Ce que nous dit l’Epiphanie pour la Bretagne (et pas que…)

Amzer-lenn / Temps de lecture : 7 min

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Gant sklêrijenn lufrus an Epiphania o deus diskuliet ar vistri n’eo ket hepken ar pezh a oa gant an aour, ar mirrenn hag an aluzen, met digoret o deus ivez dorioù ur preder donoc’h. Hervez sant Yann Ec’henoù Aour, ” ma vefe deuet ar vistri da glask ur roue eus an douar e vefent bet dipitet ; rak bevet o dije, hep abeg ebet, skuizhder ur veaj ken hir ». Hogen, o klask roue an oabl, ” daoust ma ne welent netra e-unan eus ar roueelezh, e tilezent testeni ar steredenn, hag e pedent anezhañ “. Gwelet a reont un den, hag anavezout a reont Doue. Ha profañ a reont profoù a dalveze da zoujañs ar C’hrist. ” An aour, evel d’ar Roue Bras ; al liv, a dalveze en aberzhioù Doue, evel da Zoue ; ar mirrenn, a vez amprestet korfoù an dud marv anezhi, evel an hini a rank mervel evit saveteiñ an dud. “

Met en tu-hont d’an arouezioù-se a lavar kalz dija e c’haller ivez gwelet, e kinnig ar hudourien, un adskeud eus o sevenadurioù, gwir bravigoù an denelezh, lakaet e-harz ar Mesiaz. Sant Tomaz Akin a ouzhpenn evel-se ez eo « ar hudourien bennañ ar broadoù a gred er C’hrist. Enno e teuas, evel en ur brezegenn, feiz ha devosion ar broadoù deuet a-bell war-zu ar C’hrist. Setu perak, evel m’eo gwarezet devosion ha feiz ar broadoù diouzh ar fazioù gant awen ar Spered Santel, evel ret eo krediñ o deus ar vistri, awenet gant ar Spered Santel, graet traoù fur en ur rentañ enor d’ar C’hrist ».

Ar re fur-se, deuet eus lec’hioù pell dirak Jezuz, o deus savet ur penn a-raok a-bouez : tremen dreist an harzoù sevenadurel en anv ur feiz don. Fiziet o deus o binvidigezh danvezel ha speredel e bugel Doue, ha skeudennaouet o deus ar c’henemglev etre an oabl hag an douar, etre bedoù liesseurt met liammet ken-ha-ken.

An daolenn-mañ a laka da soñjal en ur wirionez speredel don : pa vez profet doujus hon sevenadurioù da Jezuz, gant o liesseurted, e vezont puraet ha pinvidikaet gant e c’hras. Evel-se e teu ar C’hrist da vezañ ar maen-korn, an elfenn unvanus m’eo deuet a-gostez eztaolioù lies eus hor feiz, gant an ijinerezh sevenadurel a-ratozh evit pep hini. Evel-se eo hon ilizoù-meur hag hor chapelioù, ar santualoù ma kej hon identelezhioù liesseurt etrezek an hini nemetañ a zleomp kement-se : ar C’hrist Jezuz, ar pastor mat a ziskouez an hent. An hini eo an Hent, ar Wirionez hag ar Vuhez!

En em stummañ a ra hon hêrezh sevenadurel, desavet gant ar feiz, e mein hor savadurioù sakr koulz hag er c’hanaouennoù a sav eus hor c’halon. An ilizoù-meur, gwriziennet gant an douar a zo bet ganet ha douget gant hon hentoù speredel dimp, a zeu da vezañ testenioù eus ar c’hendeuziñ, etre ar feiz kristen hag ar sevenadurioù prop da bep hini, eztaol un denelezh prop da reiñ a-drugarez d’e grouer. Degas a reomp da soñj deoc’h e c’hall hor sevenadurioù, hep an unaniezh-se, mont da get, da vervel. N’eo ket a-walc’h e vefe an eztaol sevenadurel dalc’hmat en ur fest a-blaen hag a vo poan-ha-poan o kenderc’hel.

Setu perak, sellet ouzh bugel ar vagouri n’eo ket hepken ur jestr santel, met un ober a bouez evit gwareziñ ha brudañ hon hêrezhioù sevenadurel, sklêrijennet gant ar C’hrist a zo en hor buhezioù da viken. En ur heuliañ skouer ar vistri, en ur profitañ hon teñzorioù sevenadurel d’ar C’hrist, e kemeromp perzh en un oberenn sakr a dremen dreist an amzer. Dre hon hengounioù hag hor liesseurted e savomp ur steredeg chapelioù speredel, un testeni birvidik eus ar c’henvevañs kempouez etre ar feiz eKrist ha pinvidigezh sevenadurioù mab-den.

Dans la lumière éclatante de l’Épiphanie, les mages ont non seulement dévoilé les présents de l’or, de la myrrhe et de l’encens, mais ont également ouvert les portes d’une réflexion plus profonde. Selon saint Jean Chrysostome, ” si les mages étaient venus chercher un roi de la terre, ils auraient été déçus ; car ils auraient supporté sans raison la fatigue d’un si long trajet “. Mais, cherchant le roi du ciel, ” quoique ne voyant rien en lui de la dignité royale, ils se contentèrent cependant du témoignage de l’étoile, et ils l’adorèrent “. En effet, ils voient un homme et ils reconnaissent Dieu. Et ils offrent des présents accordés à la dignité du Christ. ” L’or, comme au grand Roi ; l’encens, qui sert dans les sacrifices divins, comme à Dieu ; la myrrhe, dont on embaume les corps des défunts, comme à celui qui doit mourir pour le salut des hommes. “

Mais, au-delà de ces symboles qui disent déjà beaucoup, on peut également voir dans l’offrande des mages le reflet de leurs cultures, véritables joyaux de l’humanité, déposés aux pieds du Messie. Saint Thomas d’Aquin ajoute ainsi que “les mages sont les prémices des nations qui croient au Christ. En eux apparurent, comme en un présage, la foi et la dévotion des nations venues de loin vers le Christ. C’est pourquoi, de même que la dévotion et la foi des nations est préservée de l’erreur par l’inspiration du Saint-Esprit, de même faut-il croire que les mages, inspirés par l’Esprit Saint, ont agi sagement en rendant hommage au Christ”.

Prosternés devant Jésus, ces sages venus d’horizons lointains ont établi un précédent significatif : la transcendance des frontières culturelles au nom d’une foi profonde. En confiant leurs richesses matérielles et spirituelles à l’enfant divin, ils ont illustré la communion entre le céleste et le terrestre, entre des mondes divers mais intrinsèquement liés.

Cette scène évoque une profonde vérité spirituelle : lorsque nos cultures, avec toute leur diversité, sont offertes humblement à Jésus, elles sont purifiées et enrichies par sa grâce. Le Christ devient ainsi la pierre angulaire, l’élément unificateur par lequel sont sorties de terre des expressions multiples de notre foi avec le génie culturel propre à chacun. Il en est ainsi de  nos cathédrales et chapelles, des sanctuaires où convergent majestueusement nos identités multiples vers le seul à qui nous devons tout cela : le Christ Jésus, le bon pasteur qui nous montre le chemin. Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie !

Nos héritages culturels, élevés par la foi, prennent forme dans les pierres de nos édifices sacrés autant que dans les chants qui s’élèvent de nos coeurs d’hier à aujourd’hui. Les cathédrales, prenant racine de la terre qui nous a vu naître  et imprégnées de nos propres cheminements spirituels, deviennent des témoins de la fusion harmonieuse entre la foi chrétienne et les cultures propres à chacun, expression d’une humanité propre à rendre grâce à son créateur. C’est un rappel poignant que sans cette union, nos cultures risquent de s’estomper, de mourir. Il ne suffit pas que l’expression culturelle soit constamment dans un festif horizontal qui aura bien du mal à perdurer.

Ainsi, contempler l’enfant de la crèche n’est pas seulement un geste pieux, mais un acte vital pour préserver et magnifier nos héritages culturels, éclairés par la présence éternelle du Christ.. En suivant l’exemple des mages, en offrant nos trésors culturels au Christ, nous participons à une œuvre sacrée qui transcende le temporel. Nous érigeons, à travers nos traditions et diversités, une constellation de chapelles spirituelles, un témoignage vibrant de la coexistence harmonieuse entre la foi en Christ et la richesse des cultures humaines.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est le fondateur du site et de l'association Ar Gedour et assure la fonction bénévole de directeur de publication. Il anime aussi le site Kan Iliz (promotion du cantique breton). Après avoir co-écrit dans le roman Havana Café, il a publié en 2022 son premier roman "CANNTAIREACHD".

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