
Dans le cadre du Jubilé des jeunes organisé à Rome par l’Église catholique, un objet chargé d’histoire et d’espérance a été exposé cette semaine à l’église Saint-Yves-des-Bretons : la « Croix d’Immortelles » ayant appartenu au bienheureux Marcel Callo, jeune rennais mort en déportation en 1945.
Depuis le 29 juillet et jusqu’au 3 août 2025, les pèlerins peuvent vénérer cette croix en l’église Saint-Yves des Bretons, à Rome. Ce mercredi 30 juillet, la délégation du diocèse de Rennes (Ille-et-Vilaine), conduite par Mgr Jean Bondu, évêque auxiliaire, a officiellement présenté la croix à Florence Mangin, ambassadrice de France près le Saint-Siège. Le père Nicolas Esnault, recteur de la paroisse, et Thomas Gueydier, postulateur de la cause en canonisation de Marcel Callo, étaient également présents.
Une croix façonnée dans l’épreuve
Cet objet unique remonte à août 1944. Alors qu’il était emprisonné dans un camp nazi pour avoir refusé de renoncer à sa foi, Marcel Callo reçut ce signe d’espérance de la part de l’un de ses compagnons de captivité, Camille Millet. Profitant d’un travail forcé chez un maraîcher, ce dernier cueillit quelques immortelles, fleurs résistantes au temps, et parvint à les faire entrer clandestinement dans la prison. Avec ces fleurs séchées, il façonna une croix devant laquelle Marcel Callo et onze camarades de cellule purent prier ensemble, au cœur de la persécution.
Marcel Callo, témoin de foi jusqu’au bout
Jeune typographe rennais, Marcel Callo avait été envoyé en Allemagne au titre du service du travail obligatoire (STO). C’est sa foi catholique fervente qui attira sur lui la suspicion des autorités nazies : arrêté, il fut interné, puis mourut au camp de Mauthausen le 19 mars 1945, à l’âge de 23 ans. Béatifié par Jean-Paul II en 1987, il est aujourd’hui proposé comme modèle aux jeunes chrétiens du monde entier.
La présence à Rome de la « Croix d’Immortelles », fragile et précieuse, permet aux milliers de participants du Jubilé des jeunes de prier en communion avec Marcel Callo et de méditer sur le témoignage de foi et de courage laissé par celui que l’on surnommait « l’apôtre des apprentis ».
Nous profitons de cette occasion pour faire découvrir à nos lecteurs la fiche de prisonnier de Marcel Callo, à laquelle nous avons récemment eu accès via les archives du Centre national des archives de l’Eglise de France (CNAEF).
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