Saints bretons à découvrir

Sainte Théodore Guérin sera à la Vallée des Saints

Amzer-lenn / Temps de lecture : 7 min
Photo Vallée des Saints

Cette annonce de la Vallée des Saints pourra certainement intéresser nos lecteurs des Etats-Unis.

Un beau projet se profile pour l’année 2025, qui voit les 15 ans de la Vallée des Saints, avec la création d’une sculpture monumentale de 28 tonnes et de plus de 4 mètres de haut, à l’effigie de Sainte Théodore Guerin, fondatrice des Sœurs de la Providence de Saint Mary-of-the-Woods dans l’Indiana (États-Unis). Elle est considérée comme la 8ème Sainte d’Amérique du Nord. Elle est surtout Bretonne et née en 1798 à Binic-Étables-sur-Mer (Côtes-d’Armor).

Qui était soeur Théodore Guérin ?

La Bretagne est une terre qui a donné beaucoup de missionnaires, dont de très nombreux saints. Tout comme Jeanne Jugan et bien d’autres, soeur Théodore Guérin en fait partie.

Anne-Thérèse est la fille de Laurent Guérin, des Sieurs du Rocher, et de son épouse Elizabeth le Fèvre. Laurent Guérin devint officier de la Marine française sous Napoléon Bonaparte. Anne-Thérèse est née vers la fin de la Révolution française, pendant laquelle la Bretagne a été particulièrement déchirée par les luttes autour de la religion : écoles et églises avaient été fermées, et beaucoup de prêtres catholiques n’avaient le choix qu’entre l’exil et la guillotine.

Laurent et Isabelle ont eu quatre enfants, dont seules deux – Anne-Thérèse et Marie-Jeanne – sont parvenues à l’âge adulte.

Anne-Thérèse fut principalement éduquée par sa mère, à la maison. Dès l’âge de dix ans, où elle fut admise à la première communion, plus tôt que l’habitude, elle confiait au prêtre d’Étables son désir d’entrer dans une communauté religieuse.

Elle n’avait que quinze ans quand son père fut tué par des brigands en revenant chez lui. Sa mère tomba dans une profonde dépression, et c’est Anne-Thérèse qui fut la maîtresse de maison pour sa mère et sa sœur, s’occupant tout aussi bien du jardin. Ce n’est qu’à 25 ans que sa mère lui donna l’autorisation d’entrer au couvent, alors qu’Anne-Thérèse le lui avait déjà demandé cinq ans auparavant.

Anne-Thérèse rejoint la jeune congrégation des sœurs de la Providence de Ruillé-sur-Loir. Elle prend le nom de sœur Saint-Théodore. Elle émet ses vœux simples le 8 septembre 1825, et les vœux perpétuels, qui n’étaient pas obligatoires à cette époque, le 5 septembre 1831.

Sœur Saint-Théodore est envoyée enseigner d’abord à Preuilly-sur-Claise. Là elle manque de mourir d’une maladie, probablement la variole, dont elle garde des séquelles, devant rester à la diète tout le reste de sa vie.

Le reste de son activité en France se passe à l’école paroissiale Saint-Aubin de Rennes ainsi qu’à Soulaines dans le diocèse d’Angers, où elle enseigne et visite les malades. L’inspection académique lui remet une médaille pour la féliciter de son enseignement.

En 1840, sœur Saint-Théodore est envoyée à la tête d’une mission aux États-Unis, à la demande de l’évêque français de Vincennes (Indiana), avec l’accord de sa Mère supérieure. Ne se croyant pas de taille pour la mission, elle accepte cependant, se fondant sur la règle de la congrégation : « La congrégation ayant le devoir de travailler avec zèle à la sanctification des âmes, les sœurs seront disponibles pour aller où que ce soit où l’obédience les envoie ».

«Avec Jésus à nos côtés, que pouvons-nous craindre? ».

À travers des années de chagrin et des années de paix, la Mère Théodore se fia à la providence divine et à sa propre ingéniosité et foi pour conseils et direct ion. Elle encouragea les Soeurs de la Providence à « s’en remettre aux mains de la providence ». Dans ses lettres à la France, elle déclarait, «Mais notre espoir se trouve dans la providence de Dieu, qui nous a protégées jusqu’à maintenant et qui fournira à nos besoins futurs d’une façon ou d’une autre ».

En automne 1840, la mission de Saint-Mary-of-the-Woods ne consistait qu’en une minuscule chapelle en rondins qui servait également d’habitation au curé, flanquée d’une petite ferme où vivaient la Mère Théodore, les soeurs de France et plusieurs postulantes. Pendant ce premier hiver, des vents violents venant du nord firent trembler la petite ferme. Les soeurs avaient souvent froid et faim. Mais elles transformèrent un porche en chapelle et étaient réconfortées par la présence du Saint Sacrement dans l’humble couvent. La Mère Théodore disait, «Avec Jésus à nos côtés, que pouvons-nous craindre? ».

Pendant les premières années à Saint-Mary-of-the-Woods, la Mère Théodore dut faire face à de nombreux obstacles: des préjudices anti-catholiques, et particulièrement contre des femmes religieuses catholiques; des trahisons; des malentendus; la séparation de la congrégation d’Indiana de celle de Ruillé; un incendie dévastateur qui détruisit toute une récolte laissant les soeurs pauvres et affamées; et de fréquentes maladies graves. Elle persévéra envers et contre tout, ne désirant qu’une chose, «Qu’en tout et partout, la volonté de Dieu soit accomplie ». Dans sa correspondance à ses amis, la Mère Théodore reconnaissait ses tribulations. Elle écrivit: «Si cette pauvre petite communauté s’établit un jour, ce sera sur la Croix; et c’est ce qui me donne confiance et me fait espérer, souvent contre tout espoir ».

La sainteté de la Mère Théodore était évidente pour tous ceux qui la connaissaient, dont beaucoup d’entre eux la décrivaient comme une « sainte ». Elle possédait la capacité de tirer le meilleur des êtres, de leur permettre d’atteindre plus qu’ils ne croyaient possible. L’amour de la Mère Théodore était l’une de ses caractéristiques principales. Elle aimait Dieu, les êtres que Dieu avait créé, les Soeurs de la Providence, l’Église catholique et ses supérieurs. Elle n’excluait personne de son ministère ou de ses prières car elle avait dédié sa vie à aider les gens à connaître Dieu et à vivre une meilleure existence.

Mère Théodore savait que seule, elle ne pouvait rien accomplir, mais qu’avec l’aide de Dieu, tout était possible. Elle acceptait les difficultés, les ennuis et les injustices envers elle comme faisant partie de sa vie. Au milieu des persécutions, Mère Théodore demeura entièrement et fidèlement consacrée à Dieu.

Moins d’un an après son arrivée à Saint-Mary-of-the-Woods, la Mère Théodore ouvrit la première école de la congrégation, et en 1842, établit des écoles à Jasper, Indiana et St Francisville, Illinois. Au moment de sa mort, le 14 mai 1856, la Mère Théodore avait ouvert des écoles dans plusieurs villes d’Indiana, et la congrégation des Soeurs de la Providence était forte, viable et respectée. La Mère Théodore attribuait toujours la croissance et le succès des Soeurs de la Providence à la bonne volonté de Dieu et de Marie, Mère du Seigneur, à qui elle dédia le ministère de Saint-Mary-of-the-Woods.

Elle est béatifiée en octobre 1998 à Rome par Jean-Paul II et canonisée par Benoît XVI le 15 octobre 2006. Son dossier de canonisation souligne d’elle « le don qu’elle offre aux générations qui se succèdent est sa vie en tant que modèle de sainteté, vertu, amour et foi ».

Un financement participatif

Une première réunion s’est déroulée au siège du Groupe Méré à Mordelles (35) en compagnie des Sœurs de la Providence et des sculpteurs Margot Lasalle et Goulven Jaouen. Un financement collectif va être lancé.
Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à contacter la Vallée des Saints, qui recherche également des Bretons dans l’Indiana qui pourraient soutenir le projet.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est le fondateur du site et de l'association Ar Gedour et assure la fonction bénévole de directeur de publication. Il anime aussi le site Kan Iliz (promotion du cantique breton). Après avoir co-écrit dans le roman Havana Café, il a publié en 2022 son premier roman "CANNTAIREACHD".

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