Chaque été à Paimpol, une tradition émouvante perdure : le Pardon des Islandais et des Terre-Neuvas, célébré depuis 1855.
En 2025, l’édition se déroulera durant le Week‑end Breton, les 19 et 20 juillet. Ce n’est pas seulement un hommage liturgique aux marins disparus en mer — c’est un moment où la foi bretonne prend visage, entre la houle des souvenirs et l’espérance qui unit ciel et océan.
Une mémoire de sel et de prière
Le pardon puise ses racines dans les longues campagnes de pêche à la morue en Islande, débutées à Paimpol au milieu du XIXᵉ siècle. En hommage aux nombreux marins jamais revenus, une procession descend vers le port et se termine par l’immersion d’une gerbe dans la mer, symbole poignant d’un souvenir collectif.
Ancré dans la liturgie catholique, ce pardon offre un spectacle profond : la statue de la Vierge Marie, invoquée comme Stella Maris, est portée en procession. Fidèles, familles de marins et visiteurs se retrouvent pour prier, confier les absents à Dieu, et garder vivante la mémoire des disparus.
Bagadoù, cercles celtiques et festivités
Le dimanche 20 juillet 2025, après la messe et l’immersion de la gerbe, aura lieu le traditionnel défilé des cercles celtiques et des bagadoù (Bagad de Tréguier, Sonerien da Viken, cercles de Pommerit et Paimpol), suivi de spectacles, fest-noz et animations culturelles sur le quai Neuf.
📅 2025 en résumé
| Événement | Date | Lieu |
|---|---|---|
| Week‑end Breton | 19–20 juillet 2025 | Quai Neuf, Paimpol |
| Messe & immersion de la gerbe | Dimanche 20 juillet 2025 | Port de Paimpol |
| Défilé & festivités | Dimanche 20 juillet 2025 | Quai Neuf |
En honorant les marins partis vers l’Islande, ce pardon mêle foi, mémoire et culture, incarnant la résilience de la Bretagne maritime. Il invite à se souvenir, à prier, à célébrer — à relier la terre, la mer et le ciel. Fidèles, curieux, familles ou passionnés de patrimoine, chacun y trouve une place, entre foi individuelle et mémoire collective.
A PROPOS DES TERRE-NEUVAS
Les Terre-Neuvas étaient ces marins venus principalement de Bretagne et de Normandie, qui, chaque année entre le XIXᵉ et le XXᵉ siècle, partaient pour de longues campagnes de pêche à la morue dans les eaux glacées de l’Atlantique Nord. Ils naviguaient vers les côtes de Terre-Neuve, du Groenland ou de l’Islande, à bord de goélettes à voiles puis de chalutiers, quittant leurs familles pour plusieurs mois, parfois jusqu’à six ou sept, dans des conditions souvent extrêmes.
La vie à bord était rude. Les journées étaient longues, le froid mordant, le brouillard épais et constant, et la mer dangereuse. Chaque homme pêchait seul sur une petite chaloupe, souvent à la ligne, pendant des heures. Une fois la morue tirée du fond, il fallait la vider, la saler et la sécher. L’effort était immense, et le danger permanent. Les naufrages n’étaient pas rares. Beaucoup ne revenaient jamais.
Ces marins formaient une communauté solidaire et profondément croyante. La foi occupait une place centrale dans leur vie, à bord comme à terre. Les familles priaient avec ferveur pour leur retour. C’est dans ce contexte que sont nés des rites populaires puissants, comme les bénédictions de la mer ou le célèbre Pardon des Islandais à Paimpol, qui perpétue encore aujourd’hui la mémoire de ces hommes de mer.
Le mot « Terre-Neuvas » ne désigne donc pas seulement des pêcheurs de morue. Il évoque une époque, un courage, une douleur souvent tue, et une spiritualité incarnée. Leur héritage subsiste à travers la toponymie des ports, les chansons traditionnelles comme La Paimpolaise, les musées maritimes, et les pardons qui, chaque été, rassemblent croyants et curieux autour de ce passé rude et lumineux.
Sources : Wikipédia, Ville de Paimpol
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne

