Saints bretons à découvrir

Chronique du Père Job an Irien : Dour / de l’eau

Amzer-lenn / Temps de lecture : 5 min

Les chroniques publiées du Père Job an Irien sont initialement publiées sur le site du diocèse de Quimper & Léon, et reprises avec son autorisation sur Ar Gedour.

Pennad e brezhonegArticle en français

Amañ er puñs e vez peurliesa an dour war-dro tri metrad euz ar bord, ha war-dro daou er goañv. Gand ar zehor a ra, em-eus bet c’hoant gweled live an dour er puñs hag on chomet sebezet : a-wec’h ma ’z-eus dour er puñs. Red eo bet din diskenn ar muzul beteg foñs ar puñs, da c’hwec’h metrad euz ar bord eta, evid kaoud dour… ha n’eus ket kalz. Ar wech kenta eo din gweled an dra-ze amañ. Gouzoud a reom e vezo kudenn an dour unan euz gwasa kudennou ar c’hantved-mañ hag e rankim deski espern an dour, rag heb dour n’eus ket a vuhez !

O soñjal e kement-se eo deuet war va spered va emgav kenta gand an Tad Padraig o’Fiannachta diwar-benn speredelez kristenien Bro-Iwerzon. E Ballyvourney e oa. Fellet eo bet dezañ diskouez din al lec’h, e-kichenn ar gêriadenn, ma teu an dud da enori ha da bedi santez Gobnaït, eul leanez euz ar 6ved kantved.  Eun delwenn anezi a zo eno hag, e-kichenn, eur feunteun. Izelloc’h, er vered, ema he bez dindan eun dorgennig. «An dud a deu amañ d’ar pardaez, hag e lavaront o chapeled, hag evid echui e teuont beteg ar feunteun da eva euz an dour» eme Padraig. Goude-ze e kasas ahanon er meneziou e daou pa dri lec’h all da weled feunteuniou all.  Bep tro e oa eur vogerig, a ree eur seurt kloz da ziwall ar feunteun diouz al loened, hag eur wenojenn a rae an dro d’ar c’hloz. En eul lec’h om en em gavet gand eur famill, tad, mamm ha bugale, a oa oc’h echui he zroiou. An tad eo a rene ar bedenn. Lavared a reas deom e teuent da bedi ar Werhez Vari tro-dro d’ar feunteun bep sul d’an noz araog koan. Ha Padraig da zisplega din e oa bet atao ar feunteuniou lehiou sakr evid ar Gelted, peogwir e oant sin a vuez. Eur wech deuet da veza kristenien, Iwerzoniz o-deus kendalhet da zarempredi a lehiou-ze, en taol-mañ abalamour d’o badeziant a roe dezo eur vuez nevez. E Kerne-Veur hag e Bro-Gembre, kenkoulz hag amañ e Breiz-Izel, on-eus kavet ar memez giziou tro-dro d’ar feunteuniou.

 

Heb dour, n’eus ket a vuez. Ken gwir eo ma ranke al lec’h a bedenn, chapel pe iliz, beza savet war eur wazienn-zour a dreuze ar zavadur dre ar c’hreiz euz ar foñs beteg an aoter, hag a-wechou zokén, er-mêz, en tu all d’ar voger, e kaver ar feunteun, ’vel er Folgoad da skwer! A gement-se e raim ano…ar wech a zeu!

Ici dans le puits le niveau de l’eau est habituellement à trois mètres du bord, et autour de deux en hiver. Avec la sècheresse actuelle, j’ai eu envie de voir le niveau de l’eau dans le puits et j’en ai été bien surpris : à peine s’il y a de l’eau dans le puits.  Il m’a fallu descendre la mesure jusqu’au fond du puits, c’est à dire à six mètres du bord, pour avoir de l’eau.et encore pas beaucoup. C’est la première fois que je vois cela ici. Nous savons que le problème de l’eau sera l’un des pires de ce siècle, et que nous devrons apprendre à épargner l’eau, car sans eau il n’y a pas de vie !

 

Pensant à cela, m’est revenu à l’esprit ma première rencontre avec le Père Padraig o’Fiannachta au sujet de la spiritualité des chrétiens d’Irlande. C’était à Ballyvourney. Il a tenu à me montrer le lieu, auprès de la ville, où les gens viennent honorer et prier sainte Gobnaït, une moniale du VIème siècle. Il y a là une statue d’elle et à côté une fontaine. Plus bas, au cimetière, se trouve son tombeau sous un monticule. « Les gens viennent ici le soir, et disent le chapelet, et pour finir viennent jusqu’à sa fontaine boire de de l’eau » dit Padraïg. Ensuite, il me conduisit dans les montagnes en deux ou trois autres endroits pour voir d’autres fontaines. Chaque fois il y avait un petit mur, qui faisait une sorte d’enclos pour protéger la fontaine des animaux, et un sentier faisait le tour de l’enclos. Dans un des endroits nous avons rencontré une famille, père, mère et enfants, qui terminait leurs tours. C’est le père qui dirigeait la prière. Il nous dit qu’ils venaient prier la Vierge Marie autour de la fontaine le dimanche soir avant le dîner. Et Padraïg de m’expliquer que les fontaines avaient toujours été des lieux sacrés pour les Celtes, puisqu’elles étaient signes de vie. Une fois devenus chrétiens, les Irlandais ont continué à fréquenter ces lieux, cette fois à cause de leur baptême qui leur donnait une vie nouvelle.

 

En Cornouailles et au Pays de Galles, tout comme ici en Basse-Bretagne, nous avons trouvé les mêmes traditions autour des fontaines. Sans eau, il n’y a pas de vie. Ceci est tellement vrai qu’il fallait que les lieux de prière, chapelle ou églises, soient sur une veine d’eau qui traverse l’édifice par le milieu depuis le fond jusqu’à l’autel, et parfois même à l’extérieur, au-delà du mur, se trouve la fontaine, comme au Folgoët par exemple ! Nous en reparlerons. la prochaine fois !

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

Articles du même auteur

La Kerlenn Pondi vous donne rendez-vous les 2 et 16 juillet à Pontivy

Amzer-lenn / Temps de lecture : 1 minA l’occasion des « Je Dis Musique » …

[KERANNA] Oferenn e brezhoneg d’an 3/07/22- Messe en breton (+ feuille téléchargeable)

Amzer-lenn / Temps de lecture : 1 min Disul 3 a viz Gouere 2022 a …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.