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YANN-BER CALLOC’H : »Sois bénie, année nouvelle… »

Amzer-lenn / Temps de lecture : 2 min

En cette fin d’année 2014 initiant le centenaire de la Grande Guerre, nous proposons ce poème de Yann Ber Calloc’h

 

Or, la mil neuf cent quatorzième année après la naissance du Christ dans l’étable,
Comme la tête du Pauvre tout à coup, à la fenêtre des mondains livrés aux danses déréglées,
Comme les trois paroles sur le mur, au temps du grand souper de Balthazar,
Comme une lune de deuil et de terreur, aveuglant chaque soleil de sa splendeur sauvage,
Au-dessus des horizons méprisables de la catin Europe, 
La face sanglante de la Guerre !


Comme les chanteurs de la Bonne Nouvelle, qui vont par la Bretagne, de porte en porte, à la fête bénie de Noël,- En souvenir des anges qui annoncèrent la paix aux hommes la première nuit de l’Age chrétien, –


J’ai cherché mes frères, ce soir, pour leur dire les souhaits du barde.
Et je n’ai trouvé personne à la maison.


Les douces maisons de la Celtie sont vides, à part quelques foyers, de-ci, de-là, où le feu depuis longtemps est éteint

Et devant lesquels on voit pleurer de pauvres femmes, et de petits enfants qui songent, qui songent.
O mon Dieu, quelle peste a passé sur ce pays-ci ?


Celte de la Haute Ecosse, où es-tu ? Et toi, Celte d’Irlande ? Où donc es-tu, Celte de Galles ? 

O Celte de Bretagne, mon sang, où es-tu ? 

Elles sont vides, les douces maisons de la Celtie ! 

Comme le soleil de l’été se levait sur la vallée, les hommes sont partis avec leurs épées.


Je ne dors plus. Il y a une voix, dans la nuit d’hiver, qui m’appelle, une voix étrange…
Bientôt je serai dans la tuerie. Quels signes y a-t-il sur mon front, année nouvelle, verrai-je la fin ? 

Et qu’importe ? Que ce soit tôt ou tard, quand l’heure sonnera d’aller vers le Père, j’irai joyeux : 
Jésus sait consoler nos mères.


Sois bénie, année nouvelle, quand bien même, au milieu de tes trois cent soixante-cinq jours, il y aurait mon dernier jour !

 

Sois bénie ! Car plus de cent années ont passé sur ce pays sans avoir connu autre chose que la colère de Dieu, et tu contempleras, toi, ses miséricordes.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est le fondateur du site et de l'association Ar Gedour et assure la fonction bénévole de directeur de publication. Il anime aussi le site Kan Iliz (promotion du cantique breton). Après avoir co-écrit dans le roman Havana Café, il a publié en 2022 son premier roman "CANNTAIREACHD".

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