[CAREME 2021] À quoi bon ces repentances ?

Amzer-lenn / Temps de lecture : 2 min

Cette question qui vise à s’affranchir du carême et de son esprit est du même acabit que les réflexions qui prônent l’affranchissement des obligations dominicales.

Parce qu’il existe des textes dans la Bible qui promeuvent le culte « en esprit », en contradiction avec le culte public et les sacrifices sur l’autel, que des pervers hypocrites instrumentalisent pour recevoir « la gloire des hommes », certains s’arrogent, en se croyant au delà des réalités d’ici-bas, la capacité de vivre leur foi en esprit. Se prendraient-ils pour des anges ?

A ceux-là, en premier, je réponds l’aphorisme de Blaise Pascal : « qui fait l’ange, fait la bête ! ». La nature humaine, en effet, n’étant pas parfaite, celui qui veut être ou paraître trop bon finit, sans même le vouloir, par avoir des côtés mauvais et agir à contre-emploi.

Mais encore et surtout, en se croyant des anges, ils font à l’abaissement du Christ une injure qui illustre le seul péché qui ne peut-être pardonné : celui contre l’Esprit-Saint (Mc 3,29).C’est la mission du Fils, et par là sa nature, qui est niée chez ceux qui se voudraient des anges. Le carême, justement, en est un antidote. Il nous fait accepter et investir la merveilleuse phrase du psaume 31 (verset 5b) « Je rendrai grâce au Seigneur en confessant mes fautes ». En effet, en se faisant homme, en Jésus, Christ est venu « appeler les pécheurs » (Matt. 9,13 ; Mc 2,17) par-là, le carême apparait ce temps où se réveille en nous le même appel qui fit se lever les apôtres et spécialement le publicain Matthieu ou Lévi, fils d’Alphée (Mt 9,9-13 ; Lc 5,27-29 ; Mc 2,13-17) pour Le suivre. Alors à la manière de Zachée (Lc 19,1-10), qui voulait réparer ses fautes, à notre tour nous entendrons : « Aujourd’hui, le salut est venu pour cette maison … ».

À propos du rédacteur Tad Kristof

Tad Kristof a été ordonné prêtre en juin 2000. Il a exercé notamment en Afrique où il a créé "Tud a Vreizh" à Libreville. Passionné par la Bretagne, il contribuera à la dimension spirituelle d'Ar Gedour en répondant aux questions qui lui seront posées.

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4 Commentaires

  1. Déclarer ou laisser entendre, comme le fait abruptement l’auteur de cet article, que les Chrétiens qui, en temps de COVID, ne vont pas/plus à la messe en présentiel, et se contentent d’un office distant via la télévision ou la radio, se prendraient pour des Anges et pêcheraient contre l’Esprit, me paraît étrange, voire outré.

    Libre à lui de considérer que ces chrétiens-là se prennent pour des anges – drôle d’idée! – . Mais faudra-t-il alors lui rappeler que les anges ne pêchent pas contre l’Esprit, bien au contraire puisqu’ils le contemplent dans la permanence (sauf bien sûr, ceux qui en ayant décidé autrement ont préféré la Ténèbre).

    Bref, un peu de calme. Si telle est la pensée de l’auteur, alors comme lecteur je ne peux m’y associer. La théologie classique, déjà trop souvent mal connue et/ou comprise, dans sa simplicité…biblique, n’a pas besoin de ce genre de débordement douteux.

    Evidon-me ne c’hellan bezañ a-du gant an doare-se da lâred an traoù.

  2. Pardonnez moi cher Kernevad, mais je pense que vous vous méprenez complètement au sujet de l’article qui précède. Aussi permettez moi ce commentaire, qui vous permettra peut-être d’y voir un peu plus clair.
    L’article parlait du carême. Et le propos de l’auteur (si j’ai bien compris sa pensée) ne va évidemment pas dans le sens du laxisme contemporain et de ses propagandistes jusque dans l’Église.
    Car la repentance est un des aspects de la vie spirituelle du chrétien que vous ne pouvez ignorer. C’est aussi un préalable pour obtenir le pardon du Seigneur. C’est le sacrifice que le Bon Dieu attend de chacun d’entre nous. Car si c’est par le péché que nous perdons la grâce sanctifiante, c’est aussi en faisant preuve d’humilité que nous nous réconcilions avec lui.

    Malheureusement, un certain courant hérétique jusque dans l’Église refuse ces notions essentielles. Pourquoi ? Parce que ces gens nient l’évidence du péché originel. En fait, ils nient l’existence du péché tout cours ! Les ”progressistes” pour ne pas les nommer, fondent leur pensée sur la foi en l’Homme plutôt que sur la foi en Dieu. Sauf que “l’Homme” abstrait qu’ils croient naturellement bon n’existe pas, et n’existera jamais (si ce n’est peut-être dans leur délire). D’où leur quête absurde de transcendance et de perfection à travers des systèmes politico-idéologiques contre-natures censés conduire à l’émergence d’un homme nouveau ! (l’histoire du XXème siècle est la preuve par 100 que tous ceux qui se prennent pour Dieu engendrent tôt ou tard le chaos). De fait, Dieu lui-même ne croit pas en l’homme, n’en déplaise à certain. C’est donc par amour envers le genre humain, que Dieu s’incarne, et s’offre lui-même en sacrifice pour le salut du monde.

    Il n’y a donc aucun crédit supplémentaire à accorder à ceux qui nous expliquent qu’ayant aboli le péché (on se demande d’ailleurs comment), nous ne serions plus tenu par aucun des commandements de l’Église. Aussi cher monsieur, plutôt que de nous faire une énième leçon de protocole sanitaire (ce que les mèrdias officiels se chargent de faire jour et nuit depuis un an), sachez que personne ne peut se soustraire aux commandements de Dieu, en se cachant derrière un virus !?… Même pas vous, mon bon monsieur, à moins peut-être de vous métamorphoser en ange… Bien sur ce propos n’engage que moi ! Merci.

    • @Milou

      Je ne fais aucune leçon de protocole sanitaire.

      Quant aux “commandements” divins, – s’il fallait ne s’en tenir qu’à une seule formule – je dirais qu’ils peuvent se résumer à cette invitation: ” Aimez-vous les uns les autres” (AT), que Jésus prolonge d’un “comme je vous ai aimés” (NT). Plus tard, Saint Augustin aura cette formule très connue : « Aime et fais ce que tu veux ».

      Difficile d’être plus synthétique. Un challenge.

      E brezhoneg (Yann, 13, 34), – Aviel Jezuz-Krist, 1982, Eskopti Kemper ha Leon (peureuvan ganin):

      “Ur gourc’hemenn nevez a roan deoc’h:
      En em garit an eil egile.
      Evel m’am eus me ho karet
      e tleit, c’hwi ivez,
      en em gared an eil egile”

      A galon

  3. Réponse à Mr Kernevad : Vous semblez surinterpréter volontairement les propos du P. Christophe. Contrairement à ce que vous affirmez, il ne dit pas que les Chrétiens qui, en ces temps de COVID, ne vont pas/plus à la messe en présentiel, et se contentent d’un office distant via la télévision ou la radio, se prendraient pour des Anges et pêcheraient contre l’Esprit (il faudrait pour affirmer cela connaître les gens au cas par cas, et la situation particulière de chacun). Mais il rappelle à juste titre qu’avec ou sans covid personne n’est dispensé sous prétexte de crise sanitaire d’accomplir son devoir de chrétien. Et encore moins en ces temps de carême. Et qu’un abandon volontaire de l’obligation dominicale ne peut se justifier par un culte ”en esprit” qui supplanterait tout !
    Il met en garde contre un certain discours bien connu, qui relativise les devoirs et obligations s’imposant à chacun d’entre nous. Aussi ne nous laissons pas berner par le démon. Ce dernier profitera de toutes les occasions pour nous détacher de l’Église du Christ. Et le démon peut se cacher partout, même derrière les saintes écriture qu’il connait cent fois mieux que la plupart d’entre nous.
    Pour faire simple, le culte en esprit ne dispense jamais du culte ”en présentiel”,
    évidemment !

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