Déjà emblématiques de la Bretagne et prisés par des centaines de milliers de visiteurs chaque année, les menhirs de Carnac et les mégalithes du sud Morbihan viennent de franchir une étape décisive dans leur histoire millénaire. Ce samedi 12 juillet, à 15h17, lors d’une réunion officielle au siège de l’Unesco à Paris, leur inscription au patrimoine mondial a été actée. Une reconnaissance internationale pour ce premier site breton, saluée avec émotion par les représentants bretons, et accueillie avec ferveur au son des cornemuses du bagad Arvorizion, venu spécialement de Carnac pour cette occasion unique.
Une inscription qui dépasse les alignements du Ménec
Si les alignements de Carnac sont les plus connus, le classement couvre un territoire bien plus vaste. Ce sont en réalité 550 monuments répartis sur 28 communes du sud Morbihan, entre la rivière d’Étel et la presqu’île de Rhuys, qui sont désormais protégés par cette distinction. Parmi eux : le cairn de Gavrinis, les tumulus de Locmariaquer ou encore les dolmens de Plouharnel. Ces mégalithes, érigés entre 5 000 et 2 000 ans avant J.-C., constituent l’un des ensembles préhistoriques les plus remarquables au monde.
Un combat de longue haleine
Ce classement vient récompenser treize années de mobilisation de l’association « Paysages de Mégalithes », portée notamment par Olivier Lepick, maire de Carnac et président de l’association. Pour lui, c’est une injustice qui est réparée : « C’était une anomalie que la Bretagne, avec sa richesse patrimoniale, ne figure pas sur la liste du patrimoine mondial. » Ce manque est désormais comblé, et l’émotion était palpable au moment de l’annonce.
« Ces cailloux appartiennent à chacun d’entre nous »
Dans son discours, Olivier Lepick a souligné la dimension profondément populaire et affective de ces monuments : « Pour le Breton que je suis, ce moment marque une étape historique pour notre patrimoine culturel. Ces ‘cailloux’, comme on les appelle ici, ne sont pas cachés. Ils se trouvent dans nos bois, sur nos plages, au cœur de nos villages… et dans nos cœurs. Ils nous rappellent que le patrimoine est l’affaire de tous. »
Un impact mesuré sur le tourisme, mais un gain culturel certain
Si l’inscription à l’Unesco est un label prestigieux, son effet sur la fréquentation touristique devrait rester contenu. « L’idée que cela augmente la fréquentation de 30 % est une légende », relativise le maire de Carnac. « Pour les sites déjà connus comme le nôtre, l’augmentation ne dépasse généralement pas 2 à 5 %. » Il faut dire que le site accueille déjà entre 600 000 et 700 000 visiteurs par an.
En revanche, cette reconnaissance pourrait accélérer des projets structurants, comme la création d’un futur musée d’archéologie à Carnac. Elle facilitera également l’arrivée de chercheurs et d’universitaires, appelés à enrichir la connaissance de ces monuments, dont bien des mystères restent encore à élucider.
Une fête bretonne à Paris
À Paris, la joie bretonne ne s’est pas faite discrète. Lorsque le coup de marteau symbolique a retenti, les cris d’enthousiasme ont empli la salle, le tout appuyé par la présence du bagad de Carnac. Un moment historique, partagé entre fierté patrimoniale et effervescence populaire.
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