En Bretagne, souhaiter la bonne année prend une couleur particulière. Lorsque l’on dit « Bloavezh mat ha santel deoc’h » ou un simple Bloavezh mat déjà empli d’un voeu sincère, on ne transmet pas seulement une formule de courtoisie : on prolonge également un héritage. On lui donne un avenir ! Ces mots rappellent la profondeur d’une culture qui s’exprime autant dans la langue que dans les gestes du quotidien, une culture qui relie les générations par un fil discret mais tenace.
À chaque passage d’année, la langue bretonne peut devenir une manière de renouer avec ce qui nous fonde. Ces vœux, prononcés en breton, prennent ainsi une dimension presque sacrée : ils témoignent d’un territoire où l’identité n’est pas un décor, pas un folklore comme on l’a vu récemment dans un quotidien breton, mais un espace de vie, de mémoire et d’espérance. Un espace où la langue bretonne est vraiment présente dans notre vie, même si tout le monde n’a pas la chance d’être (encore) brittophone.
Mais au-delà de la langue, souhaiter une bonne année, c’est surtout appeler sur chacun la joie, la santé, la paix intérieure. Souhaiter une année sainte, c’est inviter chacun à avancer avec un regard habité par la bienveillance, la profondeur et le désir de faire grandir ce qui unit en portant notre regard vers Celui qui nous a donné la vie. À travers ces mots, c’est toute une vision du monde qui s’exprime : celle d’un peuple attaché à la dignité de la personne, au respect de la nature, à la transmission des valeurs chrétiennes et des traditions qui font la richesse de la Bretagne.
Que cette nouvelle année soit l’occasion de continuer à faire vivre la langue bretonne dans nos foyers, dans nos rencontres, dans nos prières ou dans nos célébrations. Qu’elle permette à chacun de redécouvrir la beauté discrète mais réelle qui se cache dans les pierres de nos chapelles, dans les chants qui traversent les siècles, dans le lien qui se tisse entre foi et Bretagne. Que chaque jour soit accueilli comme une chance, non seulement de construire son propre chemin, mais aussi de contribuer, à sa manière, à la vitalité de cette terre et de cette culture que nous aimons.
A chacun de vous, chers lecteurs, à toutes celles et tous ceux qui, par leurs engagements, leurs gestes ou simplement leur présence, nourrissent la vie culturelle et spirituelle de la Bretagne, nous adressons ces vœux sincères :
Bloavezh mat ha santel deoc’h !
Bonne et sainte année à vous.
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne

