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DIOCESE DE RENNES : un nouveau logo

Amzer-lenn / Temps de lecture : 4 min

inculturation, diocèse rennes, religion bretagne, logoLe diocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo vient de dévoiler sa nouvelle identité graphique, que vous pouvez découvrir ci-dessous. Si cette vitrine se veut moderne et identifiable, et elle l’est, nous pouvons toutefois regretter le choix qui reste le fait de personnes ne connaissant probablement pas assez leur territoire et comment réellement s’adresser à sa population, chrétienne ou en devenir. Pourquoi ?

Il est indiqué que deux axes ont guidé la réflexion.

  • La spécificité du diocèse

    Tout d’abord, il était fondamental de prendre en compte la spécificité d’une institution comme le diocèse de Rennes. Pour ce faire, il nous est apparu important de mettre en valeur les spécificités de l’Église catholique en Ille-et-Vilaine, que ce soit son caractère d’institution religieuse ou la multiplicité de ses missions (évangélisation, éducation, solidarité, jeunes…).

  • L’identité du diocèse

    Ensuite, il fallait réaliser un visuel moderne et dynamique, tout en respectant les plus de 2000 ans d’histoire de l’Église catholique, à partir d’éléments d’identification. Trois éléments principaux ont ainsi été pris en compte : diocèse à la porte de la Bretagne ; les trois cathédrales ; siège de l’Archevêché.

 


Nouvelle identité visuelle pour le Diocèse de… par diocese35

 

Si l’on veut, comme cela est mentionné sur le site, que ce logo soit un étendard moderne et intemporel parlant à toutes les générations, il est nécessaire de voir les choses au-delà du prisme d’une seule agence de communication. Il s’avère que le bleu et blanc fait plus penser au drapeau grec qu’à une identification clairement bretonne. Dans la vidéo, le logo est aussi décliné en gwenn-ha-du (noir et blanc) : espérons que son usage sera plus fréquent. Si l’idée des 3 cathédrales  et du siège de l’archevêché est intéressante, l’ancrage clair dans le pavillon breton gwenn-ha-du n’est pas flagrant, qui plus est conjuguée à une utilisation unique du français, loin donc d’être aussi rassembleuse qu’un logo bilingue. Il eut été souhaitable, même en étant aux Marches de Bretagne, de proposer aussi (ce qui n’est pas trop tard) une version bilingue et une version bretonne  » ESKOPTI ROAZHON -DOL- ST MALO » et « ILIZ KATOLIK IL-HA-GWILEN ». Pour ce faire, nous mettons notre graphiste à disposition du diocèse si besoin !

A ceux qui nous diraient qu’à Rennes on n’a jamais parlé breton, nous leur soulignerons ce qu’en dit Ofis ar brezhoneg (Office public de la langue bretonne) : Plusieurs toponymes bretons comme Gros-Malhon (Gourmaelon) et Quineleu (Keneleg) attestent que le breton a bien été parlé à Rennes, même s’il n’a sans doute jamais été la langue de la majorité de la population et a ensuite été absorbé par le français. Cependant, Rennes, une des capitales historiques de la Bretagne a toujours connu une population brittophone. Le dictionnaire de Grégoire de Rostrenen de 1732, à l’article vivre, choisit d’ailleurs la ville de Rennes pour nous donner un exemple en breton sur le coût de la vie dans cette ville : Ar beva a so qezr e Roazon preuve des relations étroites des brittophones avec Rennes.

Depuis la fin du XIXème siècle et la création de la chaire de celtique puis du département de breton à Rennes, la ville est devenue au cours du XXème siècle un des centres majeurs de développement de la langue. En 2009, la langue bretonne à Rennes c’est 574 enfants en classes bilingues (1ère ville de Bretagne), 205 adultes en cours du soir et 389 étudiants à l’université, sans oublier de nombreuses structures de promotions de la langue comme Skol an Emsav ou l’Office Public de la Langue Bretonne.

L’ Eglise doit être audacieuse ! Il serait regrettable, alors que l’Eglise a participé longtemps à la sauvegarde de la langue, et alors que Rome vient de reconnaître le Missel Romain en breton, que l’archevêché ne prenne en compte un élément important pour l’ancrage de la foi dans la population, rappelée d’ailleurs par le Concile Vatican II : « la vie chrétienne sera ajustée au génie et au caractère de chaque culture, les traditions particulières avec les qualités propres, éclairées de la lumière de l’Evangile, de chaque famille des peuples, seront assumées dans l’unité catholique. C’est ainsi que les Eglises particulières, enrichies de leurs traditions, auront leur place dans la communion ecclésiale, la primauté de Pierre, qui préside l’universelle assemblée de la Charité, demeurant intacte ». (cf Ad Gentes III, 22).

E.C.

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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