Au début des années 1970, la Bretagne connaît une véritable effervescence musicale. Les festoù-noz se renouvellent sous l’impulsion d’une génération de musiciens qui cherchent à mêler l’énergie des instruments modernes à la puissance du répertoire traditionnel. C’est dans ce contexte que se forme le groupe des Penseerien, actif entre 1973 et 1978, au même moment que les célèbres Diaouled ar Menez.
La formation de Penseerien
Le groupe se compose de musiciens passionnés : Jean Cadiou à la contrebasse, Jacques Gaillard au biniou, Claude Garin à la bombarde, Alain Le Pemp à la guitare folk, Jean-Michel Moal à l’accordéon diatonique, Claude Talouarn aux cuillères et Patrick Talouarn au banjo. Cette formation, restée stable pendant toute l’existence du groupe, illustre parfaitement l’esprit de cette époque : associer les instruments emblématiques du fest-noz (bombarde, biniou, accordéon) avec des cordes issues du folk et même des percussions populaires comme les cuillères.
Leur album « Fest noz gant Penseerien », enregistré en 1974 chez le label Arfolk, témoigne de cette volonté d’ancrer la tradition dans un contexte sonore élargi. On y retrouve les grandes danses de Basse et de Haute-Bretagne, des gavottes, des plinn et des an-droioù, jouées avec une énergie qui, tout en restant fidèle au style acoustique, s’ouvre aux influences extérieures.
Des affinités avec Diaouled ar Menez
On ne peut évoquer Penseerien sans parler de leur proximité musicale avec les Diaouled ar Menez, groupe phare de la même époque. Tous deux participent au même mouvement de renouveau de la musique bretonne. Les ressemblances sont nombreuses : le même recours à un mélange d’instruments traditionnels et d’instruments modernes, la même volonté de faire vivre la musique de danse en la rendant plus puissante et plus actuelle, et la même collaboration avec le label Arfolk, moteur essentiel de cette nouvelle scène.
La différence tient surtout au son. Là où Diaouled ar Menez a rapidement intégré la batterie et une énergie rock qui les mènera vers les grandes scènes et même l’Olympia, Penseerien reste attaché à une esthétique plus acoustique et folk. Ils incarnent une approche plus locale et artisanale, mais partagent avec leurs contemporains la conviction que la tradition est une matière vivante, à faire vibrer dans le présent.
Un héritage discret mais essentiel
Bien que leur parcours se soit interrompu en 1978, l’apport de Penseerien demeure précieux pour comprendre cette période charnière où la musique bretonne s’est réinventée. Leur disque et leurs prestations de fest-noz illustrent une scène riche, bouillonnante de créativité, qui n’avait pas encore été uniformisée par la professionnalisation des groupes. Si les Diaouled ar Menez ont conquis la notoriété nationale et internationale, les Penseerien incarnent quant à eux une facette plus confidentielle de ce mouvement : celle d’une Bretagne dansante et conviviale, profondément enracinée mais ouverte aux influences nouvelles.
Ar Gedour Actualité spirituelle et culturelle de Bretagne

Bonjour
Je suis un des Penseerien, juste un mot pour dire que je jouais de la contrebasse, pas de la guitare basse.
Mais c’est pas grave, çà fait toujours plaisir de voir ressurgir des souvenirs.
Après une longue interruption, j’ai repris la musique à la retraite, à la guitare basse cette fois-ci
(Dans un répertoire bien différent: https://sixtiesbegood.fr/index.php/photos-videos/)
Bien cordialement
Jean Cadiou
Bonsoir. Merci pour votre message. Ca fait plaisir de voir un des Penseerien passer sur Ar Gedour. J’ai donc corrigé l’article. Merci pour les nouvelles et je vais aller découvrir les sixties be good 🙂