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120 millions d’euros par an pour la politique culturelle et linguistique bretonne ?

Non… il ne s’agit pas d’un poisson d’avril avec un peu d’avance. Mais de ce que pourrait générer une prise de conscience de la part des bretons. En ce mois de mars propulsé comme le mois du breton, miz ar brezhoneg, voici l’occasion de nous poser quelques questions.

Nous avons déjà eu l’opportunité de parler sur Ar Gedour de l’absence d’une véritable élite bretonne. De nombreuses initiatives existent mais très peu dans une sorte de consensus a-politique permettant de transcender les mouvements et les territoires, mais aussi de former des cadres, et d’influer une dynamique efficace transpirant sur le peuple breton, pénétrant chaque strate de la société bretonne comme lentement la pluie imprègne le granit de Bretagne. Mais cette absence est peut-être aussi un manque de motivation de la part des Bretons eux-mêmes.

Il y a quelques jours, nous discutions à plusieurs d’un domaine particulier qui permettrait une certaine impulsion. L’argent à destination d’une politique culturelle et linguistique forte vient à manquer et plus les mois passent, plus les attributions se raréfient, obligeant les associations et structures diverses à trouver d’autres moyens de subsistance et de développement. Ce qui en soit n’est pas un mal, l’Etat-providence étant parfois un assistanat bien confortable.

Cependant, pour ce qui est d’une politique culturelle et linguistique, la question doit se poser autrement, et si les Bretons ont tendance à se chamailler, il est certain que tout le monde pourrait se retrouver autour d’un consensus, permettant de sortir un élément important et le nerf de la guerre : l’argent.

Une obole volontaire pour la Bretagne ?

S’il est nécessaire de donner selon nos capacités aux associations locales qui travaillent d’arrache-pied et qui ne peuvent avancer sans l’aide apportée par des dons, imaginons toutefois que chaque breton d’Armorique ou de la diaspora, attaché à sa culture, attaché à la Bretagne, puisse – volontairement reverser chaque mois, sur un compte dédié mis en place par exemple par l’OPLB, une somme représentant moins d’un paquet de cigarette ou d’une pinte (5€ ?), en étant assuré que cette somme irait au développement de la langue, d’une chaîne de télévision spécifique, de formation de cadres qui eux-mêmes seraient ensuite sur le terrain, d’actions inédites, de soutien aux écoles bilingues et immersives…  sans attendre une obole venant d’ailleurs.

La population bretonne étant de plus de 3 millions de personnes en 2014, si on estime à 1 million (oui… c’est quelque peu présomptueux !) le nombre de personnes pour qui la Bretagne n’est pas seulement un territoire sur lequel il vit mais bien plus, auquel on rajouterait 1 million de bretons de la diaspora, cela ferait 120 millions d’euros chaque année. Rien que ça !!! Pensez bien qu’avec une telle somme, la dynamique culturelle s’en trouverait nécessairement impactée, le budget actuel, sauf erreur de notre part, avoisinant le million d’euros annuel. Et même s’il n’y avait que la moitié de cela, ou même le quart, le trésor serait conséquent.

Il ne suffit pas d’agiter un gwenn-ha-du quand on est à l’étranger ou lors des matches. Il ne s’agit pas seulement de chanter le Bro Gozh à la fin d’un concert ou d’une manifestation. Il s’agit de comprendre la Bretagne et ce qu’elle est pour nous.

Mais sans le nerf de la guerre qu’est l’argent, il n’est pas aisé d’avancer. Encore récemment, des responsables associatifs bretons me confiaient les difficultés des écoles bilingues et immersives, qui mettent en péril l’éducation en breton de nos enfants et de la langue bretonne elle-même. Or ces difficultés peuvent être surmontées, pour peu que chacun se sente concerné et se comporte non en cigale qui tout l’été chante et danse, mais en fourmi qui travaille avec acharnement à structurer un avenir.

Ce sont les ruisseaux qui font les fleuves. Encore faut-il que les Bretons dépassent certains clivages et prennent conscience qu’il est de leur intérêt de contribuer à l’avenir de la Bretagne, sans se laisser porter par la déferlante emportant peu à peu ce qui reste de notre culture dans un magma informe.

Certains le font déjà, mais si chaque breton s’y mettait, ce n’est plus un rêve mais une réalité qui se déploierait sous nos yeux.

En attendant, je clique ici pour aider Ar Gedour

 

À propos du rédacteur Tudwal Ar Gov

Bretonnant convaincu, Tudwal Ar Gov propose régulièrement des billets culturels (et pas seulement !), certes courts mais sans langue de buis.

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