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Un prêtre vous répond : “pourquoi n’y a t il plus transmission de la Foi dans nos écoles catholiques ?”

Une nouvelle rubrique voit le jour sur AR GEDOUR sous le titre « Un prêtre vous répond / Respont a ra ur beleg deoc’h » : il suffira à nos lecteurs de nous poser une question, et Tad Kristof, prêtre ayant nouvellement intégré l’équipe de rédacteurs, y répondra. Parfois, d’autres prêtres seront sollicités pour répondre à vos questions. Seul votre prénom (ou pseudonyme) apparaîtra sur la réponse, de manière à garder votre anonymat.

Cher Abbé,

La question que je me pose est claire et simple : pourquoi n’y a t il plus transmission de la Foi dans nos écoles qui n’ont plus que le mot catholique sur l’enseigne ? (je parle bien sûr des écoles catholiques diocésaines sous contrat).

Pourquoi dans ces écoles le simple fait de proposer une conférence sur L’IVG (permis légal de tuer les enfants innocents) ou le “mariage” pour tous déclenche une réaction négative surprenante et disproportionnée de la direction laïque ( aux ordres de qui sont ils donc ?).

La sécularisation atteint des sommets.

Bien respectueusement.

Cormoran

La question que vous posez a de multiples causes et enjeux, mais le cœur de votre interrogation concerne, je l’ai bien compris, le « caractère catholique » des établissements qualifiés ainsi.

Puisque, j’eu l’occasion de participer à l’animation de la tutelle d’une œuvre éducative catholique de dimension nationale, je me contenterai de vous proposer quelques points d’interrogations qui me semblent utiles pour qualifier plus ou moins catholique une œuvre éducative : « Institution de l’Eglise catholique, l’Enseignement catholique est fort de son caractère propre (loi du 31/12/1959, dite Loi Debré) qui lie dans une même démarche l’instruction, l’éducation et la proposition de la foi chrétienne.» (Document d’une Direction diocésaine de l’enseignement catholique d’Ile de France).

Quel est donc le caractère propre et comment se fait la proposition de la foi chrétienne ? Voici deux lignes tout à fait légitimes d’interpellation.

Le caractère propre de l’enseignement catholique suppose qu’en aucun cas l’institution ne peut contredire et le dogme et la morale chrétienne. Ceci suppose que, restant sauve la liberté de conscience des personnes qui fréquentent l’établissement, le discours officiel ne peut contredire l’enseignement de l’Eglise. Si ceci devait se produire ponctuellement, ça ne peut être que de manière fortuite et par maladresse. L’obstination dans l’erreur pouvant conduire à l’hérésie voir l’apostasie ou le scandale. En conséquence le devoir de fidélité doit être la règle en la matière. Le contrôle de cet aspect peut se faire de diverses manières plus ou moins contraignantes. La souplesse de se contrôle, qu’on appellera accompagnement pour ne pas blesser les susceptibilités, dépend de la direction de l’établissement qui doit convenir d’un devoir de cohérence. Une cohérence faite de fidélité et de gratuité. Fidélité à l’enseignement de l’Eglise et gratuité jusqu’à la démission en cas de désaccord notoire.

La proposition de la foi chrétienne est le second point d’attention. En conséquence un établissement qui ne saurait rendre compte d’une proposition de la foi catholique (le seul témoignage suffit-il ?)  ne rempli pas cet engagement et devait avoir, me semble-t-il, les mêmes conséquences sur la direction que pour le sujet précédent.

La difficulté relève avant tout, je pense, du recrutement et de l’accompagnement des équipes de direction des établissements. Recrutement car le chef d’établissement est très influent et décisionnel. Accompagnement car pour représenter l’Eglise le directeur ne peut être isolé du clergé qui en a la charge ministérielle ordinaire.

Où l’école catholique en est-elle de ces points de repères ? Si je devais faire un audit voici des points d’attention qui me paraissent pouvoir permettre une vraie évaluation du caractère propre.

Vous constatez des problèmes, des incohérences, je ne peux que vous encourager à les signaler simultanément à la direction de l’établissement, à la direction diocésaine de l’enseignement catholique et à l’évêque en personne de manière responsable, c’est à dire en vous identifiant, et factuelle, en décrivant sobrement : les faits datés, chiffrés et nominatifs, vous abstenant autant que possible de juger lors de la narration des faits. Ainsi vous instruirez l’autorité compétente.

Je ne doute pas que ma réponse ne vous satisfait pas totalement. Le thème abordé est complexe et fait l’objet de multiples ouvrages. Il est aussi un sujet brûlant qui sert à des polémiques que notre Eglise ne peut plus se permettre d’aborder.

Les écoles catholiques sont un des rares lieux institutionnels où l’Eglise en France peut s’adresser à une multitude. Elles ont une histoire longue qu’on ne peut remettre en cause d’un revers de main sous des prétextes de principes. Si des écoles sont devenues moins “chrétiennes”, comme beaucoup de personnes ou d’activités dans notre société, il nous faut d’autant plus les porter dans la prière et se tenir prêt à les aider pour de justes raisons et occasions.

JE POSE MA QUESTION A TAD KRISTOF : 

(vous n’êtes pas obligé de mettre votre nom : un prénom ou un pseudonyme peuvent suffire)

Votre nom / Hoc'h anv (obligatoire / endalc'hus)

Votre email / Ho postel (obligatoire / endalc'hus)

Sujet / Danvez

Votre message / Ho kemennad

ATTENTION : les messages que vous envoyez à cette adresse sont consultés par le directeur de publication d’Ar Gedour et / ou le webmaster, avant d’être envoyés à Tad Kristof. Si vous souhaitez évoquer des questions plus personnelles avec un prêtre nous vous invitons à entrer en contact avec le recteur de votre paroisse.

À propos du rédacteur Tad Kristof

Tad Kristof a été ordonné prêtre en juin 2000. Il a exercé notamment en Afrique où il a créé "Tud a Vreizh" à Libreville. Passionné par la Bretagne, il contribuera à la dimension spirituelle d'Ar Gedour en répondant aux questions qui lui seront posées.

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