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Comment traduire “Breizh eo ma bro” ?

Amzer-lenn / Temps de lecture : 1 min

breizh eo ma broIl y a peu, Ar Gedour publiait une critique de l’album collectif “Breizh eo ma bro”, article que vous pouvez retrouver ici. Sur les réseaux sociaux, une question récurrente : comment traduire l’expression “Breizh eo ma bro” ?

Comme l’indique le sous-titre “La Bretagne est mon pays ?” ou devrait-on plutôt traduire par “C’est la Bretagne, mon pays ?” ou encore  “Mon pays, c’est la Bretagne ?”

Je pense que cela pourrait aller bien plus loin qu’une géographie sous-jacente ou une appartenance.  “Breizh” est en caractères bien plus grand que le reste de la phrase, donnant un indice. Je pousserai plutôt pour “Breizh est mon pays”, en tenant compte que le “Breizh” en question est à la fois une localisation, un peuple, une culture, cette Bretagne qui nous prend aux tripes et qui nous dépasse.

“Breizh” qui au-delà d’un espace aux racines bien prégnantes devient presque dans cette phrase une personne que l’on aime et que l’on chérit. Un grand-père ou une grand-mère sur les genoux desquels on se pose pour écouter la vie d’antan, une mère qui nous susurre à l’oreille l’amour sans pareil ou le père qui nous ouvre à une vie nouvelle, un enfant que l’on embrasse tendrement. Breizh, c’est la douceur d’un prénom, la ferveur d’une âme, la palpitation d’un coeur sur lequel on se penche pour se laisser bercer.

Voilà peut-être en quelques mots comment traduire, tout simplement, la phrase “Breizh eo ma bro”…

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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3 Commentaires

  1. O Breizh, mem Bro ! eût été, à mon sens , plus chargé de signification …

  2. Prenons la question à l’endroit : “Breizh eo ma bro” répond à la question “petra eo da vro ?” ou “pehini eo da vro”, encore qu’on pourrait y voir un questionnement intérieur “pehini eo ma bro ?”…
    Notez que l’on a la même structure que “Bro ar Sent eo ma bro”.

    Chapeau bas aux publicistes qui ont réussi à faire deux mots de breton à Kersauzon, même s’il aurait du dire “ma bro din(-me)” au lieu de ire “ma bro” avec l’accent sur “ma”.
    Mais ne faisons pas trop la fine bouche.

  3. « Breizh eo ma bro »

    Sujet: « ma bro »
    Complément: « Breizh »

    Grammaticalement, la traduction française correcte serait:

    « Mon pays est la Bretagne »

    Mais cette structure française – sujet / verbe / complément – ne rend pas compte de l’insistance que porte la phrase bretonne proposée, qui ici est structurée selon le schéma complément / verbe / sujet. Cette phrase bretonne met en valeur le complément et cela est voulu par le locuteur (en général en réponse à une question, mais après tout pas forcément).

    Règle très générale :

    . en breton, élément important + verbe + autres éléments.
    . en français, on suit l’ordre sujet + verbe + complément

    Mais attention la phrase bretonne se doit de repérer le sujet. C’est la forme du verbe « être » qui nous renseigne. Ainsi, avec le verbe « être » au présent de l’indicatif, l’on aura :

    . sujet + « a zo » + complément(s).
    Exemple : « Ma bro a zo Breizh ». (« Mon pays est la Bretagne », exactement comme en français) .Si ce n’est que, en breton, une telle construction est très neutre, sans force, et pourrait convenir par exemple pour remplir un formulaire administratif (ah, zut! le choix Bretagne n’est pas prévu!).

    . complément important + « eo » + sujet + complément(s) moins importants.
    Exemple : « Breizh eo ma bro, ha n’eo ket unan all ». L’insistance commanderait de traduire plutôt : « Mon pays est véritablement la Bretagne, et pas un autre ».

    Le locuteur qui veut vraiment être très net, pourra aussi dire :
    « Breizh eo a zo ma bro, ha n’eo ket unan all »
    « C’est la Bretagne qui est mon pays, et aucun autre. »

    On voit que la structure bretonne, simple et claire, complément + verbe + sujet ne coïncide pas avec le moule français. Il faut donc, si l’on veut restituer la nuance bretonne et rendre compte de l’insistance voulue par le locuteur, passer par une légère distorsion ou une périphrase en français. C’est-à-dire « traduire ». Les italiens expriment cette difficulté, ou la nécessité d’une prise de risque, à travers un proverbe connu : « tradutore traditore » : traduction, trahison…

    Le breton et le français sont des langues différentes, dans leur manière de dire. Il a pu arriver que certains universitaires n’aient pas compris cela, et que ces grands ignorants en aient pris prétexte pour moquer le breton. Pourtant, c’est cela la culture : une manière d’être, d’aborder l’autre, de décrire le monde…

    Cet exemple-type (a zo / eo) est un grand classique, enseigné très tôt aux élèves/étudiants en breton.

    Autrefois, on l’apprenait par imprégnation, sans s’en rendre compte. Sur les genoux de sa mère ou de sa grand’mère. War varlenn e vamm pe e vamm-gozh…..

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