Saints bretons à découvrir

La signalisation bilingue des noms de communes (Finistère)

Amzer-lenn / Temps de lecture : 12 min
(rediffusion d’un article du 19/10/2012)

Depuis deux décennies  a été mis en pratique dans le Finistère l’ usage de deux panneaux  indicateurs pour les noms de commune. Cette signalisation mixte est dite « bilingue français-breton », bien que le bilinguisme réel n’ existe que pour un nombre réduit  de communes :

     INVENTAIRE      

DENOMINATION  REELLEMENT BILINGUE

Audierne/Gwaien
    Bourg-Blanc/Ar Vourc’h-Wenn1213161_9153982-8pann-20110221-m141a_298x224.jpg
    Les deux  Cloître-/ Ar c’hlo(a)str-
    Le Conquet / Konl-Leon
    Les deux Ergué /  
 L’ Hopital-Camfrout / An Ospital
    La Feuillée / Ar Fouliez
    La Martyre / Merzher-Salaün
    Morlaix / Montroules
    Plounevezel / Pont-ar-Welenn
    Pont-Croix / Pont-Hekroas
    Pont de Buis / Pont-n-Abad
    Pont l’ Abbé / Pont-ar-Veusen
    Port-Launay / Meil-ar-Wern
    La Roche-Maurice / Roc’h-Morvan
    St-Eloi / Sant-Alar
    St-Jean du Doigt /  Sant-Iann-ar-Bes
St-Jean-Trolimon / Sant-Iann
St-Martin-desChamps /Sant Martin
    St-Méen / San-Neven
    St-Sauveur/ An Dre Nevez
    St-Pol-de-Léon  / Kastel-Pawl
St-Renan / Lokronan-Leon   
    St-Urbain / Lannurvan
    Ste-Sève / Sant Sew

NOMS BRETONS TRANSCRITS VAILLE QUE VAILLE

La quasi-totalité des autres noms sont des noms bretons francisés graphiquement à des degrés divers. On se trouve donc devant de doubles panneaux comportant la même indication sous deux formes, dont l’ une, la « bretonne », devrait être supposée la forme correcte.

Telle qu’ elle est, la nomenclature mixte entend répondre à une revendication certaine de la part de bretonnants, mais il serait hasardeux d’avancer que le résultat soit satisfaisant. A voir des jeux de deux panneaux portant respectivement  BODILIS / BODILIZ, BRELES / BRELEZ, DAOULAS / DAOULAZ, LANNILIS / LANNILIZ,   les visiteurs ne peuvent que se demander à quel jeu puéril jouent les Bretons.

Des panneaux tels que GUISSENY / GWISENI, QUIMPER / KEMPER ne sont guère moins insolites, et il est de fait que nul ne conteste  que la raison voudrait qu’ il n’ existe qu’ un seul panneau, qui satisfasse à la fois un graphie correcte du nom breton et la nécessité d’ une standardisation officielle.

 

tourisme-panneaux-quimper.jpgLA VARIETE GRAPHIQUE DES TOPONYMES

    Au préalable il serait bon de se souvenir  qu’en français comme dans bien d’autres langues européennes les normes orthographiques ne s’appliquent pas aux noms de personnes et aux noms de lieux. On trouve Châtel à côté de Chastel,  Calk et Kalk etc. Question : en quoi Karanteg est-il plus breton que Carantec ? Une graphie archaïque n’est pas une graphie étrangère. Remplacer un Y par un I dans Pleyben vaut-il plusieurs panneaux indicateurs ?  Le principe d’une graphie rigide n’est pas raisonnable et cela devrait être d’autant plus évident et admis que même les activistes de la graphie 1941 n’ont pas osé chercher à imposer  Landernev, Plougernev et Landeviziav.

De façon objective et scientifique on devra travailler à deux niveaux : l »un enregistrant les noms sous une graphie de référence, à base  d »étymologie et de phonétique historique, et l’autre pragmatique, répondant à la fois aux exigences de la langue et aux contingences locales et générales.

ECUEILS  ET  REPERES

Cet objectif rationnel se heurte à deux difficultés : la rigidité de la règlementation française sur la nomenclature des communes, et, du côté breton, l’existence de plusieurs systèmes graphiques dont les partisans respectifs sont inégalement éclairés et inégalement obstinés. Néanmoins, si l’ on ne veut pas perpétuer une situation absurde et ridicule, il est impératif d’ éclaircir le problème.   

Il nous parait donc qu’ il est  temps, avec l’ expérience de plusieurs décennies, d’apporter à la question une attention scientifiquement  motivée.
Puisqu’il y a des divergences à prendre en compte, tenant aux vicissitudes des manières de représenter les sons de la langue bretonne au cours des siècles, la méthode la plus claire consiste à se référer à la prononciation du vieux-breton, avant que naissent des graphies dialectales et obérées par les évolutions phonétiques romanes (dites abusivement « du vieux-français »).

2.  ANALYSES

2.CONSONNES  SIFFLANTES  ET  SPIRANTES  DENTALES

S du vieux-breton se trouve écrit -S dans la forme officielle :

S.1.1.-en finale, dans Bodilis, Breles, Brennilis, Daoulas (x3), Lannilis, , St-Servais, St-Thois, soit 9 fois.

S.1.2. I l se trouve écrit -Z, dans Douarnenez, Kerlaz, Treflez, Trégourez, soit 5 fois.

S.2.1.-en position interne consonantique, dans Guissény, Mespaul,  , Roscanvel, Roscoff, Rosnoën, Rosporden, soit  6 fois.

S.2.2. -en position interne vcalique dans Plouégat-Moysan, soit 1 fois

S.2.3. Il se trouve  écrit – Z-  dans  Bolazec, Gourlizon, Milizac, Pouldreuzic, St-Goazec, Tremaouezan, soit 6 fois.   

C’est à dire que la consonne d’ origine, S, est maintenue dans 16 cas, et est remplacée par Z dans 11 cas

D du vieux-breton (écrit  Z en moyen-breton),  se trouve écrit dans la  forme officielle :

D.1.1.-en finale, dans Plonevez, Plounevez, Plouneour-Menez, Treflevenez,  soit 4 fois.

D.2.1 -en position interne,  il est écrit  Z dans Beuzec, Ploudalmézeau, Plouezoc’h, Plounevezel, Plouzevede, Plozevet, Saint-Evarzec, Trezilidé,  soit 8 fois.

D.2.2      Il se trouve transcrit  S  dans Gouesnou et Plougasnou, soit  2 fois.

C’est à dire que la consonne écrite en moyen-breton est maintenue dans 12 cas, et remplacée par S  dans 2 cas (où d’ ailleurs elle se trouve muette).

TH  du vieux-breton (écrit TZ ou Z en moyen-breton) se trouve écrit Z dans la forme officielle :

TH.1.1  -en finale,  TZ dans Batz,   > 1 fois.

TH.1.2     écrit  Z dans Laz, Plouneour-Trez, soit 2 fois

TH. 1.3    Il est transcrit S dans Bohars, Brasparts, les deux Clohars, Porspoder, soit 5 fois (où le moyen-breton écrivait le plus souvent -tz).

TH.2    .-en position interne, il est écrit Z  dans: Arzano, Crozon, Landrevarzec, Plouarzel, Sizun, soit 5  fois.

C’est à dire que la consonne Z  écrite en moyen-breton est  conservée dans 8 cas, et remplacée par S dans  5 cas.

       Au total les graphies du moyen-breton sont maintenues dans 17 + 12 + 8 =  37 cas, et modifiées dans 18 cas.

3. LES  « L »  ET  LES   « N »   MOUILLES

Au contact d’ un « yod » (ou « i- consonne ») les L  et les N  deviennent « palatalisés ». Nous avons ainsi les noms de Meliaw, Teliaw, Iuniaw : le suffixe -iaw  ajouté à  Mel-  donne  Meliaw, d’ où le nom de Guimiliau (graphie du moyen-breton).

De la même manière, en vieux-breton, Ermel- +  -iac  a donné Ermeliac, devenu aujourd’ hui Irviliag (ou Irvilieg) en breton
. Cependant, en français, jusqu’au 18ème siècle,  -ill- avait la valeur d’ un  L mouillé, /ly/,  et on a donc écrit  « à la française » Irvillac, si bien qu’ à présent la prononciation française du nom est Irviyac.

Il en est de même pour La Feuillée, nom qui provient du latin Foliata, et dont le nom breton du 12ème siècle fut *An Folied . Ici le nom a été traduit en français moderne.

Un L mouillé se trouve aussi dans le nom breton de Port-Launay : Meil-ar-Wern « le moulin de l’ aulnaie ».

Les N  mouillés ont été écrits, à la manière française, -GN-  (en français, les instituteurs ont bien du mal à enseigner une différence  entre panier et « pagner », entre Besnier et baigner).  C’ est ainsi que notre Iuniaw a donné  Plouigneau, au lieu de  *Plouiniau.

Le cas de Brignogan est moins clair, car il s’ agit de *Brenn-Riogan, « colline de Riogan », avec disparition d’ un -R-, d’ où *Brenn-iogan.

Le nom de Skriniac, anciennement écrit Scruiniac,  est un dérivé en -iac  de run « coteau », précédé du préfixe intensif s- (présent aussi dans Scaër), décrivant donc le relief de la paroisse. Le GN  français n’ apparait  dans ce nom qu’ à la fin du 14ème siècle.

4. LA CONSONNE  -W

W.1   EN  FINALE
    La « semi-consonne »  [ w ] du vieux-breton y apparaissait sous la forme d’ un -u (Teliau, pour Teliaw). On avait donc en finale des diphtongues  -aw, -ew, -iw, -ow, , écrites -au,- eu,-iu, -ou.
-au se trouve dans Guimiliau, Landivisiau, mais aussi dans  Landeleau et dans Plouigneau, où le  -e- représentait un -i- consonne et où la prononciation bretonne moderne a réduit la diphtongue à un -o. (Dans Landeleau il y eu métathèse *Landeliaw >*Landeilaw, puis dépalatalisation en *Landelaw).
    -eu du moyen-breton (=[ew]) a  été dès le moyen-âge écrit de façons diverses, -eou, -eau, etc., sous l’ influence des flottements des prononciations romanes (français, normand, gallo). On le trouve dans  Concarneau,  Landerneau, Lanhouarneau, où le breton local moderne prononce -é. 
    -ou du moyen-breton (=[ow]) se trouve dans Gouesnou, Le Ponthou, Le Tréhou, Le Trévoux (grave cacographie), Plougasnou. mais aussi dans Arzano (*Arthnow), et Le Faou. Dans ce dernier cas la graphie officielle Faou veut représenter la prononciation bretonne Ar Fow, alors que la prononciation française provient de la  lecture française moderne de la graphie bretonne ancienne Fou.

W.2.  W   A  L’ INTERIEUR DES MOTS.

Le [ w ]  interne du vieux-breton (écrit u), entre voyelles, ou suivant n, r, l  était aussi écrit U en moyen-breton et s’ est trouvé écrit V au moment où le français a commencé à différencier U de V.. Ainsi Goulven, Henvic, Kerneve, Landiviziau, Melgven ont acquis un V pour un W étymologique.

5.  LE  DIGRAPHE      CH

Le signe double CH représentait en vieux-breton la spirante vélaire sourde  [x]. En moyen-breton il a toujours cette valeur pour les mots transmis du vieux-breton,  mais dans les mots d’ origine romane il représente l’ affriquée « post alvéolaire », autrement dit le -ch- du français. Pour distinguer les deux valeurs on a au 17ème siècle ajouté sur le C un accent, qui s’ est ensuite transformé en une apostrophe entre le C et le H. Souvent la CH  « breton » a été remplacé par un H.
Les noms de communes du Finistère comportant la spirante vélaire sont :

        Bohars                          Bocharth  (<*Bodgharth)
        Botsorhel                     Botsorchel
        Gouesnach                  Goueznach
        Guilligomarch
        La Roche-Maurice –   (Ar) Roc’h-Morvan
        Leuhan                        Leuchan
        Penmarch                   Penmarch
        Plouezoch                   Plouhezoch
        Rosnoên                      Rosloc’han
        Tourch                        Tourch

A Plouezoch certains ont inséré une apostrophe, et il y a controverse sur l’ officialité de l’ une ou l’ autre forme.

6.  LES  NOMS  FAMILIERS.

Un certain nombre de communes sont connues en breton sous des noms familiers, « initiatiques » ou « sténophoniques »

C’ est le cas de :                   
        Graph. Réf.
        Botmeur    (Boneur)            Bodmeur
        Crozon     (Kraon)               Krawthon
        Fouesnant    (  Fouenn)      Fouenant
        Locronan    (Lokorn)          Lokronan
        Plobannalec (Pornaleg)      Prth-an-Haleg
        Plomelin      (Ploveil)            Ploverin
        Plomeur    (Pleur)                Ploveur
         Plouhinec      (Ploeneg)       Ploezineg   
        Ploumoguer  (Plonger)        Plouvoger
        Plounevezel    (Ponvel)+      Pont-ar-Welen
        Pluguffan    (Pluguen)          Pluguvan
        Primelin    (Preveill)+           Prevelin
        Spezet    (Speied)                Spezed
        Telgruc    (Terrug)              Telchrug
        Treffiagat    (Triagad)        Treriagad

Ces formes familières sont d’ usage local et en général peu connues en dehors du voisinage. Elles ont cependant acquis une sorte de code, de « mot de passe » pour être admis comme « gens du cru », participant à un niveau de culture intime.

Mais si la langue bretonne devient institutionnelle et est le fait de toute la communauté  du pays, le mot de passe doit s’expliciter, et son sens est un élément du patrimoine du peuple breton. La forme graphique dot répondre à cette exigence et s’appuyer pour cela sur l’étymologie . Les graphies de référence sont une indication en ce sens.

Il est, par exemple,  impensable de ne pas rétablir correctement et pleinement le nom de Trerïagad, alors que Saint Riagat est un personnage connu du 5ème siècle et est même le plus ancien évêque breton historiquement attesté.

7.  ERREURS  D’ INTERPRETATION

Plusieurs noms ont été mal interprétés et déformés :
Le Guilvinec est Ar Gellveineg « la pierraie de rocs » (=Les Etocs) ;                                         
Eskibien esr Enes-Kevien « Ile Covienne » (de saint Cov) ;
Locunole est Lokunoled (de Iunworet) ;
Pencran  est un compsé ancien  Penc’hrann et non Penn-ar-C’hrann.
Pour Plounevezel, « Ponvel » représente Pont-ar-Welenn, du nom de la Gwelenn, affluent de l’ Hïer.
On peut se demander si, pour Plobannaleg, Pornaleg  là où l’ on attend Plovanaleg, ne représente pas une autre signification (Porth ën Haleg « cour des saules » ?).

La cohérence demande aussi que les noms composés en Pont- et Port- soient écrits comme Pont-Aven, Pont-ar-Veusenn,  Porz-Genn,  avec trait d’union . Donc  Pont-Hekroas, Porz-Poder..

SOUPLESSE GRAPHIQUE

       Tout bien considéré,  il convient de se demander si  l’ application intégrale d’un système graphique est compatible avec l’ exigence de diversité culturelle, aussi bien qu’avec ’objectif pratique d’ avoir le moins possible de panneaux doubles. Est-il possible, dans la pratique, de remplacer  Landerneau par Landernew ? La dualité Landerne / Landerneau  a acquis  assez de notoriété pour justifier une sorte de bilinguisme, au moins temporaire. Le respect des noms de saints Gwennolé, Gwiziaw  serait  assuré par la graphie interdialectale dans Landewenneg, Landiwiziaw, mais l’exception localiste  justifie l’ usage du -V- intervocalique en Léon. Dans ce dernier nom le -W  final gênerait les francisants,  mais  un moyen terme est à portée de main en étendant la convention qui remplace le -OW  final par  -Où. Ecrire Landiviziaù  épargnerait un panneau, là comme à Gwimiliaù et à  Plouiniaù. La rigidité graphique  s’ applique mal aux noms de lieux. Il est fort satisfaisant que l’ on aie un Plougastell au nord, un Plogastell au sud et un Plégastell à l’ est.

  CONCLUSIONS

 L’ analyse des cas d’ espèces a montré qu’une révision des noms bretons « panellisés » s’impose.  Cela en s’efforçant d’éviter les doubles panneaux. On a évoqué  des solutions aux problèmes rencontrés.

Au départ il faut poser que les noms bretons doivent être représentés en une graphie en accord avec la structure et l’ évolution de la langue, et non au petit bonheur d’ approximations dans un système graphique allogène.
La tradition fournit des indications qui appuient les données linguistiques.
Une application  cohérente des données linguistiques associée à une souplesse raisonnée devrait donner de bons arguments pour faire officialiser des noms bretons corrects  satisfaisant à la  tradition linguistique bretonne.

* Ouvrages de l’auteur :

  • L’origine géographique des Bretons armoricains. Série Etudes et recherches de Dalc’homp Soñj
  • Ecrire le gallo : précis d’orthographe britto-romane
  • Petite histoire linguistique de la Bretagne
  • Introduction à la connaissance du gallo
  • Liste des communes galaises du département des Côtes-d’Armor (avec la coll.de Jean-Luc Ramel)
  • Liste des communes du département de l’Ille-et-Vilaine (avec la coll.de Jean-Luc Ramel)
  • Liste des communes du département de Loire-de-Bretagne (avec la coll.de Jean-Luc Ramel)
  • Liste des communes galaises du département du Morbihan (avec la coll.de Jean-Luc Ramel)
  • La Naissance des nations brittoniques – de 367 à 410 –, Ploudalmézeau : Editions Label LN, 2009

Note : tous les articles de ce blog sont la propriété exclusive d’Ar Gedour et de leurs auteurs, et ne peuvent être utilisés sans accord de l’auteur et de l’éditeur. En cas de citation, merci de préciser l’origine de ces articles.

Source photo : Ouest-France (photo 1) – Observatoire economique de la Cornouaille (photo 2).

À propos du rédacteur Alan Joseph Raude

Linguiste, historien et hagiographe, il a notamment publié des ouvrages sur l'origine géographique des Bretons armoricains et sur l'histoire linguistique de la Bretagne.

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