A propos du chant « Tes fils bretons morts pour la France ».

Amzer-lenn / Temps de lecture : 4 min
Illustration R. Le Honzec / Ar Gedour (DR)

Le saviez-vous ?

Un chant est régulièrement pris le 11 novembre lors des messes qui ponctuent les commémorations de l’armistice de la guerre 1914-1918 : « Tes fils bretons morts pour la France ». Ce chant (dont vous pouvez trouver la partition sur ce lien) est devenu un « traditionnel » des commémorations en Bretagne, et il n’est pas rare qu’on nous en demande la partition.

Le cantique original, comme me l’a rappelé Jorj Belz il y a quelques années, s’appelle « Santez Anna o Mamm karet« , connu aussi sous le nom « Pedenn eid ar ré varù ér brezél (Prière pour ceux qui sont morts à la guerre) », dont vous pouvez trouver cette fois aussi la partition (en gwenedeg et en peurunvan) sur ce lien.

Il est évident qu’il a été composé pour les pèlerins se rendant au sanctuaire de Sainte Anne d’Auray pour faire mémoire des bretons tombés au front. Le mémorial de la Grande Guerre y a été édifié de 1922 à 1932 par les cinq diocèses de Bretagne pour garder le souvenir des « 240 000 Bretons victimes de la Première Guerre mondiale ». Le feuillet volant sur lequel se trouve le cantique en breton indique la date d’imprimatur du 7 février 1931 de la part du vicaire général Augustin Guillevic, soit quelques mois avant la livraison du chantier du mémorial, le 24 juillet 1932. La version française porte aussi l’imprimatur du même vicaire général.

Les paroles d’origines se trouvent en fin de cet article. Les paroles françaises, dont vous retrouvez 3 strophes ci-dessous, sont de Jean Jouan :

Tes fils bretons morts pour la France
ont espéré, Sainte-Anne, en toi.
Accorde leur la récompense
de leur amour et de leur foi.

Là-bas, bien loin de l’Armorique
tombèrent ceux que nous pleurons,
ceux dont la mort du héroïque
et nous rend fiers d’être bretons.

Ils ont offert le sacrifice
de leur jeunesse en pleine fleur,
pour qu’à nouveau chez nous surgisse,
avec la paix, le vrai bonheur

 

L’air du refrain n’est pas sans rappeler le Jezuz Krouedur, mais ce dernier est lui-même basé sur Gwerz ar c’hakous (la gwerz du lépreux), chanson issue du Barzaz Breizh.

 

Santéz Anna, o Mamm karet

 D’or soudarded marù ér brezél,

 Er baradouiz reit, ni hou ped,

 Eurusted ha peah éternél.

 

 1-Deit om aman, perhinderion,

 Eid inourein mamm-gozh Jézus

 Ha d’or ré varù rein alézon,

 Alézon ur bedenn greduz.

 

 2-Pell azohom ind a varuas;

Er méz a Vreizh o-des o bé,

 Un toull én douar pé ér mor braz,

 Ha raksen éh om én dristé.

 

 3-Falhet int bet é kreiz o nerh,

Diskaret én o youankiz,

 Eid m’or behé bet àr o lerh,

Ar peah euruz hag ar frankiz

 

4-Er chapel-man, a Vreizh abeh,

an dud a zei é perhinded ;

Aman é vo pedet dalbéh

eid ineanoù or sudarded.

 

6-Santéz Anna, pe vo cherret

Doh traoù an douar on daoulagad

En néan groeit deom razh bous tolpet

Ged oll on tud hag aveid mad.

Ref : Sainte-Anne, mère Bien-aimée,

à nos soldats morts à la guerre,

donne au paradis, nous t’en supplions,

le bonheur et le paix éternelle.

 

1-Nous sommes venus ici, pèlerins,

pour honorer la grand-mère de Jésus,

et pour donner aux morts

l’aumône d’une prière fervente.

 

2-Loin de nous ils moururent ;

hors de Bretagne, ils ont leur tombe,

un trou en terre ou dans l’océan ,

ainsi nous sommes pleins de tristesse.

 

3-.Ils ont été fauchés en pleine force,

détruits en pleine jeunesse,

pour que nous ayons après eux

la paix heureuse et la liberté.

 

4-De toute la Bretagne, dans cette chapelle

les gens viendront en pèlerinage ;

ici, on priera toujours

pour les âmes de nos soldats.

 

6-Sainte Anne, lorsque nos yeux

se fermeront aux choses de ce monde

Fais qu’au ciel, nous soyons tous rassemblés

Avec nos parents et pour toujours

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À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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2 Commentaires

  1. 250 000 Bretons morts pour une guerre qui n’aurait pas dû être la leur car:
    – la Bretagne a été annexée par la France, en violation du traité international entre Louis XII et Anne de Bretagne.
    – l’ensemble des droits nationaux Bretons ont été bafoués , jusqu’à éradication de leur identité propre, de leur langue, leur faisant croire qu’ils étaient Français.
    – Massacres de masse sous Louis XIV, à la révolution, en 1870 et j’en passe…
    – Inculcation d’une germanophobie forte pour préparer la revanche sur la guerre de 1870, et ainsi leur faire croire que cette guerre était la leur.
    – Et pour couronner le tout, les Bretons furent mis en première ligne.
    Et, pour les remercier, on a accentué encore la débretonnisation de la Bretagne, en organisant un véritable génocide culturel.
    Une Bretagne forte et indépendante, neutre comme la Suisse, aurait permis à l’ensemble de la péninsule armoricaine de rester un havre de paix. La Bretagne doit donc à la France autant qu’à l’Allemagne ses centaines de milliers de morts. Alors, lorsque je vois le drapeau tricolore flotter pour commémorer les morts de cette guerre, c’est pour moi comme si un bourreau rendait hommage à ses victimes. Inculture, amnésie, ou hypocrisie totale….

  2. MORTS PAR LA FRANCE !

    Louis MELENNEC

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