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FÊTE DES MERES 2020 : Une prière, un poème pour les mamans

Pour la  fête des Mères, nous offrons à nos lecteurs une belle prière d’un petit mousse breton à sa maman du Ciel, la Vierge Marie : « Peden ar Moussik bihan ». L’auteur, l’abbé M. Joubioux, chanoine de la cathédrale de Vannes, l’a publié en 1844  dans un recueil « Doue ha mem Bro » (Dieu et mon pays).  Il dédie cette  prière à son père et à sa mère.

Admirons la beauté et la simplicité des phrases, qui comme tous nos cantiques bretons vont à l’essentiel : une conversation directe d‘un enfant à sa mère du Ciel, qui  ne s’embarrassent  pas de circonvolutions inutiles.

Nous donnons ici la version originale vannetaise, orthographe de l’époque. Elle existe aussi en version breton léonard, également orthographe de l’époque. La version vannetaise, se chante sur l’air d’un cantique à Sainte Anne, « Santès Anna »,  mais l’auteur ne précise pas lequel. La version léonarde  est plus courte, et se chante sur l’air « Paotret Plouilliau », dont nous reproduisons le texte sur feuille volante.

PEDEN AR MOUSSIK BIHANLA PRIERE DU PETIT MOUSSE

(D’em zad ha d’em vam)

Me mam liès ha me ferson – En dès bet lavaret d’ein – Hon pedein a greis me halon – Ha de noz ha da vitin – Cheleuet-mé, Gùérhiez santel – Eit mam en hou keméran – Ur sellik hemb kin, ya ur sèl – Ar er peur Moussik bihan.

Er poussinèd a pe vrassant – A ya ér méz ag ou neh – De ghetan, ghet eun é neijant – Hou mam ou farra a gouéh – Pèl-é me mam, Guérhiès santel – Eit mam en hou keméran – Ur sellik hem kin, ya ur sel – Ar er peur Moussik bihan.

Pe mès bet laret kenavo – D’em beur ar er hosté – Pegours, mé-hi, é tei én dro ? – Ha me mam beur a ouilé – Séhet hé, Gùérhiès santel – Hé foén zo me foén vrassan – Ur sellik hemb kin, ya ur sel – Ar mam er Moussik bihan.

Me hoérik vad, me hoér Anna – A yei d’en ilis bamdé – Eid  hou pedein, Itron Varia – Eit me zad, eid on ehué – Cheleuet-hi, Gùérhiès santel – N’en dès ket kaëroh inean – Ur sellik hemb kin, ya ur sèl – Ar hoér er Moussik bihan.

Pe yemb eit larèt hur pater – Hun deuighen d’hon chapel – Me hoér a laré : sell, mem brér – Tablen er huérhiès santel – Hi a hoarh doh-emb ghèt truh ! – E omb én  ouaid tinerran – Sellet-mé, ha mem brér chué – Er heih peur Moussik bihan ! –

En hou tablen, ô Guérhiès gaër ! – E huélér hou mab Jesus – Ar hou tivréh, crouédur distér Ker mad, ker karantéus ! – Nitra ne hell hou Mab nahein – D’oh-hui zo Rouannès en nean-Hui a hell enta goarantein – Er heil peur Moussik bihan.

Me mam a laré d’ein liès – Er mestr a bep tra é Doué – Maes Jesus zo mab er Huérhiès – Petra ne hell mam ur Roué ? – Dihennet-mé – Guérhiès santel – Eit mam en hon Keméran – Ur sellik hemb  kin, ya ur sèl – Ar er peur Moussik bihan.

Hul lestr ar gain en houlenneu – A neij avel er guignel – E creis en aibr : é houilieu – A zo avel divasket –  Doh droug, goarnet-ni, Mam santel – Pe gorn er mor eahusssan – Kéméret idan hou mantel – Lestr er peur Mossik bihan.

Pe sàu boketteu, er guignel – A zistro ghet kalz a joé – D’hé bro ketan, ag ur vro pel – Eit-hi péh ul lehuiné ! – Ah ! bro erbet n’en dé ker kaër – El er vroïk a garan ! – E ma, prepet é vo ér ghér – Kalon er Moussik bihan.

(A mon père et à ma mère)

Ma mère souvent et mon Recteur, m’ont dit – De vous prier de tout mon cœur – Et le soir et le matin. Ecoutez-moi ô Vierge sainte ! – Je vous prends pour mère :  – Un regard, un seul, un regard – Au pauvre petit Mousse.

Les petits oiseaux, quand ils grandissent – Sortent de leurs nids. – D’abord ils volent avec crainte – Leur mère les garde de chute – Ma mère est bien loin, Vierge sainte – Je vous prends pour mère – Un regard, un seul, un regard – Au pauvre petit Mousse.

Au moment où j’ai dit adieu – A ma pauvre mère, sur la grève – Quand, dit-elle, reviendras-tu ? – Et ma pauvre mère pleurait ! –  Séchez ses larmes, Vierge sainte – Sa peine est ma plus grande peine – Un regard, un seul, un regard – A la mère du petit Mousse.

Ma bonne sœur, ma sœur Anna – Ira tous les jours à l’église – Pour vous prier, Dame Marie – Pour mon père, pour moi aussi – Ecoutez-là, ô Vierge sainte ! – Il n’est pas une âme plus belle – Un regard, un seul, un regard – Pour la sœur du petit Mousse.

Quand nous allions dire nos prières – Tous deux enfants, dans votre chapelle – Ma sœur disait : regarde, mon frère – L’image de la sainte Vierge – Elle nous sourit de pitié – Nous sommes dans le plus jeune âge – Regardez-moi, et mon frère aussi – Le pauvre cher petit Mousse.

Dans votre image, ô belle Vierge ! – On voit votre fils Jésus – Entre vos bras, tout faible enfant – Si doux, si affectueux ! – Votre fils ne peut rien vous refuser – A vous la reine du Ciel – Vous pouvez donc me protéger – Moi, malheureux petit Mousse.

Ma mère me disait souvent : Dieu est le maître de toute chose – Mais Jésus est le fils de la Vierge – Que ne peut la mère d’un Roi ? –  Défendez-moi, ô Vierge sainte ! – Je vous prends aujourd’hui pour mère – Un regard, un seul, un regard – Au pauvre petit Mousse.

Notre navire sur le dos des vagues – vole comme l’hirondelle – Au milieu de l’air ; ses voiles – Sont comme des ailes – Sauvez-le du danger, sainte Mère – Quand gronde la mer effrayante :     Ah ! Prenez sous votre manteau – Le navire du pauvre petit Mousse.

Quand se lèvent les fleurs, l’hirondelle revient toute joyeuse – A son premier pays, d’un pays lointain – Pour elle quel plaisir – A ! Nul pays n’est aussi charmant – Que le pays que mon cœur aime – Il est, toujours il sera à la maison – Le cœur du petit Mousse.

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À propos du rédacteur Youenn Caouissin

Auteur de nombreux articles dans la presse bretonne, il dresse pour Ar Gedour les portraits de hauts personnages de l'histoire religieuse bretonne, ou encore des articles sur l'aspect culturel et spirituel breton.

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Un commentaire

  1. Ah ! je crois mon Papa la connaissait !!!! mais hélas, il n’est plus, alors quelqu’un pour traduire ? MERCI d’avance.

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