Aux origines du christianisme en Gaule et en Bretagne : entre histoire et mémoire

Amzer-lenn / Temps de lecture : 11 min

Certains affirment avec force que la Gaule, et même la Bretagne, auraient été évangélisées dès le Ier siècle par des disciples directs des apôtres. Ces récits séduisent et circulent aujourd’hui encore, parfois relayés sans nuance par des influenceurs, invitant des internautes à se tourner vers nous pour avoir notre avis. Mais que disent réellement les sources ?
Entre histoire documentée et mémoire hagiographique, entre martyrs de Lyon, saints « précurseurs » du premier siècle et reconstructions carolingiennes, le christianisme des origines en France et, en ce qui nous concerne, en Bretagne, mérite une lecture critique, à la fois exigeante et passionnante, en prenant soin de tenir compte de ce qui relève du travail de l’historien et ce qui relève du reste.

Lyon, un foyer chrétien bien attesté

Plusieurs raisons sur lesquelles nous reviendrons ultérieurement expliquent que la Gaule ait été évangélisée plus tardivement que d’autres endroits du monde connu d’alors. L’histoire du christianisme en Gaule commence notamment à Lyon. Capitale des Gaules et métropole romaine, Lugdunum est ainsi le premier lieu où l’on peut attester l’existence d’une communauté chrétienne organisée et documentée. En 177, une violente persécution éclate sous Marc Aurèle : le vieil évêque Pothin meurt en prison, tandis que la jeune Blandine est suppliciée dans l’amphithéâtre. Son successeur, Irénée, deviendra l’un des grands penseurs chrétiens du IIᵉ siècle.

Cette continuité est précieuse pour les historiens, car, comme le souligne Michel Rouche, « Lyon offre un témoignage unique, un point de contact direct entre la mission apostolique et l’organisation des Églises de Gaule » (Histoire de l’Église, 1994). Lyon apparaît ainsi comme le plus ancien foyer chrétien attesté sur le territoire de la France actuelle, même si d’autres cités, comme Vienne, Marseille ou Arles (cette dernière jouant un rôle majeur dès le IIIᵉ siècle), ont aussi compté parmi les premiers centres de diffusion du christianisme en Gaule.


Quand les cités se dotent d’origines apostoliques

Pour les autres villes, les récits sont plus flous. À Saintes, on vénère saint Eutrope comme premier évêque, parfois présenté comme disciple de saint Pierre. À Tours, c’est saint Gatien qui incarne ce rôle fondateur, et à Limoges, saint Martial finit même par être présenté comme un contemporain du Christ.

Or, ces traditions apparaissent plusieurs siècles après les événements supposés. Guy Lobrichon rappelle que « les hagiographes du haut Moyen Âge n’écrivent pas pour établir une vérité historique, mais pour construire une mémoire sacrée qui renforce la légitimité des Églises locales » (Le Moyen Âge en Occident, 2002). Ces récits hagiographiques ne doivent donc pas être lus comme des chroniques factuelles, mais comme des textes de mémoire et de prestige, avec une visée spirituelle.

A cette époque, dire qu’un missionnaire fut « envoyé par Pierre » ne renvoie d’ailleurs pas forcément à un contact direct, mais à une filiation spirituelle : c’est par l’autorité de Pierre, et donc de Rome, que ces premières missions se réclament d’une origine apostolique. Il en va de même pour les autres apôtres : les traditions qui leur prêtent l’évangélisation de telle ou telle région doivent être comprises dans un sens symbolique. Ces récits expriment moins un souvenir concret qu’une revendication d’héritage spirituel. En se disant fondées par Pierre, Paul ou Jacques, les Églises anciennes cherchaient avant tout à rattacher leur origine à la mission apostolique, garante de l’authenticité de la foi transmise.

La Bretagne et ses missionnaires venus d’outre-Manche

La Bretagne armoricaine a connu le même phénomène. Certains récits attribuent l’évangélisation de Nantes ou de Rennes à des disciples directs ou quasi-directs des apôtres, venus dès le Ier siècle. Mais aucune source fiable n’atteste à ce jour d’une présence chrétienne avant le IVᵉ siècle. Certains s’appuient sur Jacques de Voragine,  Albert Le Grand, Dom Lobineau et d’autres auteurs (notamment du XIXème siècle) qui eux-mêmes se sont souvent appuyés sur lui, mais cela n’en garantit pas la fiabilité. Prenons l’exemple d’un personnage comme Eon de l’Estoile (certes loin d’être un saint même si on le voit dans l’église de Tréhorenteuc) dont tous les auteurs se sont appuyés sur le travail de Guillaume de Newburg, et ont donc allègrement repris ses erreurs. Erreurs soulevées par Stéphane Torquéau, l’un de nos collaborateurs qui, traduisant du latin des sources plus anciennes méconnues, a récemment pu fournir des précisions sur le personnage et éclaircir des aspects importants de sa vie.

L’archéologie et les témoignages écrits montrent que l’organisation ecclésiastique bretonne s’est véritablement structurée au Ve et VIe siècles, grâce à des moines venus de Galles, de Cornouailles et d’Irlande. Des figures comme Samson de Dol, Pol Aurélien ou Tugdual sont ainsi considérés comme les véritables fondateurs des évêchés bretons. Peter Brown, spécialiste du christianisme ancien, souligne que « le rôle des moines insulaires en Armorique illustre la circulation intense des hommes et des idées dans une chrétienté désormais atlantique » (The Rise of Western Christendom, 1996).

Comme il convient de citer les sources, notons que dans le Livre d’Armagh (copié au IXᵉ siècle, mais contenant les Collectanea de Tírechán et la Vita Patricii de Muirchú, rédigées vers la fin du VIIᵉ), il est rapporté que saint Patrick et ses disciples envoyèrent des missionnaires vers la Bretagne insulaire et la Calédonie (Écosse) : “Misit quoque sanctos viros ad Scotiam et ad Brittanniam, ut ibi praedicarent verbum vitae.” (Vita Patricii II, 12).
Cette tradition, prolongée par les hagiographes ultérieurs, s’étendra jusqu’en Létavie (Bretagne armoricaine), témoignant que ces régions étaient encore perçues comme des terres à évangéliser…


La Réforme carolingienne

Avant la grande Réforme grégorienne, il y eut déjà une profonde réorganisation de l’Église sous Charlemagne et ses successeurs. Ce que les historiens appellent la Réforme carolingienne (VIIIᵉ-IXᵉ siècle) avait pour objectif de faire de la religion le ciment de l’empire.

Charlemagne impulse une vaste uniformisation liturgique : le rit romain s’impose à la place des usages locaux. Il confie à Benoît d’Aniane la mission de généraliser la règle bénédictine dans les monastères, et encourage la correction des textes bibliques et liturgiques pour en assurer la cohérence. L’éducation du clergé est renforcée grâce aux écoles monastiques et cathédrales.

Cette réforme est indissociable du pouvoir impérial : c’est l’empereur qui nomme les évêques et qui s’assure de leur formation. L’Église se trouve ainsi mise en ordre, mais aussi placée sous l’autorité royale.


Paul Diacre et la fabrique carolingienne des mémoires

Cette réforme religieuse et culturelle va de pair avec une réécriture du passé. Au IXᵉ siècle, Charlemagne – en lien avec le pape – cherche à montrer que la chrétienté franque s’inscrit dans une continuité directe avec les apôtres, à l’aube de la Réforme grégorienne, cela dans l’idée d’établir un lien entre les évêques, le peuple chrétien et Rome.

Parmi ses lettres, Paul Diacre, moine lombard et historien, joue un rôle décisif. À la demande de l’empereur, il contribue à la rédaction et à la diffusion d’histoires de saints et de textes liturgiques qui mettent en avant les « fondateurs » des Églises locales. L’enjeu est double : consolider la légitimité religieuse des évêchés et inscrire l’empire carolingien dans une tradition apostolique.

Comme le rappelle Michel Rouche, « l’époque carolingienne a projeté ses propres besoins sur le passé : elle a créé des filiations spirituelles là où l’histoire ne donnait que des bribes, pour donner au présent la force d’une continuité apostolique ». Ainsi, ce n’est pas un hasard si tant de cités gauloises voient apparaître, à partir de cette époque, des récits d’évêques fondateurs rattachés directement au Ier siècle.

Cette logique d’enracinement apostolique se prolongera et s’enrichira encore au Moyen Âge, notamment à travers des recueils comme la Légende dorée de Jacques de Voragine. Œuvre de piété plus que d’histoire, elle rassemble et amplifie les traditions hagiographiques, donnant aux origines chrétiennes des récits parfois merveilleux. Ces histoires, nourries de symbolisme, ont contribué à façonner une mémoire chrétienne où les apôtres et leurs disciples semblent avoir parcouru toute la Gaule, de Marseille à Paris, pour en semer la foi. Elles témoignent moins de faits établis que du besoin, très fort à cette époque, d’inscrire chaque Église dans une continuité apostolique universelle.


La Réforme grégorienne et la Querelle des Investitures

Deux siècles après cette réforme carolingienne, cette mémoire des origines va servir d’appui à une réforme décisive : la Réforme grégorienne, initiée par le pape Grégoire VII au XIᵉ siècle. Dans un monde où, depuis Charlemagne, les rois et empereurs nommaient directement les évêques, le pape affirme désormais que seul le siège de Rome peut investir les responsables de l’Église.

C’est la fameuse Querelle des Investitures (1075-1122), qui oppose le pape Grégoire VII à l’empereur germanique Henri IV. Dans ce conflit, l’ancienneté « apostolique » revendiquée par les Églises gauloises et bretonnes prend un sens nouveau : elle devient un argument pour affirmer l’autorité du pape, seul garant de cette continuité avec les apôtres.

La mémoire construite sous les Carolingiens se trouve ainsi réutilisée pour soutenir une mutation majeure : le passage d’une Église dominée par les souverains à une Église centralisée autour du pape.


Entre foi et critique historique

Aujourd’hui, ces récits – véritables « légendes dorées » – continuent de circuler, parfois relayés de manière littérale par des influenceurs qui les présentent comme des faits indiscutables, relayés par d’autres influenceurs sans aucun esprit historico-critique. Or, comme le rappelle Guy Lobrichon, « prendre les hagiographies au premier degré, c’est les priver de leur sens véritable, celui d’une construction mémorielle au service d’une identité ».

Loin de diminuer la foi, l’approche historico-critique permet de la comprendre dans toute sa richesse. Elle révèle comment les communautés chrétiennes ont façonné leur mémoire pour répondre à des enjeux d’assise spirituelle. Reconnaître cette dynamique, c’est accepter que l’histoire n’a pas besoin de mythes pour être passionnante et pour nous toucher au coeur. Elle gagne même en profondeur lorsqu’on distingue ce qui relève du fait et ce qui appartient à la mémoire. Il reste que ces traditions sont des discours qui, sans prétention «historicisante» avaient vocation à édifier le peuple, et les vertus pour ce faire. Que peut-on aujourd’hui retenir de cet héritage ?

Entre histoire et mémoire, la vérité est plus belle que le mythe. L’histoire atteste un christianisme gaulois enraciné à Lyon dès 177 (et même un peu avant) et, en Bretagne armoricaine, selon les recherches actuelles, une véritable structuration au Ve–VIe siècle grâce aux missionnaires venus d’outre-Manche. Les légendes “apostoliques”, apparues surtout à l’époque carolingienne et réemployées plus tard, ne sont pas des mensonges : elles sont des récits de sens, nés pour édifier et unir. Les lire avec exigence, c’est honorer à la fois la foi qui les a portées et la réalité que Dieu a travaillée dans l’histoire. C’est pourquoi la Bretagne n’a pas besoin d’un Ier siècle  – plus ou moins imaginaire à ce jour – pour être grande : son aventure chrétienne, telle qu’elle fut, demeure déjà passionnante et fondatrice.

  • Sources : Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique V, 1–3 (martyrs de Lyon, 177) ; The Patrician Texts in the Book of Armagh, éd. L. Bieler, DIAS, 1979.

  • Études : L. Fleuriot, Les origines de la Bretagne, 1980 ; P. Galliou & M. Jones, The Bretons, 1991 ; P. Brown, The Rise of Western Christendom, 1996 ; J. Loth, Les Saints bretons d’après la tradition manuscrite, 1910 ; G. Lobrichon, Le Moyen Âge en Occident, 2002.

📌 Repères chronologiques

  • 43 av. J.-C. : Fondation de Lugdunum (Lyon), future capitale des Gaules.
  • 177 apr. J.-C. : Martyre de Pothin et Blandine à Lyon.
  • IIᵉ siècle : Irénée de Lyon, premier grand théologien chrétien en Gaule.
  • IVᵉ siècle : Expansion du christianisme dans les grandes cités (Arles, Tours, Bordeaux).
  • Ve-VIe siècles : Évangélisation de la Bretagne par les moines celtiques venus des îles britanniques.
  • IXᵉ siècle : Sous Charlemagne, Paul Diacre et d’autres lettrés diffusent les légendes d’évêques « apostoliques » dans tout l’empire.
  • XIᵉ siècle : Réforme grégorienne, affirmation du rôle du pape dans la nomination des évêques.

À propos du rédacteur Tudwal Ar Gov

Bretonnant convaincu, Tudwal Ar Gov propose régulièrement des billets culturels (et pas seulement !), certes courts mais sans langue de buis.

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8 Commentaires

  1. Bonjour,

    Intéressant ce survol historique !
    On savait déjà l’existence de l’union du sabre et du goupillon, les mensonges de la propagande (ce n’est pas une invention moderne ni contemporaine) pour faire adhérer à un projet ou une foi… Cela participe de la volonté d’emprise de certains sur leurs congénères. Tristement banal

    Un point reste à éclaircir dans votre propos. Le christianisme entre par le sud de la France jusque Lyon, Tours, Limoges et bien plus tard il débarque du nord venant d’Irlande et de contrées avoisinantes : pourquoi cette discontinuité spatio-temporelle ?

    • Il y eut en Bretagne une jonction au Vème siècle entre l’évangélisation gallo-romaine et l’évangélisation venue d’outre-Manche, avec deux méthodes différentes : du côté gallo-romain, une organisation ecclésiastique fondée sur les villes et du côté breton une organisation fondée sur les monastères.
      Le concile de Vannes en 465 fait état de cette différence.

    • Bonjour Robert,
      Le point que vous évoquez n’est que rapidement survolé par Tudwal car ce sont des publications sur le web, et trop de longueur serait problématique. Cet article est déjà particulièrement long. Mais il a déjà prévu d’en parler bientôt dans un article spécifique, cet ensemble faisant partie d’une série qui a déjà débuté il y a trois mois.

  2. Bonjour Eflamm, vous avez donc décidé de trancher cette question avant même de rencontrer l’un des « influenceurs » qui a la conviction que la Bretagne a bien été évangélisée dès le premier siècle, conformément à l’enseignement de l’Eglise, à Nantes, à Rennes, à Morlaix, au Yaudet, à Tréguier etc… c’est dommage et vraiment malheureux car il en va de la vérité. Je vous propose un débat public sur cette question, avec votre équipe, où et quand vous le souhaitez.
    Pour l’honneur de saint Clair de Nantes, converti par saint Pierre; saint Drennalus de Morlaix et du Yaudet, disciple de saint Joseph d’Arimathie, et saint Maximin de Rennes, le premier évêque d’Aix en Provence, intendant de Béthanie,
    Arnaud Boüan, auteur de « L’évangélisation de la Bretagne au premier siècle » (aux éditions Trésors de nos Pères, 2023)

    • Bonjour Arnaud,

      Tout d’abord, précision importante : je ne suis pas l’auteur de cet article, il a été écrit par Tudwal. Sa publication était prévue de longue date et avait même été repoussée.

      La publication d’un article n’empêche en rien le débat public ; la preuve en est que vous-même diffusez régulièrement des vidéos sur le sujet. Le désaccord argumenté fait partie du travail historique. Et, comme je vous l’ai indiqué lors de notre échange téléphonique, votre travail contribue à ces disputationes orientées vers la recherche de la vérité.

      Pour ma part – et je pense pouvoir dire que mon équipe partagera cet intérêt – je serais surtout très attentif à l’examen de vos sources antiques : en particulier des sources datables de moins de 200 ans après les faits supposés, explicitement attestées et clairement identifiables (auteur, date, contexte). C’est à ce niveau que la discussion historique peut, selon moi, être réellement féconde.

    • Monsieur Boüan,

      Je me permets d’intervenir en tant qu’auteur de l’article. Merci pour votre commentaire, même si je ne pense pas avoir porté atteinte à l’honneur des saints que vous évoquez. Vous aurez sans doute constaté que je n’ai pas mentionné votre nom – pas plus que celui d’autres créateurs de contenu sur le sujet – afin d’éviter toute lecture en termes d’attaques personnelles. L’objectif était simplement d’apporter un éclairage à des lecteurs qui nous interrogent sur cette question.

      Avoir une conviction, même sincère et solidement ancrée, n’est pas en soi un critère de vérité historique. En histoire, ce sont les sources – leur datation, leur nature, leur transmission et leur cohérence – qui permettent d’établir ou non un fait, non l’intensité de l’adhésion qu’on lui porte.

      Le problème posé par l’évangélisation de la Bretagne au Ier siècle n’est donc pas celui de la foi, ni celui de l’honneur dû aux saints — que vous savez que nous respectons profondément et que nous honorons — mais bien celui de l’existence de témoignages anciens, indépendants et suffisamment proches des faits pour étayer une telle affirmation. Or, à ce jour, les traditions que vous mentionnez apparaissent dans des sources tardives, hagiographiques, et souvent reconstruites a posteriori.

      Cela n’exclut pas le débat, bien au contraire. Mais ce débat ne peut être fécond qu’à partir d’un examen critique des sources, et non à partir de convictions, aussi respectables soient-elles.

      Bien cordialement,
      Tudwal

      • Merci pour votre réponse Tudwal.
        C’est à dire qu’en parlant de « constructions » et de « mémoires façonnées », sous l’impulsion de Charlemagne et du Pape, vous laissez entendre que notre foi chrétienne est bâtie sur un vaste mythe… qu’il vous faut déconstruire, ce que, il me semble, vous faites trop bien dans votre article.
        Si les saints ne sont pas des personnages historiques, et si l’Eglise qui a enseigné leurs vies durant des siècles n’est pas fiable… que reste-t-il? Les études modernes des historiens qui s’appuient sur leur raison, par définition faillible… tandis que la « vieille foi de nos Pères », chantons-nous, « da feizh on tadou koz », nous sommes prêts à mourir pour elle, « kentoch ni a Varvo »..
        Il est évident que ma conviction n’est pas le fondement de ma conviction, mais le fruit d’études historiques et archéologiques qui corroborent ces vieilles traditions, à mon avis beaucoup plus fiables qu’elles n’y paraissent.
        Ainsi Albert Le Grand que vous évoquez, citent des masses de sources à la fin de ses vies de Saints, sources qui brûlèrent à la Révolution, mais sauvées grâce à lui. Cet admirable dominicain est digne de foi et ne put de son propre chef en rajouter sans tomber dans ce qui est à mon avis un sacrilège, très sévèrement puni par l’autorité ecclésiastique autrefois.
        Je suis d’accord avec vous pour examiner les sources, et à commencer par les recenser avec un a priori bienveillant: le carmel de Morlaix, l’église du Yaudet, et les recherches du Père Albert et de l’abbé Le Clech’ pour st Drennalus, en lien avec les archives de Glastonbury; les archives du diocèse de Nantes (que j’ai consulté), avec les recherches du chanoine Cahour, béni par son évêque, au XIXe, notamment sur la liturgie ancienne du diocèse, le village de Réguiny qui possède son chef de temps immémorial, sur le lieu de son décès, les nombreuses chapelles et statues st Clair dans tout le Morbihan, le clou de saint Pierre à la cathédrale de Nantes, etc… et enfin pour Rennes, le culte rendu par tous nos ducs de Bretagne à ND de la Cité, fondée par st Maximin, selon l’ancien document de la cathédrale retrouvée par un prédécesseur du Père Albert Le Grand.
        Je ne dis pas qu’il y a de preuve absolue pour la raison… y en a-t-il de meilleure pour les saints Malo, Brieuc et Corentin? mais un faisceau d’indices convergents, innombrables, qui postule la vérité de cette histoire chrétienne primitive, qui fut enseigné tout simplement autrefois au bon peuple, par le biais des prêtres qui lisaient leurs bréviaires: admirable enseignement évangélique, tout simple et tout vrai.
        Cela n’empêche pas la science, c’est mon travail depuis 5 ans de corroborer cette veille foi de nos Pères!
        Bien cordialement… et dans l’attente d’un vrai débat passionnant sur cette question !
        Arnaud

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