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Kroaz ar Vretoned cesse, après deux années d’existence

Amzer-lenn / Temps de lecture : 5 min

C’est avec regret que nous apprenons que le magazine catholique breton Kroaz ar Vretoned, après deux années d’existence, cessera son activité en juin 2023.

C’était un pari d’Augustin Debacker de ressusciter ce journal, version actualisée d’un hebdomadaire qui fut publié en breton entre 1898 et 1920. Pari car il se lançait sur un créneau vide. Il n’existait en effet aucun magazine catholique breton, et si Ar Gedour était présent sur le net, le format physique n’avait pas été un choix de notre rédaction. Nous étions heureux de voir cet espace comblé, sachant qu’Augustin Debacker a réussi avec passion à proposer un mensuel de qualité, avec un véritable contenu.

« Même au sein des mouvements catholiques bretons, notre journal n’est pas souscrit et soutenu » (A. Debacker, 1/01/2023)

Malheureusement, la majorité de ceux qui auraient dû s’intéresser et soutenir ce travail ne l’ont pas fait ce qui oblige aujourd’hui la rédaction de Kroaz ar Vretoned à revoir le modèle. Le manque de soutien et l’intérêt porté à ce mensuel qualitatif interroge Augustin Debacker, qui a donc décidé d’arrêter cette aventure. C’est un regret pour ce dernier, comme pour nous, mais vu de notre prisme, cette aventure est loin d’être un échec. Nous ne pouvons que féliciter le rédacteur pontivyen d’avoir lancé ce journal, les calendriers bretons qui ont eu un véritable succès, et enfin l’audace d’évoquer des thèmes peu abordés dans le milieu breton, y compris chez les cathos.

Toutefois, parce que chez Ar Gedour, nous pensons qu’il importe de fédérer les bonnes initiatives pour avancer, et qu’un Emsav catholique ne pourra se lever avec force que si nous savons travailler ensemble au-delà de nos différences, nous continuons sur cet axe fédérateur. 2023 verra donc l’arrivée sur Ar Gedour du fonds d’articles de Kroaz ar Vretoned, sur proposition d’Augustin Debacker qui souhaite le mettre à la disposition de nos lecteurs qui seront certainement intéressés. Nous comptons aussi par la suite sur la participation rédactionnelle d’Augustin Debacker.

Cette décision continue en quelque sorte un partenariat déjà engagé depuis plusieurs mois et permettra à ce travail de ne pas tomber dans les limbes du net, continuant encore et toujours à travailler tous ensemble pour Dieu et la Bretagne.

Voici le communiqué lancé par Kroaz ar Vretoned ce 1er janvier 2023 :

Chers amis,

Tout d’abord, nous vous souhaitons une bonne et sainte année 2023, avec ce numéro de Décembre, un peu en retard. A l’origine de la création de ce journal, nous nous étions laissés 18 mois d’observation, à fournir le meilleur contenu possible pour la défense de la Bretagne Catholique, des articles sur l’Histoire, le Patrimoine et la Culture de la Bretagne, mais également sur la Doctrine Sociale de l’Eglise, source admirable de solutions pour notre société actuelle.

L’heure est donc venue de faire un bilan, et de voir si l’aventure Kroaz ar Vretoned doit se poursuivre ou s’arrêter.  A ce jour, notre journal est tiré à moins de 50 exemplaires mensuels, et nous remercions d’ores et déjà tous nos lecteurs qui nous soutiennent. Toutefois, ce bilan quantitatif implique trois éléments :

  • Economique : Compte tenu de la récente explosion du prix du papier (+30%), de l’allongement des délais et coûts postaux à partir du 1°Janvier (+10%) et surtout le niveau de taxation français (>50%), la formule actuelle est aujourd’hui hautement déficitaire. Et il serait impossible de doubler le coût d’un numéro pour absorber l’ensemble de ces augmentations. Même une campagne de don, momentané, ne pourrait changer cette conclusion sur la pérennité du système en lui-même.
  • Social : Le faible nombre de lecteurs est également un élément révélateur sur le format papier, qui aujourd’hui ne fonctionne plus. Même au sein des mouvements catholiques bretons, notre journal n’est pas souscrit et soutenu, ce qui doit nous appeler à la remise en cause : s’il n’y a pas de demande, l’offre ne peut tenir seule.
  • Religieux : A ce jour, aucun prêtre diocésain ni diocèse breton n’est abonné à notre journal et, à l’exception du Diocèse de Vannes, aucun diocèse ni autorité de l’Eglise n’a relayé notre proposition. En tant que catholique fidèle à l’Eglise, nous nous trouvons donc aujourd’hui dans une position inconfortable où il serait hautement orgueilleux de se croire au-dessus de l’Eglise de France, de pouvoir nous affranchir de notre propre Eglise.

Tous ces éléments nous poussent à prendre la lourde décision d’arrêter notre journal, en Juin 2023 avec notre numéro 24. Tous les abonnements en cours à cette date seront alors remboursés au pro-rata lors de l’envoi du dernier numéro. A notre demande, le site Ar Gedour a gentiment accepté d’accueillir, sur son site, une grande partie de nos articles pour qu’ils puissent servir aux lecteurs catholiques bretons. Car au-delà de notre action reste ce vœu et idéal, qui doit continuer : Doue ha breizh, au service de Dieu et de la Bretagne !

Une nouvelle fois, nous vous souhaitons tous une bonne et sainte année 2023 : Bloavezh mat d’an holl ! Kenavo !

Augustin DEBACKER

Rédacteur en Chef de Kroaz ar Vretoned

UN MOT AVANT DE CONCLURE :

Vous avez lu cet article jusqu’au bout ? Sachez que le site de Kroaz a Vretoned, c’est par ici. Sachant que vous pouvez souscrire à des abonnements de 6 mois, peut-être certains de nos lecteurs attachés à de telles initiatives feront-ils un abonnement de soutien dès maintenant, avant que l’aventure Kroaz ar Vretoned ne s’arrête en juin prochain ? Ca se passe par ici.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour. Après avoir co-écrit dans le roman Havana Café, il a publié en 2022 son premier roman "CANNTAIREACHD".

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6 Commentaires

  1. De Penguilly Marie Alix

    A part ar gedour qui en parle je n avais jamais eu connaissance de ce bulletin
    Et c est ainsi que j ai acheté 2 très beaux calendriers
    C est vrai que le format papier est de moins en moins prisé
    Une lettre d info est plus attractive
    A réfléchir sur le sujet
    J en profite pour remercier ar gedour de tout son travail pour nous informer sur l actualité profane et surtout spirituelle de la Bretagne
    Bonne année et merci encore, ar gedour !

  2. Le papier n’est pas mort, la presse catholique – même si elle a des difficultés – vend bien plus que 50 exemplaires par mois. Même si c’est à l’échelle de la France, des quotidiens, des hebdomadaires, mensuels ou bimensuels vendent des dizaines de milliers d’exemplaires. Le problème n’est donc pas dans le format papier.

    Un avis qui n’est que le mien, mais si cela peut aider à débattre et comprendre. Si je ne me suis pas abonné à Kroaz ar Vretonned, c’est (a posteriori) pour les raisons suivantes :

    – Manque de communication : En dehors d’Ar Gedour et de quelques tweets, je n’ai pas vu cela passer ce journal, et même sur Ar Gedour il y a tellement de choses que j’ai pu en louper pas mal. Avant de m’abonner à un journal payant, je le lis plusieurs fois gratuitement, qu’il s’agisse de journaux dans les paroisses, d’exemplaire d’un ami, ou d’un numéro offert sur demande.

    – Manque d’informations sur le contenu : Je ne vais pas m’abonner au premier journal venu, la matière vaut-elle la peine de payer ? Désole de poser la question sous cette forme, mais les quelques articles que j’ai pu voir passer ne m’ont pas emballé (vie de saint, patrimoine…). Attention, je ne dis pas qu’ils ne sont pas de qualité, mais simplement que je ne vais pas payer pour ces sujets déjà vus maintes fois, gratuitement le plus souvent sur quantité de blogs ou médias en ligne comme Ar Gedour.

    – Concurrence de l’information : Notre temps de cerveau est limité. Qu’il s’agisse de presse écrite, radio, télé ou médias pure-player comme Ar Gedour, en breton ou en français, catholique ou politique, impossible de tout lire, il faut ainsi faire des choix, d’autant plus lorsque le média est payant. Je choisis donc des « valeurs sûres », des grands noms (journaux, journalistes), ou bien des sujets qui sortent de l’ordinaire (interview d’une personnalité que j’apprécie par exemple, polémique politique, travail de recherche journalistique).

    – Style graphique vieillot : C’est triste à dire, mais trop d’initiatives catholiques sont d’un style vieillot et ne donnent pas toujours envie, j’ai pu remarquer qu’à chaque fois la raison est la même, tout repose sur une seule personne qui n’a pas les compétences graphiques, ce qui est parfaitement normal, mais qui illustre un problème récurent dans le milieu catho breton.

    Ceci étant dit, félicitations à Augustin pour avoir tenté l’aventure et tenu deux ans, mes précédentes remarques n’ont pas pour objectif de critiquer son engagement et son travail accompli, bien au contraire. Peut-être ce projet de médias échoué servira de tremplin pour un autre média ou autre projet Feiz ha Breizh qui tirera profit des erreurs passées ?

  3. Peut-être que le projet aurait été plus porteur avec une parution trimestrielle et un prix d’abonnement moindre (30,00 Euros).
    En tout cas, j’apprécie beaucoup ce magazine. Ne passons pas à côté de choses simples, et Kroaz ar Vretoned c’était la simplicité (reposant).

  4. J’ai l’impression étrange de découvrir votre journal via cette annonce de fin, c’est triste.

    C’est même dommage de s’arrêter, je comprends l’usure, mais pourquoi avoir attendu deux ans avant de tirer la sonnette d’alarme ?

    Un appel à s’abonner pour que le journal perdure aurait plus d’impact non ?

    • La sonnette d’alarme ne se tire que lorsque le train roule… (et ce magazine roulait depuis peu).

      Ar Gedour a fait remarquer qu’il était possible de souscrire un abonnement de 6 mois. ça serait un beau geste d’entraide…

      • Rares sont les gens qui lisent un article jusqu’au bout malheureusement. Sur 337 lectures de cet article, la plupart se sont arrêté au titre ou ont juste lu en diagonale.

        Même moi – ayant pourtant tout lu – je n’avais pas prêté attention à cette petite boîte bleu suggérant de s’abonner.

        Et même sur la minorité ayant lu jusqu’au bout, combien vont s’abonner en ayant lu que le journal s’arrête.

        Tous les médias en difficulté en appellent aux nouveaux abonnés avant de fermer le rideau, c’est triste de ne pas avoir essayé ici.

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