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La séquence pascale “Victimae Paschali laudes” est-elle optionnelle ?

Alors que nous approchons de Pâques, un petit rappel peut s’imposer. Quelle est cette séquence ? à quelle moment de la liturgie trouve-t-elle sa place ? Doit-on la chanter ? Voilà quelques questions qui peuvent se poser. Et si elle ne se pose pas, on vous donne quand même la réponse !

Une séquence obligatoire

Cette hymne pascale prend sa place dans la liturgie du dimanche de Pâques (et du dimanche de Quasimodo), juste avant l’acclamation de l’Evangile. Malheureusement, bien des paroisses s’affranchissent de cet élément, alors même qu’il doit être chanté et alors même que le N° 64 de la Présentation Générale du Missel Romain (PGMR) dit que “la séquence, qui est facultative sauf aux jours de Pâques et de la Pentecôte, est chantée avant l’Alléluia”. Conclusion : les séquences de Pâques et de Pentecôte sont obligatoires…  mais en plus, le texte est beau, la musique est belle, alors pourquoi s’en priver ?

 

Une hymne du XIème siècle

Elle est généralement attribuée à un auteur du XIe siècle, Wipo (appelé aussi Wipon de Bourgogne), aumônier(chapelain) de l’empereur du Saint-Empire Konrad II. On l’attribue quelquefois à Notker (moine de Saint-Gall en Suisse), au roi de France Robert le Pieux ou encore à Adam de Saint-Victor.

Le Victimæ Paschali laudes est l’une des cinq séquences médiévales à avoir été conservées dans le Missale Romanum publié en 1570 après le Concile de Trente (1545-63). Les quatre autres sont le Veni Sancte Spiritus (pour la fête de la Pentecôte), le Lauda Sion (pour la Fête-Dieu), le Stabat Mater (pour le Chemin de Croix) et le Dies iræ (qui fut longtemps intégré à la Messe de Requiem). Avant le Concile de Trente, de nombreuses autres fêtes avaient également leurs propres séquences, et pour Pâques seize d’entre elles étaient en usage.

De nombreux airs pour une séquence à succès

Son texte a été mis en musique à la Renaissance ou à l’époque baroque par de nombreux compositeurs, par exemple Busnois, Josquin, Lassus, Willaert, Hans Buchner, Palestrina, Byrd, Fernando de las Infantas et d’autres, comme Perosi au début du xxe siècle. Les chorals luthériens dérivés du Victimæ Paschali laudes sont Christ ist erstanden (de) (Christ est ressuscité) et Christ lag in Todesbanden (Christ gisait dans les liens de la mort). La cantate de Jean-Sébastien Bach du même nom (BWV 4 dans le catalogue des œuvres de Bach) développe superbement ce choral.

Il a été mis en breton (ci-dessous) par Emglev an Tiegezhioù sur l’air original en grégorien, mais il existe aussi en breton vannetais sur l’air de O Kristenion, kanamp get joé, qui est sur le ton d’un Noël ancien.

Victimæ paschali laudes
immolent Christiani.

Agnus redemit oves:
Christus innocens Patri
reconciliavit peccatores.

Mors et vita duello
conflixere mirando:
dux vitæ mortuus,
regnat vivus.

Dic nobis Maria,
quid vidisti in via?

Sepulchrum Christi viventis,
et gloriam vidi resurgentis:

Angelicos testes,
sudarium, et vestes.

Surrexit Christus spes mea:
præcedet suos in Galilæam.

Scimus Christum surrexisse
a mortuis vere:
tu nobis, victor Rex, miserere.

[Amen, Alleluia.]

Da Jezuz, Oan Pask kinniget,
Ra gano ar gristenien.

Oanig marv dibec’hed,
Gantañ holl omp dasprenet.
Setu-ni adarre e gras Doue.

Ar vuhez hag an Ankoù
Zo bet ganto emgannoù :
Met Jezuz a zo bev,
Trec’h d’ar marv.

– Lavar din, Madalen,
Petra ‘peus gwelet en hent ?

– Ar bez am eus gwelet goullo,
Ar C’hrist ‘zo adsavet, trec’h d’ar marv !

Testoù eo an Aelez.
Al liñser-gañv ‘zo ivez.
Adsavet Jezuz, ô dudi I

E Bro-C’halile e vo en ho raok-c’hwi.
Bev ar C’hrist, ni holl a oar !

Meuleudi ha Gloar !
ouzhimp, Roue trec’her, ho pet truez.

Amen, Alleluia.

À la Victime pascale, les chrétiens offrent un sacrifice de louanges.
L’Agneau a racheté les brebis ; le Christ innocent a réconcilié les pécheurs avec le Père.
La mort et la vie se sont affrontées en un duel admirable le guide de la vie, bien que mort, règne vivant.
Dis-nous, Marie, ce que tu as vu en chemin.
J’ai vu le tombeau du Christ vivant et la gloire de sa résurrection,
Les anges témoins, le suaire et les vêtements.
Le Christ, notre espérance, est ressuscité, il précèdera les siens en Galilée.
Nous savons que le Christ est vraiment ressuscité des morts.
Toi, Roi vainqueur, aie pitié de nous.
Ainsi soit-il, Alleluia.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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