
La Bretagne chrétienne et culturelle perd l’une de ses grandes voix. Christian Desbordes, compositeur, chef de chœur, arrangeur et musicien profondément attaché à son pays, s’est éteint, laissant derrière lui une œuvre considérable qui continuera longtemps de résonner dans les églises, les chapelles, les théâtres et les cœurs.
Pendant plus de trois décennies, il a incarné l’âme de l’Ensemble Choral du Bout du Monde, dont il assurait la direction depuis 1989. Sous son impulsion, cette formation est devenue l’un des fleurons du chant choral breton, portant haut la langue bretonne, la foi et la culture de notre pays.
Pour beaucoup, le nom de Christian Desbordes demeure indissociable de La Passion Celtique – Ar Basion Vras. Créée en 1991 avec la troupe Ar Vro Bagan, cette œuvre monumentale a marqué plusieurs générations de Bretons. En composant toute la musique de ce spectacle inspiré des mystères médiévaux et de la tradition spirituelle bretonne, il avait donné naissance à une fresque d’une rare puissance, où se rejoignaient enracinement populaire, exigence artistique et profondeur chrétienne. Cette création lui valut d’ailleurs le Prix régional de la Création.
Mais réduire Christian Desbordes à cette seule œuvre serait oublier l’immensité de son parcours. Son oratorio War Heñchou ar Bed, sa Messe à Saint-Guénolé, la cantate Kalon ar Bed, ses innombrables arrangements de chants traditionnels ou encore ses compositions liturgiques témoignent d’une inspiration constante, nourrie à la fois par la tradition bretonne et par la foi chrétienne.
Avant de devenir l’une des grandes figures de la musique chorale bretonne, Christian Desbordes avait participé à plusieurs aventures musicales marquantes, notamment au sein des Bleizi Ruz, de la Kevrenn Brest Sant-Mark et plus tard de Pempbiz. Violoniste, pianiste, compositeur, il appartenait à cette génération de militants culturels qui ont contribué à la renaissance bretonne de la seconde moitié du XXe siècle.
Ceux qui l’ont connu évoquent un homme exigeant mais profondément bienveillant, convaincu que la musique n’a de sens que lorsqu’elle élève l’âme et rassemble les hommes. À travers des centaines de concerts, de répétitions et de créations, il aura transmis cet amour du beau à plusieurs générations de choristes et de musiciens.
Aujourd’hui, ses partitions demeurent. Ses mélodies continueront d’accompagner les célébrations, les pardons, les concerts et les grands rendez-vous de la culture bretonne. Elles constituent désormais une part précieuse du patrimoine spirituel et musical de la Bretagne.
À sa famille, à ses proches, aux membres de l’Ensemble Choral du Bout du Monde ainsi qu’à tous ceux qui ont chanté, joué ou créé à ses côtés, Ar Gedour adresse ses sincères condoléances et l’assurance de sa prière.
« Les artistes meurent, mais leurs œuvres continuent de parler. » Celles de Christian Desbordes continueront longtemps encore à faire chanter la Bretagne.
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne