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Frère Gilles Baudry : la poésie, «chant de l’être»

Amzer-lenn / Temps de lecture : 4 min

forêtL’Avent, temps propice à l’intériorité et à la méditation, peut être l’occasion de retrouver la saveur de la poésie, notamment à travers la Parole de Dieu. Tel un guide pour cette escale poétique, le moine et poète Gilles Baudry, enraciné dans l’inspirante terre bretonne, nous parle d’une manière d’écrire – et d’être – qu’il explore depuis une quarantaine d’années. Vatican News, par la voie d’Adelaïde Patrignani, nous a gratifié juste avant Noël d’un entretien avec Gilles Baudry, que nous reprenons partiellement ici, la totalité de l’article étant accessible sur ce lien.

Pour ma part, je n’ai connu ce poète et homme de Dieu qu’il y a quelques années, par le truchement du regretté Yann-Fañch Kemener qui souhaitait intégrer des poèmes de Gilles Baudry dans son album Ar Baradoz  qu’il m’a fait l’honneur de préfacer. Et j’ai découvert un véritable artiste dont les poèmes élèvent. Si vous ne le connaissiez pas encore, en voici l’occasion. 

«La poésie est une solitude, et nous sommes des moines qui échangeons des silences» écrivait Jean Cocteau dans l’une de ses lettres, qui pourrait, si le temps ne comptait plus, s’adresser au frère Gilles Baudry.

Originaire de la région nantaise, entré à l’abbaye bénédictine de Landévennec (Finistère) en 1973, frère Gilles prononce ses vœux définitifs en 1981, après avoir enseigné trois années au Togo. «Le virus de la poésie, raconte-t-il, m’a été inauguré par René-Guy Cadou», dont il a lu les écrits à une vingtaine d’années, avant d’approcher ceux de Jules Supervielle et de Pierre Reverdy, puis bien d’autres. L’aventure littéraire fut fructueuse et continue encore, avec plusieurs recueils publiés notamment aux éditions Rougerie. Mais le succès littéraire n’est pas là le premier but du poète, davantage épris de gratuité et de discrétion afin de mieux scruter ce que les choses et les êtres dessinent par leur existence, au-delà de leur écorce.

À ceux qui ne la «pratiquent» pas ou plus, la poésie peut sembler un monde élitiste, une bizarrerie éthérée, une provocation inutile. Elle ouvre pourtant la porte à un souffle vivifiant, telle une respiration, aussi fugace qu’indispensable.

Le temps de l’Avent est favorable à cette rencontre avec le monde des vers et de la prose finement ciselée. Relire d’inoubliables sonnets, des quatrains inattendus, des poèmes de son enfance, mais pas seulement… Goûter aussi les hymnes liturgiques, les psaumes, les lectures de l’Ancien Testament et celles de l’Évangile. Toute la liturgie de ces quatre semaines – et au-delà – est en effet tissée de textes à la tonalité poétique. Inspirés par l’Esprit créateur, ils creusent en nous le sens de l’écoute, la patience et l’humilité… qualités indispensables à l’artisan-poète.

Frère Gilles nous décrit d’abord en quoi consiste cette «vocation».

“Ce qui est au départ de tout, de la philosophie comme de la poésie, c’est l’étonnement, l’émerveillement, dirions-nous en tant que croyants, chrétiens. Pour moi la poésie est un chant de l’être, ce chant de l’être qui est en nous et qu’il faut traduire. La vocation du poète est finalement assez proche de celle du traducteur : il va essayer d’exprimer le mieux possible, ou le moins mal, avec des mots – car il est artisan des mots, et en même temps serviteur de la parole. Ce n’est pas tellement la beauté, surtout pas la joliesse, mais plutôt la justesse qu’il faut essayer de trouver. Je crois avec Paul Valéry que tout le problème est d’arriver à un équilibre entre le son et le sens. Je suis très sensible à la tonalité, au ton. C’est du côté de l’être: cette petite musique que nous avons en nous, il faut essayer de la donner, de la rendre, c’est pour cela que je parlais de traducteur, il faut rendre le texte qui est en nous de façon obscure. Le plus difficile, c’est la simplicité profonde”.

Lisez la suite en cliquant ici ou écoutez ci-dessous :

 

 

 

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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