En Bretagne, les pardons relèvent pleinement de l’identité culturelle ET spirituelle bretonne. Pas seulement l’un ou l’autre, mais les deux. Ces fêtes dédiées à un saint protecteur, enracinées dans une chapelle, une paroisse ou un quartier, continuent de rassembler des foules parfois considérables. Un patient travail de recensement mené par Bretagne Culture Diversité révèle aujourd’hui l’ampleur de ce phénomène vivant à travers la nouvelle plateforme « 1001 pardons », appelée à devenir bien davantage qu’un simple répertoire.
Mesurer l’ampleur d’un phénomène toujours vivant
L’analyse du calendrier révèle aussi un fait marquant : le 15 août, fête de l’Assomption, est la journée qui concentre le plus grand nombre de pardons simultanément célébrés en Bretagne, signe de l’enracinement profond de la dévotion mariale.
Une base documentaire appelée à devenir mémoire vivante
D’un répertoire à un outil de dynamique pour les pardons

La richesse de cette base de données lui donne vocation à devenir un levier de dynamisation pour les pardons eux-mêmes. Elle peut favoriser la circulation de l’information, la transmission des savoirs, et la mise en réseau des acteurs qui, sur le terrain, font vivre ces fêtes.
Dans cette perspective, un partenariat plus étroit avec des acteurs déjà profondément engagés dans la réalité des pardons apparaît comme une évidence. Couplées avec les actions des pastorales diocésaines (notamment la pastorale du Tourisme), et paroissiales, des initiatives comme Ar Gedour, qui suit et recense depuis longtemps l’actualité des pardons, ou Kan Iliz, dont le collectage des cantiques bretons est intimement lié à ces célébrations, ou bien également Skol ar Pardonioù, SOS Pardons et Booste ton Pardon destiné à redonner des pistes de dynamisation constituent un prolongement naturel de ce travail.
Les diocèses bretons, ainsi que des auteurs tels que Bernard Rio, ont également contribué aux premières réflexions autour de cet outil. De plus, Breiz Santel ayant largement pris part à la résurrection et au maintien de ces pardons par son travail de restauration des chapelles et par son soutien, il parait donc évident qu’un tel partenaire ne peut être laissé de côté dans une perspective de développement.
L’articulation entre cette base régionale et ces ressources de terrain permettrait d’enrichir les fiches par des liens vers les chants collectés, des recensements déjà existants, des relais réguliers vers un public directement concerné. Si le travail patrimonial mené par Dastum est essentiel pour la conservation des archives, l’ancrage dans la pratique vivante des pardons se trouve aujourd’hui très largement porté par des acteurs engagés au quotidien.
Un tel outil, adossé à ces complémentarités, dans l’idée de ne pas rester dans un esprit de chapelle mais de travailler ensemble à la pérennisation d’un outil prometteur, pourrait devenir bien davantage qu’un inventaire : une plateforme de référence, un lieu de convergence entre mémoire, pratique vivante et transmission, au service de l’avenir même des pardons en Bretagne.
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne
