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[HISTOIRE] Les lieux d’asile dans les diocèses bretons

Amzer-lenn / Temps de lecture : 2 min

Le droit d’asile des lieux ecclésiastiques, connu depuis l’empereur Théodose (379-395), qui régla le premier les conditions de leur franchise, fut introduit en Bretagne dès les premiers temps où apparut le christianisme et prit un développement remarquable.

Dans le pays breton les lieux d’asile sont connus sous le nom de minihi, évolution du latin monachia « territoire monastique » qui a donné menec’hi puis minic’hi. C’est là que l’on retrouve une grande partie de ces asiles. Les monastères bretons ont été construits dans les lieux consacrés par l’habitation et la pénitence de quelques saints personnages ; c’est ce que l’on nomme en breton le peniti. Le peniti (souvent écrit penity) d’un saint patron devint le plus souvent un lieu de refuge, de franchise, un asile pour l’innocence et le repentir, un abri contre la persécution ou la violence. Le clergé breton favorisa cette tendance tout au long du moyen-âge.

Ainsi, dans le diocèse de Tréguier, le minihi de saint Tugdual ou minihi de Tréguier occupait quatre lieues et demi de pays. C’était la contrée où le bienheureux avait passé la plus grande partie de sa vie. Le minihi s’étendait à tous les territoires compris dans la juridiction du régaire de cet évêché, c’est-à-dire 11 paroisses ; auxquelles il faut joindre des portions de territoires connues sous le nom de minihi. Cependant pour être admis à jouir du bénéfice de l’asile dans le minihi de Tréguier, il fallait remplir certaines formalités et se soumettre à certaines conditions.

 Dans le diocèse de Saint-Brieuc, une charte de 1202, conserve le souvenir de l’établissement d’un minihi accordé à l’abbaye de Beauport par le comte de Goëllo, dont l’étendue embrassait toute l’île Saint Rion.

 Les minihi possédaient de nombreux privilèges, que nous connaissons par des statuts synodaux de l’église de Tréguier au XIVe siècle ; aussi l’excès de ces prérogatives finit par porter malheur à l’existence de ces asiles et par amener leur suppression. Les Ducs de Bretagne regardaient depuis longtemps les immunités des minihi comme préjudiciables à leur autorité et firent appel au Saint-Siège pour les restreindre. Ce fut l’objet d’une mesure de Nicolas V. Mais bientôt la Bretagne fut réunie à la France, et l’ordonnance royale de Villers-Cotterêts en 1539, qui permit de rechercher les accusés jusque dans le lieu saint, sauf à les y réintégrer, s’il y avait lieu, vint effacer complètement le privilège de l’inviolabilité. Telles furent les destinées et la fin du droit d’asile de nos minihi.

Source : Diocèses et paroisses de l’Ancien Régime

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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