Dans le bourg de Jugon-les-Lacs, dans les Côtes-d’Armor, l’église domine encore la place, fidèle au cœur du village. Autour d’elle, les vieilles pierres du cimetière témoignent d’un temps où les morts faisaient partie du paysage quotidien. Mais plus pour longtemps : une décision municipale, prise en 2022, prévoit la fermeture du cimetière paroissial. D’ici 2027, toutes les tombes devront être transférées vers le nouveau cimetière, à quelques centaines de mètres, sur la route de Saint-Igneuc.
Pour certains habitants, cette décision passe mal. « On ne reviendra pas en arrière, le cimetière est fermé », assure le premier adjoint au maire, Jean-Charles Orveillon. Mais derrière cette affirmation administrative, une émotion sourde parcourt le village. Ici, comme dans bien d’autres communes, on ne parle pas seulement de logistique funéraire : on touche à quelque chose de plus intime, presque sacré.
Un lieu de mémoire au cœur de la vie
Le cimetière autour de l’église, c’était plus qu’un simple alignement de tombes. C’était le cœur battant d’une communauté. On passait devant les noms familiers en allant à la messe, on saluait au détour d’un mur un grand-père, une tante, un voisin disparu. Les morts étaient là, mêlés à la vie quotidienne, rappelant à chacun la continuité du temps, la fragilité de la chair et la fidélité des vivants.
Cette proximité disait quelque chose de profond : ce que les chrétiens appellent la communion des saints, cette solidarité invisible entre les vivants et les morts, un lien que ni la tombe ni le temps ne rompent.
Une longue histoire d’éloignement
Ce mouvement de mise à distance ne date pas d’hier. Dès le XVIIIᵉ siècle, les premières autorités civiles s’inquiètent des risques sanitaires liés aux cimetières paroissiaux.
En 1765 déjà, le Parlement de Paris interdit les inhumations dans les églises et recommande de transférer les cimetières hors des bourgs. En 1776, un arrêt du Conseil du roi Louis XVI reprend cette idée : les morts doivent désormais reposer « hors des villes et villages ».
Mais dans les campagnes, ces textes restent lettre morte. Par attachement, par foi ou par simple habitude, on continue d’inhumer ses morts autour du clocher. Ce n’est qu’avec le décret impérial de 1804, sous Napoléon, que la règle devient obligatoire : plus aucun cimetière ne doit se trouver dans l’enceinte des villes. Là encore, les pratiques ont mis des décennies à suivre. Dans de nombreux bourgs bretons, les anciens cimetières paroissiaux ont survécu jusqu’au XXᵉ siècle, vestiges d’un autre rapport à la mort, plus proche, plus incarné, plus familier peut-être.
Les morts à l’écart, les vivants à distance
Mais notre époque n’aime plus cette promiscuité. Par hygiène, par urbanisme ou par simple gêne, on déplace les morts loin du bourg, dans des espaces paysagers, anonymes, souvent inaccessibles à pied. On parle d’« aménagement rationnel », de « sécurité », de « tranquillité publique ». Des mots froids pour masquer une réalité : nous ne voulons plus voir la mort.
De la même manière, nous éloignons aussi les personnes âgées. Elles partent dans des maisons de retraite, parfois à des dizaines de kilomètres, pour ne plus troubler le rythme des actifs. La vieillesse et la mort ont en commun d’avoir été exilées. Comme autrefois on confinait les lépreux aux confins des villes, nous parquons aujourd’hui les dernières étapes de la vie hors de nos regards. La mort est trop « trash » pour qu’elle fasse partie de nos vies. Et finalement, que vaut un dégât des os face à un urbanisme tendance ?
Une société sans adieux
En déplaçant les morts, nous croyons peut-être alléger les vivants. En vérité, nous nous coupons d’une part essentielle de nous-mêmes. Car le cimetière autour de l’église rappelait que la vie est un passage, que chaque génération s’enracine dans une autre. En le supprimant, on déracine aussi la mémoire collective. L’église, désormais, se retrouve seule, orpheline de son cortège de pierres.
La mort, dans nos sociétés lissées, semble devenue une honte discrète. On la cache, on la délègue, on la fait oublier. Pourtant, c’est souvent dans ce face-à-face silencieux avec les tombes que l’on mesure la valeur d’une existence, la continuité d’une histoire, le simple fait d’appartenir à un lieu, à une lignée. À une communauté. À un village comme Jugon-les-Lacs.
Le cimetière, dernier lien commun
À Jugon-les-Lacs, les morts – à qui on avait souhaité de reposer en paix – vont donc être priés de partir. Mais à travers ce déplacement, c’est tout un rapport au monde qui se déplace avec eux. Autrefois, les morts gardaient les vivants ; désormais, ils deviennent une question d’urbanisme.
On pourra toujours dire que ce n’est qu’un détail, un choix pratique. Mais il y a des décisions locales qui racontent beaucoup plus qu’un plan cadastral : elles racontent la manière dont une société se pense elle-même … ou préfère ne plus penser du tout à ce qui la fonde.
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne
Il est inacceptable d’envisager la destruction du cimetière attenant à une église inscrite aux monuments historiques. Ce cimetière ne peut être considéré comme un simple espace disponible : il constitue un élément patrimonial à part entière, intimement lié à l’édifice religieux. Leur association forme un ensemble cohérent, tant sur le plan historique qu’architectural. Supprimer cet élément reviendrait à porter une atteinte grave à l’intégrité du site protégé. D’un point de vue juridique, la loi est claire : l’article L621-30 du Code du patrimoine impose que toute intervention dans le champ de visibilité d’un monument inscrit soit soumise à l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France. Le cimetière, accolé à l’église, entre pleinement dans ce périmètre protégé. Une telle opération ne peut donc pas être menée librement, encore moins dans la précipitation ou sans concertation.
Au-delà des aspects réglementaires, c’est une question de respect fondamental : respect du patrimoine, respect des morts, respect de la mémoire locale. Raser ce cimetière reviendrait à effacer une part essentielle de l’histoire collective au profit d’intérêts à courte vue. Ce projet ne peut ni moralement, ni légalement, être mené à bien sans provoquer une opposition légitime et déterminée.
Petite note adressée à la municipalité de Jugon-les-Lacs : Lorsqu’on parle de périmètre protégé autour d’un monument historique, il ne s’agit pas d’une simple formalité, mais d’une obligation légale stricte destinée à préserver l’intégrité visuelle et patrimoniale d’un site classé ou inscrit. Ce que cela implique :
Aucune construction, rénovation, destruction ou aménagement ne peut être entrepris dans ce périmètre (généralement 500 mètres) sans autorisation préalable.
Tout projet est soumis à l’avis conforme de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF), dont l’objectif est clair : empêcher toute atteinte au caractère historique du monument ou à son environnement immédiat.
Le respect du patrimoine prime sur les intérêts individuels ou commerciaux.
En clair : aucune liberté totale d’aménager, construire ou transformer sans contrôle. Ce périmètre existe pour protéger, non pour négocier. Cette municipalité est complètement à côté de la plaque !!!!
Cette fois, la loi est du bon côté. Effectivement, cette église est monument historique depuis le 19 mars 1926. Il existe donc un périmètre protégé autour de cet édifice. Normalement il n’en faut pas plus pour mettre un stop au vandalisme municipal ! C’est le rôle de la DRAC de Bretagne d’intervenir. Comment se fait-il que personne ne les ait déjà prévenus ? Voilà longtemps qu’ils auraient discrètement tiré le rideau sur cette comédie absurde, avec toute la fermeté requise !
Voici un court texte d’appel à la mobilisation, clair et direct, que vous pouvez diffuser localement (tract, message sur les réseaux, courrier aux habitants ou aux élus, etc.) :
« Mobilisons-nous pour empêcher la destruction du cimetière attenant à l’église inscrite aux Monuments historiques. Ce projet constitue une atteinte grave au patrimoine local et à la mémoire collective. Il ne peut être engagé sans l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF), chargé de veiller à la protection de ce site. Nous appelons chacun — habitants, élus, associations, citoyens attachés à notre histoire — à interpeller l’ABF et à demander la suspension immédiate de tout projet de démolition. »
Écrivons, faisons entendre notre voix, exigeons maintenant le respect du droit et du patrimoine.
« On ne reviendra pas en arrière, le cimetière est fermé » . Les décisions prises par un conseil municipal ont aussi leurs limites : celles fixées par la loi. Et cette décision est illégale ! En détruisant ce cimetière, on porte atteinte à l’intégrité visuelle et patrimoniale d’un site inscrit aux Monuments Historiques. Il serait juste un peu difficile de prétendre le contraire je crois !
Franchement, c’est à n’y rien comprendre. Pourquoi vouloir détruire ce cimetière maintenant ? Y a urgence, là ? Urgence de quoi ? Y a une épidémie de tombes ? C’est pas comme si on manquait de chantiers inutiles ailleurs.. Ce lieu ne leur appartient pas à eux seuls, c’est une part de notre histoire, de notre mémoire. Et ça, on est censés le protéger, pas l’effacer.
Au lieu de s’en débarrasser, la mairie devrait plutôt être fière d’avoir encore un ensemble patrimonial cohérent : Enclos paroissial, église classée, calvaire, cimetière, etc… C’est rare aujourd’hui ! Et leur soi-disant « transfert », c’est une blague. À peine quelques tombes seront bougées. Les autres — les plus vieilles, les plus précieuses — elles vont juste être détruites, en douce, comme si de rien n’était.
On a déjà vu ce genre de conneries dans d’autres communes bretonnes, entre les deux guerres. Et voilà qu’on remet ça. Un siècle plus tard, une mairie « bretonne » qui flingue son propre patrimoine pour coller au modèle général. Pitoyable. Y en a toujours pour finir le boulot que le temps n’a pas réussi à faire : détruire ce qu’on a de plus précieux. Pathétique.
Bien heureusement, la commune de Jugon-Les-Lacs fait partie des Petites cités de caractère de Bretagne et des Villages étapes ! Ce fait n’est pas précisé dans l’article précédent. Peut-être serait-il opportun ici d’expliquer de quoi il s’agit :
Wikipédia nous apprend que « L’association Petites Cités de caractère de France décerne la distinction « Petites Cités de caractère », une marque protégée créée en Bretagne en 1976 par Jean-Bernard Vighetti, un professeur breton de géographie, effaré par le délabrement de certains édifices dans des localités pourtant historiques et charmantes.
Cette distinction nationale « vise à mettre en valeur l’authenticité et la diversité du patrimoine de certaines petites communes (moins de 6 000 habitants) dotées d’un bâti architectural de qualité et cohérent. Son but est d’accompagner les communes désirant concilier leur projet de développement et la gestion de leur héritage patrimonial, et de valoriser ces communes auprès du public.
Dans une ville labellisée « Petite Cité de Caractère », la priorité absolue est donnée à la préservation intégrale du patrimoine : on ne détruit rien, on restaure tout, on valorise et on transmet. Concrètement :
1) Interdiction de démolir le bâti ancien : Les constructions historiques, même modestes ou en mauvais état, ne peuvent être supprimées. Elles doivent être conservées et réhabilitées, jamais remplacées.
2) Restauration, pas transformation : Toute intervention doit respecter l’existant. Les matériaux d’origine, les volumes, les façades doivent être conservés ou reproduits à l’identique. Il ne s’agit pas de moderniser, mais de protéger l’âme des lieux.
3) Aucune rupture avec le passé : Que ce soit pour le mobilier urbain, les vitrines commerciales ou les aménagements extérieurs, rien ne doit venir heurter l’harmonie patrimoniale. L’histoire de la ville doit rester lisible partout.
4) Contrôle strict des travaux : Tout projet est soumis à l’Architecte des Bâtiments de France, qui veille à ce que rien ne soit détruit ou altéré, même partiellement.
Être une « Petite Cité de Caractère », c’est faire le choix clair de ne rien effacer du passé, mais au contraire de tout faire pour le préserver dans sa totalité, avec exigence et respect.
Et si vous ne me croyiez pas, n’hésitez pas à demander à la DRAC de Bretagne.
Deux arguments en béton armé (ou plutôt en carton-pâte) sont brandis pour justifier la destruction express de l’ancien cimetière : l’insécurité pour les personnes à mobilité réduite, et (attention, sortez les bottes) la zone inondable. On parle quand même d’un édifice du XIVème siècle, mais visiblement, la prescription patrimoniale s’arrête là où commence la pelleteuse. Quant à la fameuse « zone inondable », il faudra être cohérents jusqu’au bout : pourquoi s’arrêter au vieux cimetière ? Rasons l’église et le village attenant tant qu’on y est, et reconstruisons-les sur une colline voisine, avec vue sur le bon sens.
Bref, ces deux prétextes grossiers sont agités comme des épouvantails pour faire peur aux récalcitrants. Et là, on atteint des sommets de novlangue : on ne détruit pas, on « transfère » ou on « transporte ». C’est joli comme tout. Sauf que dans la vraie vie, ça veut dire : on rase, on balance les pierres, et tant pis pour les tombes. Oui, la majorité sera tout simplement détruite. Traduction non-officielle, mais honnête.
Personne n’est dupe, et d’ailleurs, la mairie ne s’embarrasse plus de faux-semblants : « Les restes mortels seront exhumés, transportés dans ce cimetière et réinhumés à la charge de la commune. En revanche, la commune n’est pas tenue de procéder au transfert des monuments funéraires, ni à leur démolition, ni à la construction de caveaux. Ces frais restent à la charge des familles. » Autrement dit : on déterre Mamie, on la redépose vite fait ailleurs, et pour la stèle, la croix, ou les souvenirs… débrouillez-vous avec la déchetterie.
Sauf que bon nombre de ces tombes, bien que peu visitées, ont une valeur patrimoniale incontestable. Mais bon, qui s’embarrasse encore de patrimoine ou de respect des morts, de nos jours ? Et le pompon ? C’est que la démocratie locale, dans toute sa splendeur participative, s’est jusqu’à présent illustrée par un silence radio admirable. Pétitions, réclamations, lettres ouvertes ? Classées sans suite. Faut dire, discuter avec les administrés, c’est tellement XXème siècle… Ah, et cerise sur le cercueil : on oublie un peu vite que les jolies subventions et les aides sonnantes et trébuchantes généreusement allouées aux Petites Cités de caractère, c’est pas un cadeau tombé du ciel. Non, non. C’est de l’argent public, c’est-à-dire nos impôts, messieurs les municipaux ! Donc avant de jouer les grands mécènes de la modernité destructrice, il serait peut-être bon de se souvenir que c’est le contribuable qui régale (y compris ceux à qui on ne laisse même pas le droit de parole).
Obtenir le label Petite Cité de Caractère, ce n’est pas juste pour faire joli sur les panneaux à l’entrée du bourg. Non, c’est aussi un excellent moyen de taper à la bonne porte pour des subventions. Restaurer le patrimoine, embellir la voirie, attirer les touristes ? Pas de problème, l’État, les Régions ou les Départements sont souvent beaucoup plus disposés à sortir le carnet de chèques quand la commune est estampillée « de caractère ». Pourtant, l’argent ne tombe pas du ciel : il faut encore monter des dossiers et cocher les bonnes cases. Mais disons que le label aide sacrément à décoincer les cordons de la bourse publique. En résumé : avoir du caractère, ça peut aussi rapporter ! À bon entendeur, salut.
Je n’imaginais pas que la fusion des communes puisse mener étrangement à la fusion des cimetières !!! ….
Concernant la commune incriminée, soyons clair : Les regroupements et fusions de communes ne servent plus seulement à gommer l’identité culturelle et chrétienne de la Bretagne historique (en effaçant ses noms de lieux chargés de sens et d’histoire), ils participent aussi à la destruction accélérée de notre patrimoine collectif. Aujourd’hui, le vandalisme ne vient plus seulement d’en haut : il se fait aussi par le bas, à travers des décisions locales qui, sous couvert de modernité, piétinent notre mémoire commune.
Au final, cette mécanique bien huilée mène tout droit à une véritable politique de la table rase : on efface les noms, on dilue les identités locales, on banalise les lieux, et on détruit peu à peu tout ce qui faisait la richesse historique, culturelle et spirituelle de nos territoires. Derrière les discours technocratiques sur la simplification administrative ou le progrès, c’est un déracinement profond qui est à l’œuvre, au mépris des administrés eux-mêmes.
L’enclos paroissial breton, c’est bien plus qu’un simple regroupement de bâtiments. C’est un tout, un ensemble pensé comme un espace sacré où chaque élément (l’église, le calvaire, l’ossuaire, les stèles, le cimetière, le portail, la fontaine, etc… ) joue un rôle essentiell. On ne peut pas les dissocier sans en briser l’harmonie profonde. En particulier, le cimetière n’est pas un ajout secondaire ou gênant : il est au cœur du lieu, aussi nécessaire que l’église elle-même. En retirer les tombes reviendrait à vider l’enclos de son sens, car ici, vivants et morts cohabitent dans un même espace spirituel.
Ce lien entre les mondes, la Bretagne l’a toujours porté en elle, héritage direct des croyances celtiques qui voyaient la mort non comme une fin, mais comme un passage. C’est en intégrant cette vision dans la tradition chrétienne que la nation bretonne a su créer un modèle unique, profondément breton, qui donnera naissance à des enclos paroissiaux parmi les plus beaux d’Europe. Un équilibre entre art, foi et mémoire collective, gravé dans la pierre de nos villages.
Jugon-les-Lacs (?). De toute façon cette appellation est totalement illégitime. Ce qui existe c’est trois localités qui répondent aux noms de (Saint-)Jugon, Lescouet-Jugon et Saint-Igneuc. Deuxièmement, Jugon est un hagionyme. De qui s’agit-il ? : Saint Jugon naquit à la fin du XIIIème siècle, au village d’Haudéart, à Carentoir (56). Il était le fils d’une veuve et se destinait à la prêtrise. On lui prêtait la faculté de chasser les loups et de guérir les malades. Il mourut accidentellement d »un coup de bêche donné par son oncle en jardinant, alors qu’il n’avait pas encore seize ans. Jugon fut inhumé dans le cimetière du village, mais le défunt manifesta son mécontentement en sortant sa main de terre et pointant l’index vers le ciel. Son corps fut alors déposé sur une charrette tirée par deux bœufs, lesquels cheminèrent librement jusqu’à l’actuel emplacement de la chapelle Saint-Jugon à La Gacilly (56), où le saint fut inhumé. Saint Jugon est toujours invoqué pour guérir les fièvres et les maux de tête, pour se préserver de la peur, pour protéger les moissons et guérir les animaux malades, pour faire tomber la pluie, etc… (livre des saints bretons).
Justement, je proposerai pour ma part quleque chose de plus ambitieux à la mairie de (Saint-)Jugon : Restaurer les tombes qui en ont le plus besoin dans un premier temps, avant de reconstruire l’ancien ossuaire autrefois placé entre l’église et le cimetière. Ce projet de reconstruction permettrait de redonner à cet endroit une véritable cohérence, en respectant l’harmonie entre les différents éléments du site. L’ossuaire, autrefois bien intégré au sein de l’espace sacré, faisait partie du tout. L’église, le cimetière et l’ossuaire formaient une unité à la fois spirituelle et symbolique, un ensemble où chaque partie avait sa place et jouait son rôle. Aussi, la reconstruction de cet ossuaire serait un moyen de retrouver cette unité perdue et de redonner à cet espace la signification spirituelle qu’il avait autrefois. Ce n’est pas simplement une question de réparation ou de restitution de bâtiments, mais bien de rétablir une certaine harmonie entre les différents parties du site.
Le cimetière est un lien entre les vivants et les morts , à l’issue des messes dominicales chacun se rendait sur un sépulture pour y prier et parler et se souvenir de ses défunts …
Mais souvenons du caractère poétique de ces sociétés chrétiennes lorsque le soir les enfants s’en revenaient de l’école sur le chemin proche de l’enclos où reposent les morts autour d l’église sous le doux soleil du printemps et entendaient la cloche de la paroisse égrenée les heures du retour au foyer familial , rappelant à chacun le temps qui appartient à Dieu … De la lourde porte forgée grinçante du cimetière et ses murs qui abritent la vie , un lézard qui court , des fougères naines dans les anfractuosités ou encore de fourmis affairées à leur tâche sous le soleil chauffant appelant l’été qui vient .
Le monument aux morts au soldats Bretons ces héros tombés dans les lointaines plaines de France sacrifiés pour une guerre meurtrière dans la fleur de l’âge ; pourquoi et pour qui ? Ce monument adossé à l’église dont les noms figurent sur la plaque de marbre depuis plus de 120 années , eux aussi devront-ils être exilés comme leur famille et parents hors du bourg où ils vécurent ?
Enlèverez -vous aussi nos noms de lieux , de nos hameaux de nos communes pour désigner la nouvelle communauté de communes d’un nom sans relief . Ici Beaussaine (22) , ici Evelys (56) , Evre (44) ect ….
Après notre langue le breton ou bien le gallo , langues de nos pères , vous voulez effacer notre mémoire collective comme les talus , nos fontaines et le bocage , nos arbres où la vie bruissait pour de bien mornes paysages .
Créant également des folies administratives aux mépris des réalités toutes humaines , où est « la Bretagne historique » vécue pendant plus de 15 siècle qui habite nos coeurs et que nous aimons ?
Désormais , nos cimetières doivent s ‘effacer du patrimoine cultuelle et culturelle d’une Bretagne martyrisée au nom de l’uniformisation et de la dénaturation .
Toucher à un cimetière, abîmer des tombes ou déranger les restes des défunts, franchement, ce n’est pas juste une connerie d’adolescent attardé, c’est une véritable infraction à la loi. Et pourtant, ça semble de plus en plus fréquent, comme si ça ne suffisait pas de rcracher sur la mémoire des gens. Ces lieux ne sont pas là pour être piétinés : nos cimetières sont des espaces consacrés, chargés d’histoire et de sens. Beaucoup de ceux qui y reposent ont choisi ce sol précisément, près de l’église où ils ont été baptisés, ont prié et vécu leur foi. Leur dernier souhait était de reposer ici,et pas ailleursn, ne vous en déplaise. Les déplacer de ce lieu, c’est les ignorer, les déraciner, c’est bafouer leur volonté. Et pour quoi s’il vous plaît ?
Mais, au-delà de la morale, il y a la loi. La profanation d’un cimetière, c’est une infraction grave selon le Code pénal (articles 225-17 et suivants). C’est-à-dire qu’en plus d’être des lieux de mémoire, nos cimetières sont aussi un patrimoine culturel et architectural protégé. Un cimetière, ce’ n’est pas juste un tas de pierres et de terre, c’est une part de notre histoire collective, une part d’une identité qui se transmet.
La Bretagne, par exemple, a toujours été une terre de grande spiritualité. C’est ici que les morts ont reçu le plus respect et qu’ils furent les mieux honorés à travers les siècles. Ce respect des défunts fait partie intégrante de l’identité bretonne et reflète une profonde tradition d’honneur et de dignité (Pensez aux enclos paroissiaux, auxs calvaires et autres tombes sculptées avec soin). bref, Pour un Breton, toucher à ces lieux sacrés, les profaner ou les détruire, c’est une insulte à sa terre, à sa culture et à son histoire. Il ne pourrait en aucun cas accepter une telle atteinte, car le respect dû aux morts est la base même de la dignité humaine et de la mémoire collective.
Bonjour,
Une pétition en ligne circule depuis septembre dernier et a recueilli plus de 250 signatures. N’hésitez pas à la relayer.
https://chng.it/6YsYzWZFWz
Cordialement
Il semble que le toponyme Jugon soit apparu dès le début du 12eme siècle dans l’expression Castrum Jugon, soit bien avant la naissance du Saint du même nom.