprit de fermeture. C’est dire : notre foi a un accent, notre spiritualité a des racines, et ces racines ne demandent qu’à porter du fruit.
Dans certains diocèses de Bretagne, des prêtres et diacres continuent à proposer des célébrations bilingues, ou intégralement en breton. Les fidèles y répondent souvent avec émotion : ce n’est pas un simple retour au passé, mais une manière de dire que la langue de leurs grands-parents a encore quelque chose à dire de Dieu. Et peut-être même, quelque chose que le français ne dit pas tout à fait de la même manière. Vivre les sacrements en breton, c’est laisser la langue de l’enfance, de la terre et des anciens prendre place dans le dialogue d’aujourd’hui avec le divin. C’est offrir à Dieu les mots les plus authentiques de notre cœur. C’est dire à Dieu qu’on l’aime, dans cette langue qui nous est si chère, permettant de se donner tout à lui, de tout notre coeur.
Et c’est, peut-être, dans ce murmure breton à l’oreille de Dieu, que se révèle une foi simple, forte, et belle comme un cantique au lever du jour du côté de Landévennec ou de Penboch, du Folgoët à Sainte Anne d’Auray.
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne




Très bien.
Mais je crois qu’il y a plusieurs traductions disponibles.
Celle de Quimper-et-Léon a reçu l’imprimatur en étant traduite du français. Et est écrite en falc’huneg, pur archaïsme.
Et celle de Penkermin, traduite de l’hébreu et du grec. Mais pas du texte latin faisant foi.
Aucune des deux est une traduction de la Vulgata, il me semble.
Quant aux textes utilisés lors du pèlerinage Feiz e Breizh, ils relèvent de traductions non reconnues.
Eclairez-nous !
Un testenn brav, skrivet gant ar galon hag ir spered don
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