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[KRONIK AN DEIZ] Le Mariage sans tralala

Amzer-lenn / Temps de lecture : 3 min

alliance-mariage-chretien-argedourPrêtres et diacres sont parfois bien démunis lorsqu’ils préparent ou célèbrent certains mariages. Trois dates de préparation (et encore !) suffisent-ils à préparer deux personnes à la vie qu’ils mèneront ensemble, au foyer qu’ils formeront et à l’engagement qu’ils prendront devant Dieu ? Quand on voit que pour préparer un séminariste pour le sacerdoce il faut sept ans, il y a presque une insulte à considérer que la fondation d’une famille ne nécessite que trois week-ends (et encore !)

Nombre de couples franchissent ce passage obligé. Puis vient la cérémonie elle-même : un grand fourre-tout où l’on se fait plaisir et où l’émotion est le maître-mot… et où Dieu peine probablement à trouver sa place. Nous ne parlerons pas ici des mariages qui savent respecter la liturgie et ce moment solennel, mais des nombreux autres mariages pour lesquels on se demande parfois pourquoi ils ont lieu à l’Eglise :

Pour faire plaisir à la grand-mère ?

Pour faire des belles photos ?

Parce que la robe blanche à la sortie de l’église, ça a quand même plus de gueule qu’au sortir de la mairie ?

Ou parce qu’il existe quelque part quelque chose qui nous dépasse et qu’on veut prendre solennellement cet engagement ? Dans ce dernier cas, il n’y a en général pas de peine à faire comprendre qu’on ne fait pas n’importe quoi.

Pour les autres, il est aisé de se laisser déborder. Il y a quelques mois nous évoquions un prêtre breton qui, à son grand dam, s’est vu imposer l’arrivée en retard d’un témoin de mariage lors de l’Evangile, avec ses skis et après-skis (les Bronzés n’étaient pas loin !). Quant aux chants, soit l’assemblée ne chante pas du tout et le célébrant peine à faire entonner « trouver dans ma vie ta présence », soit cela se transforme en show burlesque comme nous avons pu l’entendre lors d’un mariage l’été dernier, avec une assemblée nombreuse quasi-muette, une pianiste et un chanteur faisant office d’assemblée participante pour l’occasion. Un peu la version « mariage » des pleureuses professionnelles que l’on trouve dans certains pays pour les funérailles, quoi…

On a même vu lors de l’anamnèse une chorale gospel se placer devant l’autel pour chanter « Amazing Grace ». On oublie un peu vite que la « star » du moment, c’est Jésus Eucharistie, et pas le groupe pour lequel on a racké 1000 euros qu’il faut rentabiliser.

Parfois, les amis organisent une chorale qui peut être de bon goût – et conforme aux normes liturgiques – mais peut vite partir en vrille, comme y fut confronté cet autre prêtre qui avait eu droit à I will follow him en version intégrale (avec les vocalises préparatoires « la la la la la … »). Sans compter les invités qui fument leur clope dans le fond de l’église (oui, oui !), ceux qui bavardent parce qu’ils n’en ont rien à carrer… y compris parfois les mariés qui se retrouvent à discuter pendant que le célébrant prononce son oraison, la prière eucharistique ou la bénédiction nuptiale. Des gens qui, mariés compris, ne remettront jamais les pieds à l’Eglise car nous ne sommes pas fichus de les élever vers le Ciel, de tirer légèrement le voile qui leur permettrait d’entrevoir Dieu, de continuer à les accompagner une fois le mariage passé.

Certes, comme lors des funérailles, c’est aussi un lieu d’évangélisation car on touche des populations parfois loin de l’Eglise. Certains essaient donc de s’y adapter. Mais on n’élève pas en bradant la liturgie ouvrant à la réalité des sacrements. Or, sans vouloir remettre en cause les grâces conférées par ces sacrements, nous nous retrouvons bien souvent avec des cérémonies qui ne sont plus que du théâtre ou des mascarades (et qui poseraient question sur la validité même du sacrement). En proposant au non-pratiquant une bénédiction sans orgue et tout le tralala, en imposant certaines règles liturgiques, l’Eglise et les prêtres gagneraient probablement en crédibilité… et les sacrements aussi !

À propos du rédacteur Tudwal Ar Gov

Bretonnant convaincu, Tudwal Ar Gov propose régulièrement des billets culturels (et pas seulement !), certes courts mais sans langue de buis.

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Un commentaire

  1. trop vrai !!! Et après ces « braderies », pour paraître « tolérants », on va se scandaliser, si l’union bat de l’aile ,en criant que « l’Eglise doit enfin s’ouvrir »!
    Mais à qui donc ?

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