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An Namnediz, pionniers du folksong breton

Qui connaît le groupe musical breton An Namnediz  ? Il est pourtant pionnier du folk-song breton et mérite qu’on s’y attarde, comme nous l’avons fait pour les Deri Dowlas.

Ce  groupe est né au sein du Cercle Breton de Nantes en 1960. Au début, certains les appelaient ironiquement « Ar berrloereier gwenn-ha-du », « Les Chaussettes Noires… et Blanches », par référence à un groupe à la mode de l’époque. Ils délaissaient la veuze et la bombarde pour la guitare et la flûte, et cet échange ne pouvait manquer de choquer certains « folkloristes ».

Au départ, les artistes cherchaient avant tout à faire danser dans le style de chaque pays, mais selon un mode nouveau d’expression fourni par des instruments aux registres plus larges. Par la suite, ils ont songé à constituer un groupe vocal et instrumental, qui s’est étoffé petit à petit.

En 1964, “nous quittions notre « association-mère », creuset où nous avions trouvé les conditions de notre genèse, car les cercles celtiques, même les meilleures, comme celui-là, mènent à tout, à condition d’en sortir, et prenions le nom « AN NAMNEDIZ », en référence à nos lointains ancêtres armoricains” disent-ils sur leur site internet, ajoutant “qu ‘habitant l’ancienne capitale de la Bretagne, par ce choix, nous voulions être la prolongation de ce passé qui nous a fait, illustrer l’ensemble de notre musique populaire et notamment celle du Pays-Nantais”.

La composition du groupe a varié dans le temps. Autour du trio initial sont venus s’ajouter Luk Thénaud, sonneur de bombarde et de flûte, Lionel Divard, batteur de bagad, et Yvon Rivoal, bassiste professionnel connu sous le nom de métier d’Yves Armand. Par la suite, les deux derniers ont quitté le groupe et Ifig Poho, de sonneur qu’il était, s’est mis à la basse. Ce fut la composition définitive du groupe.

An Namnediz s’est produit un peu partout en Bretagne, jusqu’en 1973. En pays-Nantais d’abord, puis, au-delà après 1964: Redon, Vannes, Pontivy, Spezet, Rennes, Lamballe, aux Fêtes de Cornouailles de Quimper plusieurs fois (fest-noz, danse des mille, concert), et même Paris (Les Lilas)… Le groupe a participé à des émissions de radio de l’O.R.T.F. (studios de Nantes et Rennes), sans oublier Radio Cologne, ainsi qu’aux émissions de Charlez Ar Gall régulièrement sur Roazon Breizh… Il a aussi été filmé par FR3 à Menez Kamm et étés invités à aller jouer à Killarney, en Irlande, etc.

Après 1973, il a été difficile de se réunir, en raison de leur dispersion géographique de Rezé à Vannes et Commanna, voire Gwenola en Malaisie ! Les musiciens ont toutefois participé  au Festival de musique bretonne organisé au château des Ducs de Bretagne, à Nantes, en septembre 1975, à l’occasion de la dissolution de Kouerien Sant-Yann, enfants spirituels de notre groupe, et, en juin 1984, à Nort-sur-Erdre, aux Rencontres intitulées « Vingt ans après AN NAMNEDIZ »…

An Namnediz a eu une influence reconnue sur l’évolution de la musique populaire bretonne et, notamment l’éclosion de quantité de groupes de type folk-song dans les années 70. Polig Montjarret qui a relancé la musique bretonne au XXe siècle, le reconnaît et il a pu écrire : « Ce que les Namnediz ont fait s’inscrit dans le temps comme la pose d’une première pierre d’un vaste chantier ». Ils furent des précurseurs, les premiers, par exemple, à enregistrer le fameux “Tri martolod yaouank”.

Lire aussi un article sur le site Rythmes Croisés

et sur le site du groupe http://an.namnediz.free.fr/ 

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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6 Commentaires

  1. Brav ! Kanañ a ra brav Tugdual !
    Kanañ ha kelenn a rae ha gantañ ‘m eus desket brezhoneg !
    Trugarez vras dit, Tugdual !

  2. Louis-Marie SALAÜN

    Si la démarche du groupe fut bonne pour l’époque en revanche, l’éviction de la veuze (qui n’empêchait nullement l’introduction d’autres instruments)a été une erreur et on comprend aisément que cela ai pu choquer certains à juste titre ! Ce genre de mise au rencart a contribué à sa disparition du paysage musical breton en ce temps là… j’aurais l’occasion d’en parler sur Ar Gedour.

    • Dire que nous avons mis la veuze à l’écart est inexact.
      Henri Landreau a été un des premiers sinon le premier à s’y intéresser sérieusement et à utiliser cet instrument, d’abord au groupe Tréteau et Terroir, puis au Cercle Breton de Nantes où j’ai sonné de la bombarde avec lui pendant des années, lors des répétitions et dans les fêtes où le Cercle se produisait. La veuze n’a pas disparu du paysage musical à cette époque-là, ce fut, au contraire, le début d’un renouveau.
      Si, dans le groupe An Namnediz, nous n’avons pas enregistré en incorporant la veuze, ni la bombarde, c’est en raison du fait qu’Henri Landreau ne pouvait à la fois jouer de la guitare (importante dans le style folk song) et de la veuze et que nous n’avions pas trouvé la formule musicale qu’on aurait voulu.
      Tugdual KALVEZ

      • En fait, comme nous étions tous sonneurs traditionnels, ils nous arrivait parfois d’amener veuze, bombarde et accordéon lors de certaines de nos prestations de Namnediz.
        Je me rappelle en particulier celle de Rumengol, ( mais en quelle année ?) où nous avions présenté et joué, entre autres, de la veuze lors notre participation à un stage animé par Loeiz Ropars.
        Je possède d’ailleurs toujours une des premières copies de veuze qui avait été réalisées à l’époque. C’était bien avant 1975, année de notre départ pour Commana .

        • Louis-Marie SALAÜN

          Votre dernière phrase m’intéresse tout particulièrement en tant que sonneur de veuze et amoureux de cette cornemuse bretonne! J’aimerai en reparler avec vous.

  3. Louis-Marie SALAÜN

    Merci à vous pour ces précisions ! Effectivement je me suis mal exprimé car la veuze a bien été “ressuscité” dans les années 80 mais dans les années 60 ce n’était pas encore le cas. Je comprends de fait le choix de la guitare par rapport au folksong.

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