Dans une paroisse bretonne, un jeune chargé d’animer une messe s’est vu reprocher d’avoir choisi des chants en français, en breton… et en latin. La remarque qu’il aurait entendue — «Quand on mourra, l’église fermera avec nous ! » — résonne comme un aveu amer. Derrière l’anecdote, c’est une fracture plus profonde qui se révèle : celle d’une transmission devenue conflictuelle.
L’histoire – vécue par d’autres également et qui nous sont remontées – pourrait prêter à sourire si elle n’était pas si révélatrice. Un jeune engagé dans la vie paroissiale, volontaire pour préparer et animer une liturgie, fait le choix d’un répertoire mêlant français, breton et latin. Rien d’extravagant : trois langues qui, chacune à leur manière, appartiennent pleinement à l’histoire liturgique et spirituelle de la Bretagne. Pourtant, ce choix – ouvert sur la réalité du monde – suscite l’incompréhension, voire l’hostilité, d’une frange paroissiale. Beaucoup ne pensent rien, mais on entend toujours une minorité plus bruyante.
La phrase rapportée — «Quand on mourra, l’église fermera avec nous » — agit comme un couperet. Elle dit beaucoup plus qu’un simple agacement esthétique ou générationnel. Elle exprime une forme de renoncement : l’idée que (pour certains) la transmission n’aurait plus de sens dès lors qu’elle ne se ferait pas à l’identique de ce qui a été vécu auparavant.
Or, ce qui frappe aujourd’hui, c’est précisément le mouvement inverse chez nombre de jeunes croyants. Loin d’un désintérêt pour la foi ou la liturgie, beaucoup manifestent une soif de racines, de profondeur et de continuité. Loin d’une rupture, ils sont dans une évolution organique, ne réclamant pas un retour figé au passé, mais cherchant à renouer avec ce qui les dépasse et les transcende : des langues ancestrales qui disent quelque chose du sacré, des gestes hérités, une mémoire spirituelle qui ne commence pas avec eux et dont chaque génération est dépositaire. Au-delà des murs.
Ce désir peut déstabiliser. Il remet en question des choix opérés par la génération précédente, souvent dans un contexte de bouleversements rapides, de sécularisation et de crainte de disparaître. Ces choix avaient leur cohérence, leur urgence, parfois leur nécessité. Mais lorsqu’ils deviennent intouchables, ils risquent de se transformer en dogmes non assumés, défendus non plus par conviction théologique, mais par réflexe identitaire, avec le risque de se placer également sur un chemin sectaire.
Le paradoxe est là, nous l’évoquions dans un article il y a peu : une partie d’une génération qui a voulu ouvrir, adapter, réformer, peut aujourd’hui se montrer incapable d’accepter que les plus jeunes interrogent à leur tour cet héritage. Comme si le droit de questionner devait s’arrêter à une date donnée. Comme si la fidélité consistait à figer, et non à faire vivre.
La Bretagne, terre de langue et de foi mêlées, connaît bien cette tension. Le breton, longtemps marginalisé, revient parfois par la voix de jeunes qui ne l’ont pas reçu naturellement mais l’ont choisi. Le latin, caricaturé comme symbole d’un autre âge, redevient pour d’autres un langage commun, non parce qu’il serait compris de tous, mais parce que, pour eux, il les relie au-delà des frontières et des générations, et qu’il dit quelque chose de sacré.
Refuser ces aspirations, c’est prendre le risque de transformer l’Église en musée (ou pire… en tombeau !) : un lieu peut-être soigneusement entretenu, mais vidé de sa capacité à engendrer. Accueillir ces questions, au contraire, suppose une humilité exigeante : reconnaître que l’on n’est qu’un maillon, un pont, et non le dernier mot de l’histoire.
Dire «Quand on mourra, l’église fermera avec nous », c’est peut-être exprimer une fatigue réelle, une peur de ne plus se reconnaître. Mais l’Église ne se ferme pas parce qu’elle change ; elle se ferme lorsqu’elle cesse de transmettre autrement que par la répétition. La transmission n’est jamais une copie conforme : elle est toujours re-création, au risque de l’inconfort.
Et si, au lieu de craindre ce que les jeunes remettent en question, nous acceptions d’être, simplement, comme certains de nos anciens, ceux qui passent le relais ?
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne

J’ai remarqué que dans le sillage d’une interprétation fausse de Vatican II, beaucoup de jeune prêtres ordinnés dans les années 60 ont fait des choix très discutables :
– chasse au latin et au breton. Mgr Gourvès était l’un d’eux avant qu’il tourne son chupenn à Vannes. On l’appelait Mao…
– destrcution du rite pénitentiel avec des chansonnettes qui ne font m^mem plus mention de notre état radical de pêcheurs (une célébration de la parole par exemple où on a remplaçé cet aveu de pêcheurs par « n’hon eus ket sentet ouzh ar Spered a wirionez ».
– destruction du sacrement du Pardon , d’abord en ne le maintenant plus obligatoire en cas de péché mortel, puis en faisant des absolution collectives qui sont toutes en contravention du rituel, enfin en ‘distribuant’ la communion à 99 % des gens qui ne sont pas en état de la recvoir.
– changement des paroles des cantiques breton en oblitérant le péché (ex: Gwerc’hez venniget) , changements des cantiques de Rumengol et du Folgoad etc..
– tutoiementt à Dieu
– célébrations au rabais sous prétexte de liberté ‘les nombreux ‘ad libitum’ du nouveau rituel ont bon dos. Exemple : suppression du rite pénitentiel aux mariages, à Noël, non respect du lectionnaire, non respect des heures (messe de minuit à 18 heures etc)
J’arrête là pour ne décourager la jeune génération mais il faut être lucide.
L’église s’est vidée dans les années 1960 progressivement , les rites étaient moins marqués , le breton et le latin vus comme des vieilleries par nombre de prêtres certes mais aussi par la majorité de la population bretonne , ces langues s’adressaient aux anciens selon le discours ambiants en 1970 , comme la langue avait cessé d’être transmise depuis longtemps finalement car « le français c’était le progrès et l’anglais l’avenir » .
Désormais les Breton(ne)s sont francisés largement , et une autre fracture apparaît , les nouveaux venus installés en Bretagne souvent des retraités refusent d’entendre le moindre chant en breton mais il y a aussi des jeunes dans nos paroisses qui le disent aussi car ils ne sont pas Bretons , c’est pourquoi il faut se battre pour en avoir lors des célébrations .
Si la Bretagne c’est uniquement des paysages , les plages , de la voile , des crêpes et du cidre , un peu de binioù , c’est mal parti .
La perte de la langue bretonne et la déchristianisation vont de paire et une Bretagne sans le breton ne sera plus .
Ste Anne qui s’est adressée à Yves Nikolazig l’a fait en breton , la Vierge qui portait des messages à Kerien aussi ou encore au Folgoed ou à Kerizinen à Jeanne Louise Ramonet ….
L’espoir c’est que des gens veulent entendre du breton à l’église plus souvent , Kanerien St Leonard chantera en breton ce soir à Ploemeur Lomener , la chorale est bien fournie en chanteurs et chanteuses assidus .
Le relativisme concernant divers sujets au sein de l’église ne correspond pas au texte de l’évangile , ni de ceux des épitres de Paul , ni des actes des apôtres …. ni de la la Révélations .
Et puis il y a cette ritournelle que l’on entend partout : « Aotrou Doue madelezhus ».
A force le bon Dieu est assimilé à une sorte de Père Noël gaga qui passe tout.
Dans le psaumes Dieu n’est pas madelezhus, il est reizh.