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LE PATRIMOINE, UNE AFFAIRE QUI NOUS CONCERNE TOUS !

Amzer-lenn / Temps de lecture : 5 min
chapelle St Germain - Languidic
Photo Ar Gedour 2016

En ces journées du Patrimoine, soulignons l’immense héritage que nous avons hérité de nos ancêtres. Le Patrimoine est une affaire qui nous concerne tous. En effet, cet héritage aux multiples facettes n’est pas seulement l’affaire de savants, de spécialistes, d’érudits, mais l’affaire de tout un chacun pour peux que nous sachions le voir, l’estimer,  et même le chérir pour mieux le défendre.

  Le Patrimoine, qu’est-ce donc sinon tout le cadre de notre vie, un cadre fait de nos paysages patiemment ordonnés, sculpter par le dur labeur de nos aïeux. C’est encore toute la richesse architecturale de nos monuments profanes et religieux : les manoirs, les châteaux, les corps de fermes, les fontaines, les calvaires que l’on découvre dans leurs écrins de verdure aux détours de nos promenades. Ce sont les belles demeures de nos villes, villages, nos cathédrales.  Le Patrimoine c’est encore le bocage, les landes de nos campagnes, les bois et les forêts avec  leurs chênes, leurs hêtres, leurs ifs multi-centenaires. Le Patrimoine, c’est encore toute la faune et la flore avec lesquels nous avons beaucoup de mal à cohabiter parce que nous nous estimons être les seuls propriétaires de la terre nourricière.

Nous sommes tellement habitués à  vivre avec ce patrimoine que nous ne le voyons plus, il fait partie du paysage, tant et si bien que nous le croyons éternel: il  a toujours été là, du moins le croyons-nous, alors pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui et demain ?

Pourtant, rien n’est plus fragile que cet héritage qui cumule les siècles. Un manoir, un château, une chapelle, une église, une cathédrale pour avoir été solidement bâti n’en sont pas moins mortels, et leurs ennemis, leurs fossoyeurs, sont davantage l’indifférence, le mépris des hommes que les injures du temps. Le chêne tricentenaire, pour aussi solidement enraciné qu’il soit, il ne faudra à la tronçonneuse qu’un petit quart d’heure pour le jeter bas, et avec lui toute une longue histoire que nous ignorons, mais que nous pouvons imaginer. Une ruine chargée de lierres, assurément, c’est toujours romantique et inspirera les poètes, les peintres, mais elle est aussi  le témoin, le doigt accusateur de cette indifférence dont nous parlions ; pire, elle témoigne de l’abaissement culturel, spirituel des nouvelles générations. Si nous voulons sauver, garder, transmettre intact notre patrimoine, il ne suffit pas de le restaurer, ce qui est certes très bien, il importe de le faire revivre. Une chapelle, une église où l’on ne célèbre plus le culte, lui-même témoin d’un autre héritage, seront, malgré leur restauration vouées à la ruine ou à un détournement de leur véritable vocation.  Depuis des décennies, nombreuses sont les associations, les particuliers qui se sont investis dans le sauvetage de notre patrimoine, dont chapelles et manoirs en sont les signes les plus visibles, mais que ce soit le « grand patrimoine » fait de monuments, ou le « petit patrimoine » fait d’objets innombrables du travail des hommes, de nos paysages, leur sauvetage, leur préservation ne sont jamais acquis définitivement. Du jour au lendemain, pour des raisons bassement vénales, mercantiles, d’ignorance, voir même idéologiques, il peut être remis en question, les exemples sont aujourd’hui, hélas, trop nombreux.

Nous sommes des héritiers et ce Patrimoine est nôtre, mais nous n’en sommes pas propriétaire. Nous avons le devoir de le transmettre intact, enrichi, à nos enfants, nos petits-enfants. C’est aussi le savoir-faire de nos ancêtres, la beauté que nous leur transmettons, c’est encore un enracinement comme le chêne est enraciné dans la terre où un jour le gland d’où il est sorti a germé.

Réfléchissons à ce que serait notre environnement sans toute cette beauté dont nous avons hérités ; il se  pourrait même qu’alors les ruines cessent d’être romantiques, et ne témoignent plus que de la bêtise des hommes, qui coupés de toutes racines, se condamnent à vivre dans la laideur. Avons-nous songé au lien qui unit le chant de l’alouette, qui aux premiers rayons du soleil monte bien haut dans l’azur, et les cloches de nos clochers faisant monter l’Angélus vers le ciel, le chant du coq et le tracteur, tous ces fameux « bruits » de nos campagnes, qui sont en réalité les plus belles symphonies de la vie, de la nature à laquelle l’homme, dans une saine et authentique écologie s’intègre, et rendent ce Patrimoine vivant.

Tout ce Patrimoine est le grand livre de l’Histoire de notre pays, de nos campagnes, nos forêts et nos montagnes, de nos villes, et chaque page en raconte les beautés, les joies et les peines avec lesquelles il fut patiemment édifié au cours des siècles. Ecouter, voir, comprendre, aimer, transmettre ce que nous avons reçus gratuitement à nos descendants est un devoir de bons gestionnaires.

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À propos du rédacteur Youenn Caouissin

Auteur de nombreux articles dans la presse bretonne, il dresse pour Ar Gedour les portraits de hauts personnages de l'histoire religieuse bretonne, ou encore des articles sur l'aspect culturel et spirituel breton.

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