La Troménie de Sainte Anne passera aujourd’hui sur le secteur de Branderion. L’occasion de nous pencher sur le patrimoine local. Récemment, une lectrice nous a demandé si Brandérion (Diocèse de Vannes) était le lieu le plus ancien concernant la vénération de sainte Anne. En effet, « Branderion s’honore de posséder la plus ancienne chapelle dédiée à Sainte-Anne (XIVe), patronne de la Bretagne, dont la fondation remonte aux XIe et XIIe siècles » dit le site internet du petit bourg morbihannais. Selon un habitant, la chapelle, qui a été restaurée dans les années 1975, serait plus ancienne que celle de Sainte Anne d’Auray. Posée sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, cet édifice est ouvert tous les jours.
Sainte Anne de Branderion

Selon le site InfoBretagne, cette paroisse de Brandérion est d’érection relativement moderne. Santez Anna goh de Branderion est attestée dès le XIème siècle. Certains arguant qu’un culte à sainte Anne existait dès le IXème siècle sur ce lieu, se rapprochant sensiblement de la datation de la chapelle de Keranna désignée par la grand-mère de Jésus à Nicolazic :
« Ne craignez rien, Yvon. Je suis Anne, Mère de Marie. Allez dire à votre recteur que, dans la pièce de terre appelée Bocenno existait avant tout village une chapelle qui m’était dédiée, la première bâtie en mon honneur par les Bretons. Voilà 924 ans et six mois qu’elle est en ruines. Je désire qu’elle soit rebâtie au plus tôt et que vous en preniez soin : Dieu veut que j’y sois honorée. »
Ce qui signifie une chapelle édifiée dans les années 700 sur le Bocenno, deux siècles avant celle de Branderion. Qu’en est-il réellement ? Il n’y a pas beaucoup de sources sur cet édifice jouxtant une ancienne voie romaine. Encore en 1363, les titres de l’abbaye de la Joie la représentent à l’état de trêve de Languidic, et il faut aller jusqu’en 1402, avant de lui trouver la qualification de paroisse. Dans ces temps reculés, son nom était Pranderyon, Prederyon, mot dans lequel certains ont voulu voir l’expression Prœdium Annœ, désignant l’héritage ou le territoire d’Anne (cf abbé Cillart, manuscrit des archives départementales du Morbihan). A l’appui de cette étymologie, on peut donc citer l’existence, au bourg même, d’une très ancienne chapelle, dédiée à sainte Anne, et d’une chapellenie de même vocable, desservie dans cette chapelle.
Actuellement, le plus important projet est la réfection du sol, nécessitant des fonds importants.
Sainte Anne-la-Palud
Dans le diocèse de Quimper & Léon, on retrouve également ce culte dans des temps assez reculés. Ainsi, la première chapelle de sainte Anne-la-Palud, selon la légende, aurait été construite par Saint Guénolé (soit donc vers la fin du Vème siècle). On pense qu’elle se situait au sud-ouest des dunes actuelles donc, aujourd’hui, sur la plage. Il existe encore un vieux chemin qui mène à cette ancienne chapelle disparue : Hent Santez Anna gollet (le chemin de Sainte-Anne la disparue). La seconde chapelle fut construite à l’époque romane sous la colline qui domine la baie. Sa flèche haute de 20,5 mètres portait les dates 1230 et 1419. Au linteau d’une porte latérale on pouvait lire 1232. Cette chapelle eut donc l’honneur de recevoir la statue de granit de 1548, couronnée en 1913. Une troisième chapelle aurait été érigée vers 1630 avec les matériaux de l’ancien édifice. Enfin, une quatrième chapelle est finalement reconstruite en 1863, un oratoire lui étant adjoint en 1903.
Selon Irène de Château-Thierry, responsable de la commission d’art sacré du Diocèse de Vannes « du XVe siècle, siècle de prospérité en Bretagne, il reste trois jolies chapelles gothiques dédiées à sainte Anne : celle de Buléon, but de pèlerinage, celle de Saint-Dolay et celle de Saint-Nolff, construite à côté de l’église ».
Finalement, la question n’est pas tant de savoir chez qui se trouve la primeur d’un culte à sainte Anne, que le fait de pouvoir affirmer que la grand-mère de Jésus est vénérée depuis très longtemps en terre d’Armorique.
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne