Dans les coulisses du spectacle son et lumière « 1625… Le mystère de Sainte Anne » (jeu-concours)

Amzer-lenn / Temps de lecture : 6 min

Dans moins d’un mois, la première des 6 représentations aura lieu le 9 août : nous voilà rentrés dans le dur.

Les costumes sont essayés et les dernières retouches nécessitées par l’inexorable évolution des tours de taille, principalement masculins, il faut le reconnaitre, au cours de l’année écoulée sont presque terminées.

La bande son est quasiment au point permettant dorénavant à chacun des acteurs de prendre ses marques au rythme des scènes.

C’est du « play- back », ainsi, pas de risques de pannes de mémoire ou de voix inaudibles : elles sont toutes préalablement enregistrées avec la musique qui va avec.

Cela ne dispense pas les acteurs d’apprendre leur texte qu’ils miment ou disent à voix basse ce qui les aide dans la gestuelle appropriée à l’action jouée.

Et des acteurs, il y en a !… il y a les anciens, ceux qui évoluent depuis plusieurs années et les nouveaux qui, comme moi, viennent rejoindre la troupe, soit pour remplacer un acteur indisponible cette saison, soit pour étoffer une nouvelle scène.

Avis aux spectateurs : le spectacle que vous allez voir n’est pas exactement celui qui vous a été présenté les années précédentes…

« 1625… Le mystère de Sainte Anne » est l’histoire d’Yvon Nicolazic (1591-1645), paysan bien de chez nous, dont la piété sera récompensée par les apparitions de la grand-mère du Christ, mais aussi celle de Pierre Le Gouvello de Keriolet (1602-1660), le « diable de Kerlois », un fils de famille dévoyé dont la conversion fulgurante fera un prêtre, dévot de Sainte Anne.

1625, Yvon a 34 ans, tandis que Pierre n’en a que 23 : l’un a acquis la sagesse que donne l’âge mur, tandis que l’autre présente encore la fougue impétueuse due à la jeunesse.

  1. Louis, « le Juste », 13° du nom (1601-1643), est roi de France et de Navarre depuis l’assassinat de son père, Henri IV, le 14 mai 1610 – il n’avait pas, alors, 9 ans -, mais il ne règne que depuis 1617, s’étant dégagé de la régence de sa mère, Marie de Médicis, à la suite de l’assassinat de Concini et de la Galigaï, ses favoris italiens ; il lui doit néanmoins son épouse espagnole et le cardinal Richelieu (1585-1642), qui siège au conseil du roi à partir de 1624 et sera nommé, en 1627, gouverneur de Bretagne où il ne mettra jamais les pieds…

Marié contre son gré, en 1615, avec l’espagnole Anne d’Autriche (1601-1666) – les deux époux ont 14 ans – après 10 ans de mariage, le roi n’a toujours pas d’héritier…

1625, le roi d’Ecosse puis d’Angleterre et d’Irlande, Jacques Stuart (1566-1625) – dont la famille est originaire de Dol –  meurt le 27 mars laissant pour successeur son fils, Charles (1600- 1649) qui épouse le 11 mai, Henriette-Marie de France (1609-1669), la jeune sœur du roi Louis XIII.

Et pendant ce temps-là, au village de Keranna, au nord d’Auray, dans le champ du Bocenno que cultive Yvon Nicolazic, il se passe des choses bizarres … Tandis qu’un peu plus loin, au château de Kerlois en Pluvigner, on se préoccupe de trouver pour Pierre Le Gouvello de Keriolet un emploi qui puisse l’assagir ; pourquoi pas une charge de conseiller au Parlement de Rennes ?

Vous allez voir ce qu’il va en advenir !

S’il vous tarde de le savoir, vous pouvez dès à présent faire l’acquisition de l’album (bande dessinée) de René Le Honzec : « Keranna, l’histoire de Sainte Anne d’Auray » paru en 2018 aux éditions Ar Gedour qui nous promettent une prochaine édition en langue bretonne ce qui permettra de l’apprendre.

Procureur près la Sénéchaussée d’Hennebont en 1514, en butte aux prétentions urbanistiques d’un François Michard avec sa chapelle disproportionnée, puis Pierre, futur cardinal de Bérulle, directeur de conscience de Vincent de Paul en 1609, avant de l’être d’Henriette-Marie de France qu’il accompagnera en Angleterre en 1625, me voici Guillaume Le Prestre de Lézonnet (1587-1640), évêque de Cornouaille depuis 1614…

C’est un important personnage : il assiste, comme membre du clergé, aux Etats de la province de Bretagne tenus en 1616 à Rennes ; c’est grâce à lui que les reliques de saint Corentin qu’il avait récupérée en 1623 auprès des moines de Marmoutier, près de Tours, sont toujours vénérées à Quimper où il est à l’origine de la présence des jésuites, fondateurs en 1620 du collège qui prendra le nom d’un de ses anciens élèves, Théophile-Malo Corret de la Tour d’Auvergne (1743-1800), surnommé le « premier grenadier de la République » par l’empereur Napoléon.

On ne sait trop comment l’évêque de Cornouaille eut connaissance des apparitions de Sainte Anne au Bocenno,  à près de 120 kilomètres à vol d’oiseau de Quimper, toujours est-il qu’il n’eut de cesse d’aller y rencontrer le voyant, Yvon Nicolazic…

Sans doute un des premiers miracles de Sainte Anne !

Le dernier, jusqu’au prochain, sera sans doute votre présence au théâtre de verdure de Pont er Groah derrière le mémorial de Sainte Anne d’Auray un de ces soirs de la première quinzaine d’août à partir de 22 h

Soit, nous ne bénéficions pas tous de la foi de charbonnier ni de la piété spontanée d’un Yvon Nicolazic et les visions surnaturelles ne sont pas pour nous, encore que… En revanche, reconnaissons-le, nous sommes plus souvent du type Pierre de Keriolet : bons vivants et peu soucieux de notre salut éternel et alors, là c’est bien de conversion qu’il s’agit. Changer notre regard du tout au tout, c’est la « métanoia » de saint Luc qui nous invite à permuter carrément notre intelligence sur les choses et les gens, à aller au-delà des apparences, avec toutes les conséquences que cela implique dans notre vie quotidienne : en premier lieu, le pardon… Pas facile !

Et même s’il peut se faire que la météo ne soit pas celle souhaitée, le spectacle se déroulera pour le mieux : vous serez alternativement ou à la fois, Yvon Nicolazic et Pierre de Keriolet, avec tout ce qui s’en suit…

 

Pour Sainte Anne, la grand-mère du Dieu incarné, nous ferons le job, tous : ceux que vous verrez au fil du spectacle et tous ceux que vous n’aurez pas vu, toutes les petites mains sans lesquelles l’invitation que vous honorez de votre présence n’aurait pu être lancée…

Comme à bord d’un navire, chacun a son rôle, depuis la passerelle de navigation jusqu’aux machines en fond de cale. Tous savent qu’ils participent à la marche du navire, chacun à sa place, du commandant au petit mousse !

Merci Père Fagot, merci Gwéna, voyez : le public est là, avec Yvon Nicolazic et Pierre de Keriolet, sous la maternelle protection de Sainte Anne comme l’illustre le tableau au transept nord de la basilique !

Participez à ce concours et tentez de gagner des places pour le son & lumière. D’autres occasions seront aussi proposées dans les jours qui viennent.

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À propos du rédacteur Yves Daniel

Avocat honoraire, il propose des billets allant du culturel au théologique. Le style envolé et sincère d'Yves Daniel donne une dynamique à ses écrits, de Saint Yves au Tro Breiz, en passant par des chroniques ponctuelles.

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