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[PONTIVY] Retour sur le pardon de Notre-Dame de Joie 2021

Amzer-lenn / Temps de lecture : 3 min

Il est 20h et les cloches de la basilique Notre-Dame de Joie sonnent à pleine volée pour la messe solennelle du samedi soir célébrée à l’occasion du pardon de la paroisse de Pontivy qui a lieu chaque année en septembre. Depuis le matin, une soixantaine de pèlerins, dont la moitié d’enfants, ont pèleriné pour rejoindre la messe. Un pèlerinage imaginé et organisé par les Compagnons de Saint-Ivy en lien avec le Père Thomas Weber, curé de la paroisse, qui la veille célébrait la messe avec sacrement des malades, qui sonne le début du pardon. Ce soir, la basilique n’est pas totalement comble : entre la situation sanitaire et le fait qu’il y ait un office le lendemain, il y a encore quelques rangs disponibles.

Mais à l’occasion de ce 325ème Pardon, le clergé de Pontivy avec l’aide précieuse des bénévoles, a déployé la logistique des grands événements : tapis au sol, oriflammes et drapeaux accrochés sur le parvis et dans les rues attenantes à l’édifice….

La paramentique aussi : les vêtements liturgiques qui avaient été confectionnés en 1951 pour le couronnement de Notre-Dame de Joie sous la présidence de Mgr Becel ayant été retrouvés, ce sont eux qui seront utilisés : chasubles, dalmatiques, tuniques…

La basilique, dont le choeur brille ce soir de mille feux par les centaines de bougies installées et par les projecteurs bleutés, résonne des chants en français, en latin ou en breton durant la messe présidée par le Père Xavier Laporte Weywada, avant que ne sortent les pèlerins pour accompagner la statue de la sainte Vierge dans les rues de Pontivy, aux flambeaux. Bannières et tintinabulum, pavillon et croix, clergé, servants portant des drapeaux aux couleurs du jour : les voisins osent glisser un visage hors des fenêtres, instant de curiosité en entendant chanter ou en percevant le couple biniou/bombarde précédant la procession. Les compagnons de St Ivy sont là, encore : ils balisent le parcours en toute sécurité.

L’arrêt traditionnel devant un calvaire, apprêté par des habitants du quartier, et le Sub tuum praesidium est entonné par le Père Thomas Weber. La procession reprend et c’est au square lui aussi éclairé de bleu et de jaune que se termine cette soirée, après un feu de joie, tantad de fortune en attendant plus grand, la bénédiction solennelle et un Salve Regina. Demain, la grand-messe sera célébrée par le Père Jean-Reynold Bonhomme, mais déjà en cette nuit, nous avons fait mémoire du voeu de l’abbé Claude Marquet : après une épidémie,  il y a 325 ans, l’abbé fit le voeu qui donna la procession du traditionnel pardon de Notre-Dame de Joie, à Pontivy. Fidèles à cet héritage, les Pontivyens continuent cette tradition, et plus que jamais en cette période.

 

Photos : B. Rio / E. Caouissin (DR)

À propos du rédacteur Eflamm Caouissin

Marié et père de 5 enfants, Eflamm Caouissin est impliqué dans la vie du diocèse de Vannes au niveau de la Pastorale du breton. Tout en approfondissant son bagage théologique par plusieurs années d’études, il s’est mis au service de l’Eglise en devenant aumônier. Il est Directeur de Publication d'Ar Gedour.

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