Depuis le XIIᵉ siècle, Châteauneuf-du-Faou honore la Vierge Marie sous le vocable de Notre-Dame des Portes, Itron Varia ar Porzhioù. Découverte, selon la tradition, dans le tronc d’un chêne, la statue de la Vierge à l’Enfant est devenue le cœur d’un culte qui a marqué l’histoire du pays. Couronnée solennellement le 25 août 1894, en présence de dizaines de milliers de pèlerins, elle fait partie des cinq Vierges couronnées de Bretagne, aux côtés du Folgoët, de Rumengol, de Quelven et de Josselin.
Même si la foule d’antan n’est plus au rendez-vous, aujourd’hui encore, le pardon de Notre-Dame des Portes demeure l’un des plus importants de Bretagne, attirant chaque année des fidèles, des familles et des visiteurs venus chercher à la fois un enracinement spirituel et une expérience de fraternité. Cette année, le pardon sera présidé par Monseigneur Laurent Dognin, évêque de Quimper et de Léon, et se déroulera les 22, 23 et 24 août.
Le vendredi 22 août sera consacré au pardon des Aînés, avec une messe à la chapelle à 14 h 30. Au cours de la célébration, ceux qui le souhaitent pourront recevoir le sacrement des malades. Comme le veut la tradition, la rencontre se prolongera par un goûter convivial à la salle Saint-Michel. Le samedi 23 août, à 20 h 30, aura lieu la messe du soir célébrée sur l’esplanade des pardons. Elle sera suivie d’une procession aux flambeaux qui traversera les rues de Châteauneuf, moment toujours très attendu et empreint de ferveur populaire. Le dimanche 24 août sera marqué à 10 h 30 par la messe solennelle en l’honneur de Notre-Dame des Portes, animée cette année par la chorale des jeunes familles de Carhaix. Enfin, à 15 h, les vêpres et la procession mariale viendront clore le pardon dans une atmosphère de prière et de fête. Tout au long de ces trois jours, des concerts seront également proposés, contribuant à l’esprit de rencontre et de joie partagée.
Si le pardon attire par son patrimoine, ses costumes, ses processions et ses chants, il ne doit pas être réduit à une simple curiosité folklorique. La tradition est précieuse, mais elle n’a de sens que si elle reste vivante. Répétée mécaniquement, elle se vide de sa substance. Enracinée dans la foi de nos aïeux, elle nous invite au contraire à marcher dans leur sillage, à porter leurs gestes et leurs prières pour en faire un message actuel. À travers les processions, ce sont des générations entières qui témoignent de leur attachement à Marie, protectrice du pays, signe d’espérance dans les épreuves et lumière sur le chemin de l’avenir.
Participer au pardon de Notre-Dame des Portes, c’est ainsi plus que célébrer un héritage : c’est accueillir une mémoire vivante qui nous relie à notre histoire, à notre foi, et à une communauté qui dépasse le temps et les frontières. Itron Varia ar Porzhioù n’est pas seulement la Vierge de nos ancêtres, elle est aujourd’hui encore mère et protectrice, ouvrant des portes vers l’espérance et vers le Christ.

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