Ce dimanche (ou le 6 janvier selon l’endroit où vous êtes, ou encore si vous utilisez le Vetus Ordo), c’est l’Epiphanie. L’occasion de reprendre un cantique en breton spécialement composé pour cette solennité, que vous pouvez retrouver sur le site Kan Iliz.
Ce cantique est issu du « Kantigou Brezonek Eskopti Sant Brieg ha Landreger », et conte l’histoire des Mages venus d’Orient visiter l’Enfant-Jésus. Il est chanté à l’Epiphanie sur l’air aux très anciennes racines O Sola magnarum urbium, qui se chante pour les laudes de l’Epiphanie ou sur l’air de Salud deoc’h iliz ma farrouz
Nous n’avons pas pris le temps de vous proposer une traduction correcte mais cela viendra par la suite. Les deux premiers couplets disent :
1 – Bethléem, ce petit village, est devenu le plus grand, car y est né le Messie, le Sauveur du Monde.
2 – Dans la voûte céleste, une étoile, d’un éclat plus brillant que le soleil, montra au trois rois où était né le Fils de Dieu.
La partition en grégorien se trouve sur ce lien. Il peut aussi être chanté sur l’air de Salud deoc’h Iliz ma farrouz (cf sur le site Kan Iliz et ci-dessous)
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne
Pour Efflam.
Post 1/2. Le texte breton en graphie peurunvan, très proche de la graphie de 1908 (Vallée/Ernault) utilisée:
Les différence sont minimes (bihana/bihanañ ou encore d’ezan ou d’eoc’h pour respectivement dezhañ ou deoc’h).
.1
Bethleem, ar gêr vihanañ,
‘zo deuet da vezañ ar vrasañ
peogwir enni eo bet ganet
ar Mesiaz, Salver ar Bed.
.2
E bolz an neñv, ur steredenn,
trec’h kalz d’an heol he sklerijenn,
a zisklerias d’an tri Roue
e oa ganet gwir Vab Doue.
.3
Raktal int da guitaat o bro,
Ha da ober hent war un dro ;
O steredenn gaer a luc’he
d’o bleniañ betek ar Jude.
.4
Ar Mesiaz p’o deus kavet,
dirazañ o zri zo stouet .
N’oant bet biskoazh ken eurus
‘vel e kraou ar Mabig Jezuz
.5
‘vit diskouez o anaoudegez,
p’o deus kalz a binvidigezh
e roont aour, ezañs ha mir.
Pebezh karantez ! N’eo ket gwir !
.6
Hag an aour a ziskouez eo Roue.
Hag an ezañs ez eo Doue.
Dre ar mir e anavezomp
eo ivez un den eveldomp.
.7
Deomp, evel an tri Roue,
da welout Jezuz, Mab Doue.
Ha pe ‘z omp pinvidik pe baour,
profomp dezhañ mir, esañs, aour.
.8
Roomp dezhañ gant largentez
Aour hon c’halon, hon c’harantez,
Esañs ar gwir bedenn gristen,
Ha goude, mir ar binijenn.
.9
Meuleudi deoc’h Salver ar Bed,
Ho kloar, hiriv, dre-holl a sked.
Meuleudi da Zoue an Tad,
d’ar Spered-Santel, evit mat.
Traduction en français, dans le post 2/2 à suivre
post 2/2 Proposition de traduction en français. La numérotation des couplets facilitera pour ceux qui le désirent les rapprochements. La traduction s’efforce d’être précise tout cherchant à refleter le breton. Penser aussi que l’auteur du cantique a de toute évidence organisé son texte de façon à ce qu’il s’accorde (rythmique et syllabes) à la mélodie. Cela impacte parfois la rédaction bretonne.
.1
Bethleem, la plus petite ville
Est devenue la plus grande
Puisque y est né
Le Messie, Sauveur du Monde
.2
Dans la voûte du ciel, une étoile,
Dont la clarté l’emporte de beaucoup sur le soleil
Montrât aux trois rois
Qu’était né le véritable Fils de Dieu.
.3
Aussitôt ils quittèrent leur pays,
Et firent route directement.
Leur belle étoile brillait,
Pour les conduire jusqu’à la Judée.
.4
Le Messie quand ils l’ont trouvé,
Devant lui les trois se sont inclinés.
Ils ne furent jamais aussi heureux
Que dans la crèche de l’Enfant-Jésus
.5
Pour montrer leur reconnaissance,
Comme ils avaient beaucoup de richesse,
Ils donnent de l’or, de l’encens, de la myrrhe.
Quel amour ! Incroyable ! (N’eo ket gwir ! exclamation bretonne, marquant la surprise)
.6
Et l’or montre qu’il est Roi.
Et l’encens qu’il est Dieu.
A travers la myrrhe, nous reconnaissons
Qu’il est aussi un être humain comme nous.
.7
A nous, comme aux trois rois,
De voir Jésus, Fils de Dieu,
Et que nous soyons riche ou pauvre,
Offrons-lui de la myrrhe, de l’encens, de l’or.
.8
Donnons-lui avec générosité
L’or de notre cœur, de notre amour,
L’encens de l’authentique prière chrétienne,
Et puis la myrrhe de la pénitence.
.9
Louange à vous Sauveur du Monde,
Votre gloire, aujourd’hui, à travers tous rayonne.
Louange à Dieu le Père,
A l’Esprit-Saint, pour de bon.
(C’est-à-dire « point final ». Ou alors, faut-il comprendre, à une syllabe près : « evit e vat ». C’est-à-dire : Pour le bien qu’il fait ?)