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Réflexion de Job sur les épidémies passées… : Kleñved-red / Epidémie

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Kleñved-red
LampaulGuimiliau

Pa vez ano euz kleñvejou-red e teu dioustu war or spered ar pez on-eus klevet konta diwar-benn ar vosenn Zu, a skoaz didruez war kêr Gemper e 1349, beteg kas d’ar vered Santig Du, providañs ar re baour. Bez’ e veze mareou a ehan, med aliez e teue ar c’hleñved en-dro goude eun nebeud bloaveziou e Kerne, Leon pe Dreger. Medisinerez ar mareou-ze a oa dihalloud eneb ar c’hleñved-se.?Petra ober neuze ? Netra nemed pedi, hag e stagas an dud da zevel chapeliou en enor d’an daou zant brudet eneb ar vosenn : sant Sebastian ha sant Rok ? Pedet ’veze da genta sant patron ar barrez, hag ive ar Werhez Vari, dreist-oll en he santualiou. Evel-se e 1597 e oe kaset, euz Kastell-Paol ha Montroulez, imachou-koar da Itron-Varia ar Folgoad d’he zrugarekaad da veza lakeet ar vosenn da jom a-zav, dreist-oll e kêr Montroulez ’lec’h m’he-doa eostet mil tri c’hant a dud. Dizale ive eo Anna, mamm Mari, a vezo pedet, ha kement-se a c’hoarvezas da genta e Pont-’n-Abad.

E 1625 en em ziskouezas santez Anna e Keranna Bro-Wened d’eul labourer-douar anvet Nikolazig, hag e krogas buan pelerinajou braz beteg eno ? An hini a oa bet e karg euz ar pelerinajou-ze da genta a oa an tad Hugues de Saint-François. E 1633 e skoas ar vosenn war kêr Pont-’n-Abad ha tro-war-dro er vro vigouden. An tad Hugues a oa neuze priol an tadou karmez e kêr, hag e kinnigas mond da gavoud santez Anna ? Eur pirhirinaj braz a oe savet, war droad, gand eur c’hant bennag a dud a bep stad, da genta beteg iliz-veur Kemper da reseo bennoz an eskob, ha goude-ze beteg santez-Anna-Wened : eun droiad a gant daou-ugent kilometrad, eur c’houlaouenn en o dorn hag o kana kantikou brezoneg. Meur a zevez pirhirinaj eta… Pa zistroont eo echu ar vosenn : tud kêr a lak kement-se war gont santez Anna, hag evid he zrugarekaad e lakont sevel eun astaol e mên en enor dezi e iliz Iton-Varia-Garmez, e plas chapel santez Barba, anvet abaoe chapel Santez Anna.

Eun dra a zo sklêr d’an nebeuta : azaleg ar mare-ze e teu muioc’h c’hoaz santez Anna da veza pedet hag enoret en or bro. Kalz karneliou savet er 16ved ha 17ved kantved a vezo lakeet dindan he gwarez, ha ne vijen ket souezet o c’houzoud eo bet savet, goude eur reuziad bosenn, hini pe hini euz an daou-ugent chapel gouestlet dezi hirio c’hoaz e Penn-ar-Bed. Evid chapel Santez-Anna e Lambaol-Gwimilio, da skwer, e tle beza gwir !

Epidémie

Lorsqu’il est question d’épidémie nous vient immédiatement à l’esprit ce que nous avons entendu à propos de la Peste Noire, qui frappa impitoyablemet la ville de Quimper en 1349, jusqu’à conduire à la tombe Santig Du, la providence des pauvres. Il y avait des moments d’arrêt, mais elle revenait souvent au bout de quelques années en Cornouaille, Léon ou Trégor ? La médecine de ces temps-là ne pouvait rien contre cette maladie. Que faire alors ? Rien d’autre que prier, et les gens se mirent à élever des chapelles en l’honneur des deux saints réputés contre la peste : saint Sébastien et saint Roch ? On priait d’abord le saint patron de la paroisse, mais aussi la Vierge Marie, spécialement dans ses sanctuaires. C’est ainsi qu’en 1597 des images de cire de Saint-Pol de Léon et de Morlaix sont envoyées au Folgoët en action de grâces par suite de la cessation de la Peste, surtout à Morlaix, où elle avait moissonné mille trois cents personnes. Bientôt c’est aussi Anne, la mère de Marie, que l’on priera, et ceci arrivera d’abord à Pont-l’Abbé.

En 1625 sainte Anne apparut à Keranna, en pays de Vannes, à un paysan du nom de Nicolazic, et rapidement des pèlerinages s’organisèrent pour s’y rendre. Le premier responsable de ces pèlerinages était le Père Hugues de Saint-François. En 1633, la peste frappa la ville de Pont-l’Abbé et le pays bigouden tout à l’entour. Le Père Hugues était alors prieur des Carmes en ville, et proposa d’aller trouver Sainte Anne ? Un grand pèlerinage fut organisé, à pied, avec une centaine de personnes de toute condition, d’abord vers la cathédrale de Quimper pour recevoir la bénédiction de l’évêque, puis vers Sainte-Anne d’Auray : un périple de cent quarante kilomètres, un cierge à la main et en chantant des cantiques bretons. Plusieurs jours de pèlerinage donc… A leur retour, la peste a cessé : les habitants le mettent sur le compte de sainte Anne ? Pour la remercier, ils font ériger un retable de pierre en son honneur dans l’église des Carmes, au lieu de la chapelle Sainte-Barbe, appelée depuis chapelle Sainte-Anne.

Un fait du moins est clair : à partir de ce moment, sainte Anne est de plus en plus priée et honorée chez nous. Beaucoup d’ossuaires érigés aux XVIème et XVIIème siècles seront mis sous sa protection, et je ne serais pas étonné d’apprendre que telle ou telle des quarante chapelles, qui lui sont encore aujourd’hui consacrées en Finistère, l’a été après un épisode de peste ? Pour la chapelle Sainte-Anne de Lampaul-Guimiliau, par exemple, ce doit être le cas.

Tad Job an Irien (les articles de Job an Irien sont publiés sur Ar Gedour avec son aimable autorisation). Retrouvez la totalité des billets de Job sur le site du Diocèse de Quimper & Léon.

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